Le directeur général adjoint de la banque publique d’investissement, Arnaud Caudoux, se montre sceptique sur le fait de miner des cryptomonnaies pour utiliser le surplus d’électricité des centrales nucléaires. Une idée qui pourtant fait son chemin dans la sphère politique.« Ce n'est pas une stratégie très durable » a estimé lors d'une conférence, ce jeudi, le directeur général adjoint de Bpifrance. Interrogé par La Tribune sur la possibilité pour la banque publique d'investissement de financer des entreprises de minage, Arnaud Caudoux a fermé la porte à cette idée. « Ce n'est pas au cœur de notre stratégie car je ne suis pas sûr que le problème de surplus d'électricité se pose dans la durée », a-t-il répondu.
Une analyse qui nuance la vision portée, sur ce même sujet, par Marine Le Pen. En visite à Flamanville le 12 mars dernier, la présidente du Rassemblement national avait proposé d'autoriser des mineurs de bitcoins à utiliser les surplus de production électrique des centrales nucléaires françaises pour réguler le réseau d'électricité et financer EDF. Avec pour objectif de « constituer des réserves stratégiques pour EDF qui aideront à financer la maintenance et la rénovation des réacteurs », avait affirmé la femme politique d'extrême droite.
Le bitcoin, gros consommateur d'électricité
Dans les faits, les mineurs sont les particuliers où les entreprises qui contribuent à sécuriser le réseau décentralisé (appelé blockchain) du Bitcoin en résolvant des calculs très complexes avec leurs ordinateurs. Le premier qui finit le calcul se trouve en droit de valider des transactions en échange d'un paiement en bitcoins. Autrement dit, la sécurisation du réseau bitcoin passe par l'utilisation intensive de nombreuses cartes graphiques et autres calculateurs très gourmands en énergie. Ainsi, selon l'index de consommation d'électricité du bitcoin (CBECI), la cryptomonnaie a consommé 179 térawatt-heures (TWh) en 2024, soit l'équivalent de la Pologne.
Maxime Heuze et Jeanne Dussueil