La Mayenne veut faire de son budget vert une vitrine
Florence Falvy
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Le département de la Mayenne (308.000 habitants) entend devenir le premier département bas carbone de France pour attirer de nouveaux habitants.
Département de la Mayenne
Véritable arlésienne politique, le débat sur le budget vert du département refait surface. Cette stratégie vise à dynamiser l’attractivité d’un territoire de près de 308 000 habitants, mais l’opposition redoute qu’il ne s’agisse que d’annonces sans réelle portée.
Il y a trois ans déjà, lors de son premier budget « vert » (358 millions d'euros), le conseil départemental de la Mayenne (Pays de la Loire) avait énoncé sa volonté de s'engager pour le climat avec l'ambition de devenir le premier département bas carbone de France. Un objectif à nouveau brandi par le département à l'occasion de son "Mois du climat" qui vient de se terminer. Véritable serpent de mer politique, le débat sur l'environnement avec l'opposition départementale rejaillit, alors que les élus écologistes pointent une certaine lenteur dans les actions menées sur le territoire.
« Pour parvenir à cet objectif, nous devons réduire par trois nos émissions de CO2 d'ici à 2040 et multiplier par six notre capacité de capture carbone. Voici l'enjeu qui est devant nous. Et c'est la conjonction de l'ensemble des actions qui nous permettra d'atteindre cet objectif », indique à La Tribune Olivier Richefou, président du Conseil départemental. Lequel a prévu de débloquer, sur l'ensemble de son mandat, une enveloppe de 50 millions d'euros en sachant qu' « une dizaine de millions d'euros » a déjà été dépensée. Plusieurs leviers sont activés : mobilité, logement, eau...
Pour l'élu mayennais, la volonté est clairement d'attirer de nouveaux arrivants alors que la démographie reste stable sur le département. « Cette ambition est en lien avec notre stratégie d'attractivité. Aujourd'hui, les jeunes générations préfèrent s'installer sur des territoires sobres, qui se préoccupent de l'environnement. De plus, la Mayenne est un département méconnu qui, pour se faire connaître, à cette motivation de se challenger et de mettre en avant ses qualités », poursuit-il.
Pour déployer une politique environnementale au niveau local, le département compte jouer collectif. « L'idée est bien d'impliquer toutes les forces économiques (agricoles, commerciales, industrielles) mais aussi le grand public », indique Olivier Richefou. Y compris les industries polluantes, à l'instar du groupe Lafarge, doté de la plus grande cimenterie de France à Saint-Pierre-la-Cour, qui compte parmi les plus importants émetteurs de CO2 fossile en France, ou encore le groupe belge Lhoist, propriétaire de l'usine et de la carrière de Neau. « Ces industriels ont pris la mesure de nos attentes », assure-t-il.
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