Un an après le rapport Draghi, l’énergie reste le talon d'Achille de l’Europe
Juliette Raynal
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(Photo d'illustration.)
Unsplash License - Matthew Henry
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Défense, sécurité, technologies, énergie... « L'Europe doit prendre son indépendance », a martelé Ursula von der Leyen devant les eurodéputés réunis à Strasbourg ce mercredi 10 septembre. À l'occasion du traditionnel discours sur l'état de l'Union, la cheffe de l'exécutif européen a adopté un ton offensif et a largement insisté sur la nécessité pour l'Europe de « se battre pour sa place » au milieu d'un monde hostile et d'une « tempête » géopolitique, alors même qu'une violation sans précédent de l'espace aérien polonais par des drones russes a été constatée ce matin.
Reste que sur le plan énergétique, le chemin de l'indépendance est encore bien long. Un an après la publication du rapport Draghi, (lequel démontrait à quel point les coûts énergétiques trop élevés en Europe compromettent gravement la compétitivité des entreprises et donc la souveraineté industrielle de l'UE), les prix de l'énergie dans le Vieux Continent demeurent obstinément élevés.
Une nouvelle étude, relayée par Contexte et réalisée par le Center of study for democracy (CSD), rappelle que le prix du gaz est cinq fois plus cher en Europe qu'aux États-Unis et près de 70 % plus cher qu'en Chine. Tandis que les prix de l'électricité, dont le coût marginal est directement lié au prix du gaz, se maintiennent à un niveau au moins deux fois supérieur au prix moyen des dix dernières années avant l'invasion russe de l'Ukraine. « Malgré d'importantes subventions, l'Europe continue de perdre des capacités de production au profit de concurrents moins coûteux », déplorent les auteurs de l'étude, publiée le 9 septembre.
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« Les factures d'énergie restent une véritable source d'anxiété pour des millions d'Européens et d'Européennes. Et les coûts restent structurellement élevés pour l'industrie », a admis Ursula von der Leyen, lors de son discours d'une heure trente minutes. « Nous savons ce qui fait augmenter les prix : notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes. Il est donc temps de s'affranchir de cette dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes polluants. Et nous savons ce qui fait baisser les prix : l'énergie propre produite en Europe. Nous devons produire davantage d'énergies renouvelables locales, le nucléaire étant la source de base », a-t-elle poursuivi.
Juliette Raynal