Et si l'hydrogène naturel était le "game changer" de la transition énergétique ?
Juliette Raynal
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... elable pourrait rebattre les cartes de la géopolitique de l'énergie.
Après la vague verte, faut-il se préparer à une vague blanche ? Depuis un an, une vague d'engouement déferle sur l'hydrogène "vert", celui produit par électrolyse de l'eau. Souvent présenté comme le carburant de demain, ce gaz extrêmement léger doit permettre de verdir les secteurs de la mobilité, et de décarboner un certain nombre de procédés industriels, comme la production d'ammoniac pour les engrais, très gourmands en hydrogène "gris", fabriqué, lui, à partir d'énergies fossiles et grand émetteur de carbone.
Encore très coûteux à produire, l'hydrogène "vert" est obtenu grâce à un courant électrique décarboné (d'origine nucléaire ou renouvelable) qui vient casser la molécule d'eau (H20) pour séparer les atomes d'hydrogène de l'oxygène. Il y a un an, la France s'est dotée d'une stratégie nationale pour développer massivement la production et l'usage de l'hydrogène bas carbone. Elle prévoit d'y consacrer 7,2 milliards d'euros sur dix ans.
Cet emballement pour l'hydrogène vert a conduit indirectement à mettre en lumière un autre hydrogène : l'hydrogène blanc, celui produit par la "machine Terre" et donc naturellement présent dans notre sol. Les géologues parlent alors d'hydrogène naturel ou natif. En juin dernier, le premier sommet mondial consacré à cette source d'énergie, baptisé H-Nat 2021, a réuni quelque 750 participants.
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Des émanations d'hydrogène naturel au fond des océans ont été identifiées il y a déjà de nombreuses années, mais ces sources d'hydrogène naturel ne présentent aucun intérêt industriel car elles ne peuvent pas être exploitées comme ressources énergétiques à grande échelle. C'est en 2008 qu'une découverte scientifique décisive a eu lieu.
Juliette Raynal