Tiphaine Auzière : « Je reste une naïve »
Serge Raffy
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Photo d'illustration
© Astrid di Crollalanza
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« Moi, romancière ? » À cette question, Tiphaine Auzière répond par un hochement de tête. Non, non, elle n'a pas la prétention de devenir un écrivain professionnel. La fille de Brigitte Macron n'a pas de plan de carrière pour entrer, un jour, à l'Académie française, que les rabat-joie se rassurent. Ce livre, elle l'avait dans les tripes depuis si longtemps. Comme un virus indétectable, qui vous ronge l'âme à petit feu.
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Un mal contracté au cours de ses premières années d'avocate, quand elle officiait au barreau de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Au cœur de ce tribunal du bout du Nord, elle a croisé les fantômes d'Outreau, hantant encore les esprits du lieu. Alors commise d'office, Tiphaine Auzière, qui n'était pas encore « la fille de », a défendu des enfants traumatisés, des femmes battues, des êtres en perdition, des douleurs englouties dans des puits sans fond. « Mon héroïne principale, Laura, pourrait ressembler à quelqu'un que j'ai défendu à cette époque, confie-t-elle. J'ai, bien sûr, brouillé les pistes, pour la laisser tranquille dans sa nouvelle vie. J'avais en moi cette interrogation : pourquoi ces femmes victimes de violence ne parvenaient que rarement à révéler leur immense détresse. C'est cette notion d'emprise du bourreau sur sa victime qui m'a taraudée durant toutes ces années. » Pour exorciser la douleur, le roman était la seule issue, l'unique voie de salut. Au risque de s'exposer et de prendre des coups. Quand on est la belle-fille du président de la République, rien n'est simple. Avec cet ouvrage très personnel, dans lequel elle fait un léger clin d'œil à sa mère en nommant un de ses personnages Brigitte et en l'habillant du costume de journaliste spécialisée dans les faits divers, écumeuse de cour d'assises, on sait que la mitraille va pleuvoir.
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