Avec « Anora », le Festival de Cannes choisit l'Amérique
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Remise de la Palme d'or
© LTD / REUTERS/Clodagh Kilcoyne
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Remise de la Palme d'or
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Le huitième film de Sean Baker a remporté hier la récompense suprême de la Palme d'Or, en mêlant avec rythme l'oligarchie russe, le milieu de la nuit américain, une bande de bras cassés façon frères Coen et le portrait d'une jeune « escort girl », sorte de « Pretty woman » de notre temps incarné par la formidable Mikey Madison dans ce rôle de cendrillon contrariée). Le réalisateur en a profité pour dédier sa récompense à « toutes les travailleuses du sexe du monde entier ».
Pour son deuxième film, All we imagine as light, l'Indienne Payal Kapadia, 38 ans, a décroché le Grand Prix du Jury pour ce film plein de sororité, qui suit le quotidien de deux femmes essayant de se libérer des carcans sociétaux. Un prix qui couronne le premier film indien à revenir en compétition depuis trente ans. Il avait enflammé la Croisette dès la projection de son incroyable Emilia Pérez : Jacques Audiard a reçu le Prix du jury pour cette comédie audacieuse sur le changement de sexe d'un dangereux baron de la drogue mexicain. À 72 ans, le réalisateur a fendu l'armure, révélant au passage l'époustouflante actrice espagnole transsexuelle, Karka Sofia Gascon, qui a reçu, en pleurs, un prix d'interprétation féminine mérité et « collectif », adressé à toutes les comédiennes - Selena Gomez et Zoé Saldana - du film.
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Le Prix Spécial du Jury est venu récompenser le film le plus politique de la sélection officielle. Avec ses Graines du figuier sauvage, Mohammad Rasoulof, qui vient de s'enfuir de son pays, l'Iran, où il risquait la prison, porte un coup décisif au régime des mollahs. En entremêlant les images clandestines des manifestations à l'implosion intime d'une famille bourgeoise perméable à ce contexte, le réalisateur signe un manifeste politique haletant. Applaudi par une salle debout, il a eu une pensée pour « les artistes et journalistes toujours enfermés dans les prisons iraniennes ».