Énergie, transport, bâtiment…les infrastructures joueront un rôle clé dans la décarbonation. Le think tank Terra Nova livre des pistes pour mobiliser les investissements privés afin de pallier des modèles économiques fragiles et des finances publiques en berne. Explications.Comme l'avait déjà démontré l'économiste britannique et ancien président de la Banque mondiale Lord Stern en 2006 dans un rapport qui a fait date, le coût de la transition écologique sera toujours inférieur à celui de l'inaction face au changement climatique. Si ce constat est devenu toujours plus consensuel au fil du temps, il n'en reste pas moins que cette transition va coûter très cher.
Autre point de consensus : le poids central des infrastructures dans ces besoins d'investissements. Pour l'institut de recherche Terra Nova, qui publie ce 18 novembre un rapport sur le sujet, et s'appuie sur les chiffres du think tank I4CE, les investissements en la matière s'élèvent donc à 20 milliards d'euros par an d'ici à 2030. Et ce, dans les infrastructures d'énergie et de transports, auxquels il convient d'ajouter 10 milliards supplémentaires pour les bâtiments.
Concilier attractivité des investissements et intérêt général
Dans le contexte actuel, où les finances publiques sont contraintes, mais les fonds privés abondants, Terra Nova étudie divers outils de financement public/privé garantissant à la fois une attractivité suffisante pour le secteur privé, et un respect de l'intérêt général, notamment des enjeux spécifiques à la transition écologique.
« Ces outils existent de longue date », reconnaît l'avocat Benoît Thirion, qui a coordonné le rapport. Mais à l'heure de la remunicipalisation de certains services (dans l'eau par exemple) et de la multiplication des expériences de gratuité des transports publics, ils n'ont pas particulièrement le vent en poupe.