La planète est-elle sur le point d'entamer son sevrage en matière de charbon, l'énergie fossile la plus émettrice de CO2, mais aussi la plus utilisée pour la production d'électricité dans le monde ? C'est en tout cas ce que laisse entrevoir la dernière édition du rapport annuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur le marché du charbon, publiée ce vendredi 15 septembre, deux jours après le consensus arraché à la COP28 de Dubaï appelant pour la première fois dans l'histoire de ces conférences climatiques à une transition vers la fin des énergies fossiles. Pour la première fois également, l'AIE anticipe une baisse structurelle de la demande mondiale, avec un léger déclin à partir de 2024 et jusqu'en 2026. La baisse attendue de la demande mondiale « pourrait marquer un tournant historique », estime ainsi l'agence.
Selon le rapport, la demande mondiale pour le charbon atteindra d'abord 8,5 milliards de tonnes en 2023, un triste record pour le climat. Elle devrait ensuite diminuer de 2,3% d'ici à 2026. Et ce, « même si les gouvernements n'annoncent pas et ne mettent pas en œuvre des politiques plus strictes en matière d'énergie propre et de climat », précise le rapport, pour qui ce point d'inflexion tient essentiellement à « la forte expansion des capacités en matière d'énergies renouvelables qui seront mises en service au cours des trois années précédant 2026 ».