En mai dernier, le petit État américain du Vermont, durement frappé l'été précédent par de gigantesques inondations, défrayait la chronique environnementale. Il devenait alors le premier Etat à promulguer une loi visant à appliquer le principe du pollueur-payeur à l'industrie fossile. À l'origine de 86% des émissions de gaz à effet de serre mondiales - et donc de l'essentiel du dérèglement climatique -, celle-ci est aussi largement responsable de la multiplication des événements climatiques extrêmes, et des dommages qu'ils occasionnent.
Le texte de la loi Climate Superfund Act s'inspire du Superfund, instauré en 1980 par l'Agence américaine de l'environnement pour obliger les entreprises à financer la dépollution des sites pollués par leurs activités. Plus concrètement, il consiste à évaluer le coût des dommages causés aux résidents du Vermont par le changement climatique (santé, ressources naturelles, agriculture, développement économique, logement, etc.) entre 1995 et 2024, puis à adresser la facture aux entreprises ayant un lien avec le Vermont et ayant émis plus de 1 milliard de tonnes de CO2 au travers de leurs activités d'extraction ou de raffinage sur cette même période.
Ces fonds pourraient être utilisés pour améliorer les systèmes de drainage des eaux pluviales, les routes, les ponts et les voies ferrées, déplacer ou moderniser les stations d'épuration, améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments publics et privés, par exemple.