« Chaque année maintenant, il tombe des machins de cette taille-là. » Installé à la table de sa cuisine, Jean-Claude Micol lève un large verre d'eau. « Il y a encore cinq ou dix ans, les grêlons faisaient rarement plus de 2 centimètres de diamètre. » Alors, pour se prémunir de la grêle et protéger ses cultures, cet agriculteur de Carpentras « ensemence les nuages ». Juste devant sa maison, sur une parcelle aride parsemée d'oliviers, il a installé une drôle de cheminée métallique, haute jusqu'au nombril. Quand le risque d'orage de grêle est supérieur à 30 %, il « fai[t] tourner ». Pour la démonstration, l'homme se penche, enfonce dans un petit trou au pied du dispositif la lance reliée à une bonbonne et allume la « flamme du vortex ». Dans un faible bruit de brûleur, une fumée s'élève du long cylindre puis s'évapore une vingtaine de centimètres plus haut, dans le ciel. « Ce n'est pas de la magie, le nuage ne disparaît pas. Simplement, les grêlons qui tombent seront plus petits et feront donc moins de dommages. »