Infrastructures portuaires touchées, 800 millions de personnes menacées ou encore phénomènes météorologiques plus violents : le dérèglement climatique pourrait submerger la plupart des villes proches du littoral à plus ou moins long terme.Miquelon sera donc le premier village français déplacé en raison de l'élévation du niveau de la mer. Confronté à des conditions météorologiques extrêmes depuis le début du XXIe siècle, ce village de 600 âmes, bâti sur un isthme à deux mètres au-dessus du niveau de la mer à Saint-Pierre-et-Miquelon, subit des tempêtes de plus en plus violentes. En 2022, l'ouragan Fiona a accéléré son projet de relocalisation. Les bâtiments existants sont rachetés par l'État en échange de terres plus élevées situées à 2 kilomètres du village actuel.
Mais le phénomène n'épargne pas les grandes villes. Ainsi la capitale indonésienne Jakarta, implantée sur des marécages, s'est affaissée de 2,5 mètres en dix ans sous le poids des infrastructures et de la surpopulation. Construite à proximité d'une baie, elle est soumise à des inondations récurrentes. Face à cette situation, les autorités ont décidé de construire une nouvelle capitale en pleine forêt de Bornéo.
En France, les outre-mer ne sont pas les seules concernées. En Métropole aussi, le sujet est pris suffisamment au sérieux pour avoir justifié depuis 2012 l'élaboration d'une « stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte », et être aujourd'hui au cœur des réflexions de l'Association nationale des élus des littoraux (Anel).
Une étude publiée en 2022 par le gouvernement listait près de 900 communes tricolores « plus particulièrement vulnérables » aux submersions marines, dont 126 considérées comme « prioritaires », avec une obligation de s'adapter à l'érosion du littoral. La plupart se situent sur la côte de la Manche, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine et en Normandie. La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane sont également concernées. Au total, environ 1,5 million de Français seraient exposés selon le ministère de l'Écologie.