Deux ans après le lancement du plan gouvernemental, le recours à la géothermie, l’énergie issue du sous-sol, vertueuse en termes de décarbonation, reste marginale en 2025. La donne pourrait légèrement changer à la rentrée de septembre.Si les épisodes de canicule que connaît actuellement la France rappellent la nécessité de réduire l'empreinte carbone, la géothermie de surface ou profonde occupe toujours un strapontin au sein des énergies renouvelables pour remplacer les énergies fossiles, pétrole et gaz essentiellement. Pourtant, via le rafraîchissement passif (geocooling), elle constitue une alternative plus vertueuse que la climatisation, émettrice de CO2.
En 2024, seulement 1% de la consommation énergétique française est ainsi issue du sous-sol, au profit de l'électricité. Alors qu'elle représente actuellement une production de six Térawattheures (TWH) en France, les experts estiment le potentiel de la géothermie à 100 TWH, soit environ 15% de la consommation nationale.
Lors d'une conférence organisée début juillet au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), basé à Orléans dans le Loiret, les vertus de la géothermie ont été mises en exergue via plusieurs exemples concrets en Centre-Val de Loire. Il s'agit en l'occurrence de la plateforme logistique du groupe de sécurité incendie Coflec située à Dadonville dans le Loiret. Le bâtiment de la Caisse d'allocation familiale d'Orléans bénéficie également depuis 2019 d'un système de chauffage alimenté par le sous-sol. Dernière grosse application en date, le Palais des Congrès Co'Met d'Orléans depuis 2024.
Facture énergétique diminuée d'un tiers
« Ces trois cas de figure illustrent les atouts de la géothermie, énergie bas-carbone presque inépuisable et pilotable en fonction des besoins. Elle permet de surcroît de préserver les ressources naturelles contrairement à la biomasse notamment qui s'appuie sur des prélèvements de bois néfastes pour la biodiversité. Enfin, elle n'émet aucune particule dans l'air, explique David Coutelle, président de la commission géothermie au sein du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et directeur métiers du bureau d'études Ginger-Burgeap. Dernier avantage, et non des moindres, la facture énergétique est réduite d'un tiers environ pour les bénéficiaires ».