Yohan Manca et Judith Chemla, un couple du cinéma face aux limites de MeToo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Judith Chemla, mardi à Paris.
LBERT FACELLY POUR LA TRIBUNE DU DIMANCHE
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Judith Chemla, mardi à Paris.
LBERT FACELLY POUR LA TRIBUNE DU DIMANCHE
Eolien en mer : pourquoi il est peu probable que la totalité des 10 gigawatts de projets soit réellement développée
Votre Livret A va bientôt rapporter plus et voici pourquoi
EEF, l’épicier qui grandit dans l’ombre de Grand Frais
Inflation à 2,4 % : pourquoi l’été 2026 sera pourtant impossible pour des millions de Français
Aéronautique, spatial, défense : souveraineté, la fin des illusions
« Un petit peu en 1918 » : la course contre la montre de l’armée française pour maîtriser l'IA
Yohan Manca soupire. Judith Chemla enrage. Il a effectué sa peine, huit mois avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve pour violences conjugales et harcèlement, mais estime être victime d'un acharnement judiciaire qui le prive de son enfant et l'empêche de réaliser des films. Elle répond, avec force, que le comportement de son ex continue de l'inquiéter et qu'elle n'est pas entendue par la justice.
À lire également
Quand nous rencontrons l'homme de 34 ans à Paris, mi-avril, il vient d'écrire un texte, publié ce dimanche sur Instagram. Quelques feuillets bien troussés et cette première phrase : « Longtemps, je n'ai pas su aimer et me suis comporté comme un macho, un sale con. » Il interroge : « Qu'on soit boulanger, cinéaste, ouvrier, chef d'entreprise, est-il encore possible de retrouver sa vie et ses droits après avoir purgé une peine légitime? [...] Je veux croire que la condamnation sert à la prise de conscience, donc à la réinsertion. Je veux croire qu'on puisse être puni sans être banni. » Le réalisateur a le sens du récit, soif de retour et de rédemption, les larmes au bord des yeux. Judith Chemla nous reçoit quinze jours plus tard, dans l'appartement de l'Est parisien où ils furent un jour une famille et où elle continue d'élever leur fille de 7 ans. Les pieds nus dans des sabots, entourée de ses chats, elle prépare un thé, aimable et éloquente, animée par un discours militant, expliquant que les épreuves vécues lui ont fait comprendre sa « place de citoyenne ». « Quand on a accès à l'ampleur de la noirceur du réel et des dénis de justice, dit-elle, on ne peut pas faire comme si de rien n'était. » Leur histoire est celle d'un couple de cinéma, amoureux d'abord, déchiré ensuite, où s'exerce la violence de l'homme, d'où la femme peine à s'évader. Un couple de citadins, érudits et connectés, jeunes pousses prometteuses d'un milieu convoité. Lui auteur et metteur en scène, elle comédienne et chanteuse lyrique, tous deux talentueux, déjà applaudis, aspirant aux plus grands prix. Un couple d'aujourd'hui, formé un an avant que démarre l'affaire Weinstein, séparé l'année où sortent La familia grande et les accusations contre PPDA, comme si leur histoire avait suivi la courbe du mouvement MeToo. Après son jugement, il devient un paria du milieu du cinéma. Elle se réinvente en porte-voix de la cause féministe, activiste médiatique, autrice d'un best-seller où elle expose tout, l'intimité autant que les méfaits.
Louboutin, Diptyque, Van Cleef, Hennessy... Ces pépites françaises qui ont conquis les États-Unis
Présidentielle 2027 : Sébastien Lecornu fait état de « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères
Coupe du monde de football : pourquoi la France est désormais hors-jeu pour l'organiser
Sabri Lamouchi, Rudi Garcia ... Ces autres sélectionneurs français à la conquête du Mondial