Quand un territoire riche en eau veut aider un autre qui se trouve à sec, pourquoi ne pas les connecter ? C'est toute l'idée du département de la Corrèze - richement doté d'une série de barrages sur le fleuve Dordogne - pour sauver la Charente d'un déficit hydrique majeur. Le principe : puiser 30 millions de m3 d'eau par an sur le premier bassin versant pour alimenter le second via une panoplie d'ouvrages : retenues d'eau, canalisations et stations de pompage. Ce qui aboutirait à un détournement colossal sur près de 200 kilomètres.
Un plan à la mécanique intuitive, mais dont l'application soulève des enjeux économiques démesurés. Car le financement pourrait essentiellement reposer sur les trois départements concernés : la Corrèze, qui accueillera la majeure partie des ouvrages, la Charente et la Charente-Maritime, qui bénéficieront du transfert d'eau.
Les premiers montants indiqués dans les documents révélés par La Tribune présentent un chantier à plusieurs centaines de millions d'euros. Avec 600 millions d'euros, le scénario le plus cher représente tout simplement la somme des capacités d'investissement annuelles des trois collectivités, possibles maîtres d'ouvrage de l'opération. Alors, qui va payer pour des installations en Corrèze au profit des Charentes mais au détriment de la Dordogne ?