TotalEnergies va produire plus d'hydrocarbures... mais aussi d'énergies renouvelables
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Et ce, grâce à «
son riche portefeuille de projets à bas coûts et à faibles émissions» de gaz à effet de serre.
Pourtant, entre 2019 et 2022, années en partie marquées par le Covid, la production de gaz et de pétrole du groupe n'a cessé de baisser, et jusqu'ici la major française ne communiquait pas d'objectif chiffré de croissance ou de baisse, tablant sur une production globale pétro-gazière stable d'ici la fin de la décennie.
Mais comme l'explique le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, son groupe continue d'investir dans de nouveaux projets pétro-gaziers, pour répondre à la demande mondiale, notamment dans les pays émergents.
Cette année, l'entreprise a ainsi annoncé de nouveaux projets pétroliers notamment au Surinam et à Abu Dhabi et dans le gaz naturel liquéfié aux Etats-Unis, avec l'objectif de conforter sa position de 3e acteur mondial dans le GNL. Patrick Pouyanné s'est d'ailleurs voulu rassurant sur son projet de GNL au Mozambique, arrêté en 2021 à cause de problèmes de sécurité et qui pourrait reprendre d'ici fin 2023 : « la situation s'est clairement améliorée », a-t-il dit.
Au total, le groupe prévoit d'investir entre 14 et 18 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, et entre 16 et 18 milliards dans la fourchette haute, dont 30% dans de nouveaux projets pétro-gaziers... mais aussi environ 33% dans les énergies bas carbone.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

L'entreprise continue en effet de se diversifier ses activités vers l'électricité renouvelable, éolienne et solaire, a rappelé Patrick Pouyanné ce mercredi. Comme expliqué devant les investisseurs, et ce, malgré les doutes de ces derniers, TotalEnergies souhaite atteindre une rentabilité de ses activités d'électricité de l'ordre de 12% contre 10% en 2023. Elle vise une production de 100 térawattheures (TWh) d'électricité d'ici 2030, à partir d'installations renouvelables, solaires et éoliennes, mais aussi à partir de gaz.
Une stratégie résumée ainsi par le PDG : « plus d'énergie, plus d'électricité, moins d'émissions, une trésorerie croissante » et qui permettra « à la compagnie de réaliser sa plus importante croissance dans les prochaines années, d'ici la fin de la décennie », grâce à une production d'énergies en hausse de 4%.
En 2023, il compte gratifier ses actionnaires en versant les « 1,5 milliard de dollars des montants reçus de la vente des actifs canadiens aux rachats d'actions pour les porter à 9 milliards de dollars sur l'année », a-t-il indiqué en référence à sa sortie des sables bitumineux au Canada. Le groupe revoit ainsi ses prévisions « de retour à l'actionnaire à plus de 40% du cash-flow (flux de trésorerie) au-delà de 2023 », contre 44% en 2023.
Des déclarations qui n'ont pas manqué de susciter des critiques chez les défenseurs du climat. « En misant sur les énergies fossiles, TotalEnergies montre une nouvelle fois qu'il est tout sauf un acteur de la transition énergétique », a dénoncé Louis-Maxence Delaporte, analyste énergie de l'ONG Reclaim Finance.
De son côté, Patrick Pouyanné a estimé, en début de semaine : « On va me dire 'vous pouvez en faire plus', faire ça c'est déjà pas mal ». Lors du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER) à Paris, il a d'ailleurs appelé à davantage d'agents afin d'instruire les dossiers de projets d'énergies renouvelables si la France veut vraiment accélérer en ce domaine. « Les objectifs, c'est très bien, trouver les moyens de faire, c'est mieux », a-t-il dit.
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Autre frein selon le PDG de TotalEnergies, la « foison de contentieux » contre les projets : « peut-on avoir une façon accélérée de les traiter ? Car ce sont souvent des choses qui se ressemblent », a-t-il alerté.
(Avec AFP)
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