Le Kazakhstan se met au pétrole de schiste
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Le Kazakstan, pays d'Asie centrale qui regorge de ressources naturelles, a annoncé mardi qu'il produirait cette année du pétrole de schiste (photo d'illustration).
TURAR KAZANGAPOV
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Le Kazakstan, pays d'Asie centrale qui regorge de ressources naturelles, a annoncé mardi qu'il produirait cette année du pétrole de schiste (photo d'illustration).
TURAR KAZANGAPOV
« La première production de pétrole de schiste au Kazakhstan est attendue pour cette année », a déclaré le Premier ministre Kazakh Oljas Bektenov lors d'une réunion gouvernementale. Le Kazakhstan, pays d'Asie centrale qui regorge de ressources naturelles, a annoncé ce mardi qu'il produirait cette année du pétrole de schiste. L'une des principales raisons concerne la croissance « insuffisante » de l'économie, encore dépendante de la Russie malgré une diversification de ses partenariats avec l'Occident et la Chine.
« Il est nécessaire d'intégrer dans l'économie les gisements pétroliers technologiquement complexes, ainsi que les importantes réserves existantes de pétrole de schiste », a poursuivi le président du pays Kassym-Jomart Tokaïev.
Ce dernier a par ailleurs regretté que l'économie kazakhe se développe « insuffisamment ». La croissance a atteint 4,8 % l'an passé, mais avec une inflation toujours forte (8,6 % après avoir dépassé les 20 % en 2022-2023) et une monnaie locale, le tenge, qui recule par rapport au dollar. L'activité économique kazakhe a notamment été touchée par la chute des prix du pétrole et par sa dépendance à l'économie russe, subissant indirectement les sanctions contre la Russie pour son invasion de l'Ukraine.
« Les conflits tarifaires et la confrontation via des sanctions deviennent la nouvelle réalité de l'économie mondiale, une tendance lourde de conséquences », a noté le dirigeant proche de Moscou et Pékin, mais multipliant les liens avec les partenaires occidentaux.
Le président a également martelé le besoin d'attirer les investissements étrangers dans le secteur gazo-pétrolier et des métaux rares, tout en appelant à renégocier les contrats de partage de production à des conditions « favorables » au Kazakhstan. « Le partage de production sur les grands gisements a permis au Kazakhstan de devenir un fournisseur fiable de ressources énergétiques sur le marché mondial », a déclaré Kassym-Jomart Tokaïev, alors que son pays exporte aussi vers l'Union européenne.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Depuis la chute de l'URSS, de nombreuses entreprises occidentales du secteur énergétique (Total, Eni, ExxonMobil, Orano ou encore Shell) se sont implantées dans ce pays grand comme cinq fois la France. « Ces projets contribuent grandement au développement socio-économique du pays », a-t-il ajouté, alors que le secteur représente environ 20 % du PIB kazakh.
L'extraction du pétrole de schiste, dont les États-Unis sont le premier producteur mondial, est néanmoins complexe et interdite dans certains pays comme la France en raison de la dangerosité pour l'environnement et les populations du procédé utilisé. Immense pays grand comme cinq fois la France, le Kazakhstan regorge d'hydrocarbures et de terres rares, mais souffre de pollution et les autorités envisagent la création de « zones de catastrophe environnementale » dans plusieurs régions, dont celle d'Atyraou.
Courant janvier, un tribunal au Kazakhstan a ainsi condamné NCOC, consortium international de sept compagnies pétrolières, à payer environ 6,6 millions de dollars de compensation centrale pour torchage excessif de gaz sur le gisement de Kachagan, en mer Caspienne. La plus grande mer fermée au monde a un écosystème fragile et est victime de la pollution, mettant en danger plusieurs espaces menacées. Le tribunal a satisfait aux demandes des autorités après une plainte du ministère de l'Energie et a pris, à l'issue d'un audit, cette décision qui n'est pas encore entrée en vigueur.
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Le consortium exploite le gisement de Kachagan, situé à 80 kilomètres au large de la ville kazakhe d'Atyraou, dans la mer Caspienne. NCOC est détenu par KazMunaygas (16,88 % des parts) Total, Eni, ExxonMobil, Shell (chacun à hauteur de 16,81%), le groupe chinois CNPC (8,33 %) et le japonais Inpex (7,56%). De nombreux litiges opposent NCOC au gouvernement du Kazakhstan, notamment une autre affaire pour pollution environnementale où les autorités kazakhes réclament cinq milliards de dollars. Situé à 4.200 mètres de profondeur, Kachagan est considéré comme l'une des plus importantes découvertes d'hydrocarbures de ces dernières décennies, avec des réserves estimées, selon NCOC, entre 9 et 13 milliards de barils de pétrole.
(Avec AFP)
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