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ClimatEnergie & Environnement

Pour être certifiés « verts », les acteurs de la finance devront exclure les fossiles

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 24 juillet 2025 à 16:03 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:22

« La SBTi envoie un message clair bienvenu », souligne Paul Schreiber, analyste politique de l’ONG Reclaim Finance.

« La SBTi envoie un message clair bienvenu », souligne Paul Schreiber, analyste politique de l’ONG Reclaim Finance.

Andrew Kelly

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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DÉCRYPTAGE. La SBTi, certification de référence des stratégies climat des grandes entreprises, vient de publier un nouveau standard consacré aux banques, fonds et autres gestionnaires d’actifs financiers. Les investissements fléchés au pétrole, au gaz et au GNL doivent être stoppés, s’ils veulent obtenir le précieux tampon.

La « Science Based Targets initiative » (SBTi) a beau n'être qu'un organisme de certification, elle a obtenu en dix ans une certaine influence auprès du monde économique. La raison : grâce à ses méthodes d'analyse solides, la SBTi certifie le volet climatique des stratégies de plus de 5 000 entreprises. Parmi elles, des grands noms issus de Wall Street ou du CAC 40 (Microsoft, Unilever, Kering, Tesco, etc.).

Une étape nécessaire pour la décarbonation de ces sociétés, bien qu'elle ne soit qu'un préalable à l'action. Le suivi de la mise en œuvre n'étant pas dans les missions de cet organisme créé en 2015 par l'ONU, le World Resources Institute (WRI), l'ONG WWF et le Carbon Disclosure Project (CDP). Ce qui lui vaut d'ailleurs certaines critiques.

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Cette semaine, l'organisme de référence a de nouveau fait parler de lui en publiant un nouveau standard attendu : celui-ci certifie les stratégies de neutralité carbone des banques, gestionnaires d'actifs, assureurs et autres acteurs de la finance. Et à la surprise de plusieurs ONG, l'organisation a décidé de ne certifier que les feuilles de route qui excluent les financements aux projets d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon, gaz naturel liquéfié ou GNL).

« La SBTi envoie un message clair bienvenu : plus aucun service financier ne doit être fourni aux entreprises développant des projets de charbon, pétrole et gaz », souligne Paul Schreiber, analyste politique chez l'ONG Reclaim Finance et membre du groupe consultatif d'experts SBTi.

Trois critères principaux, dont un critiquable

Dans le détail, pour mettre son tampon « net zéro », le SBTi pose trois conditions aux sociétés financières candidates. Déjà, que celles-ci mettent « immédiatement » fin aux financements à des projets et entreprises actuels liés au charbon (mines ou centrales thermiques). Le critère est le même pour les « nouveaux » projets liés au pétrole, au gaz et aux infrastructures GNL. En revanche, le paramétrage se veut plus souple sur ce dernier point : l'investissement dans des entreprises opérant des unités de production d'or noir, de gaz et de GNL doit être arrêté d'ici à 2030.

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Une spécificité taclée par l'ONG financière, qui avertit dans un communiqué que « l'échéance de 2030 pour le financement des entreprises pétro-gazières n'est pas alignée sur les données scientifiques ». De plus l'association rappelle ce fait : selon elle, seuls 7 % du financement des banques sont fléchés directement vers des projets d'énergies fossiles.

La majorité des services financiers sont donc accordés aux entreprises, qui après coup, investissent l'argent prêté. Ainsi, l'architecture du critère en question pourrait, selon Reclaim, permettre « le financement de 200 milliards de barils issus de nouveaux gisements de pétrole et de gaz, dont l'approbation est prévue entre 2026 et 2030 ». Soit, l'équivalent de 3,6 fois la production mondiale de 2023.

Intérêts divergents

Si les acteurs financiers ont plutôt bien accueilli ce nouveau standard, le scénario est tout autre chez les énergéticiens. Ce mardi, le Financial Times (FT) s'est fait l'écho de la suspension au sein du SBTi du groupe de travail, né à il y a six ans, qui vise à établir un standard consacré au secteur énergétique. Le quotidien britannique indique que certaines sociétés comme Shell, le norvégien Aker BP, ou encore le canadien Enbridge, ont même carrément quitté le groupe. La raison, selon les sources anonymes du FT : l'incompatibilité d'une norme qui les obligerait à cesser de développer de nouveaux champs de pétrole et de gaz.

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Pour rappel, cette année ENI, Equinor, ou encore Shell, ont revu à la hausse leurs objectifs de production de pétrole et de gaz d'ici à 2030. Des objectifs qui entrent en contradiction avec la recommandation de l'Agence internationale de l'énergie. Selon l'institution, pour que le secteur de l'énergie atteigne la neutralité carbone en 2050, il est nécessaire de mettre fin, dès à présent, à tous nouveaux champs fossiles et terminaux d'exportation de gaz naturel liquéfié.

Mathieu Viviani

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