Emmanuelle a fait des études (par Maria Pourchet, écrivaine)
Par Maria Pourchet, écrivaine
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Maria Pourchet, romancière française.
LTD/Patrice Normand/Leextra via opale.photo
Par Maria Pourchet, écrivaine
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Maria Pourchet, romancière française.
LTD/Patrice Normand/Leextra via opale.photo
Je n'ai jamais vu les Emmanuelle, ni le premier, ni la série des années 1980. Je visualise à peu près le fauteuil moche éponyme, c'est tout. Je n'avais donc aucune attente au début du film, aucune référence encombrante à mobiliser pendant, n'ai été prise d'aucune fièvre comparatrice après. De même, je n'ai jamais écrit de critique de cinéma, c'est la première. Je m'exprimerai donc doublement en ravie de la crèche. Le film commence en l'air, dans la business class d'un Paris-Hong Kong, dont Emmanuelle, insomniaque, s'envoie l'un des passagers Platinum.
À lire également
Debout dans les toilettes, elle se fait poliment défoncer à sa demande et sans abîmer son brushing, ça semble tout à fait vain. Emma Becker en poufferait de consternation. Plus tard, passant ses journées dans un hôtel de luxe à titre de contrôleuse qualité, « shark » missionnée par une direction sans affect, Emmanuelle ne touche pas tellement terre non plus. Toujours pas une mèche de travers, le teint parfait, elle promène sur la moquette ses mules, ses ensembles graphiques et cette systématique tristesse post-coïtale qui semble lui tenir lieu de personnalité. Dans une arène pourtant très prometteuse en scenarii érotiques (l'hôtel), Emmanuelle ne jouit jamais, l'érotisme a quitté les corps, les corps-à-corps, les mouvements. Toute la sensualité est ramassée dans la bouffe, les pâtisseries aux formes ambiguës, les fleurs exotiques ouvertes en deux, la moiteur autour des piscines, le voyeurisme chic.
Par Maria Pourchet, écrivaine