Livre : « La maîtresse italienne », de Jean-Marie Rouart
Olivier Mony
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Photo d'illustration
© Serge Picard / Agence VU
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D'elle, on ne sait rien ou presque. Juste son nez. Cet appendice à propos duquel Pauline Bonaparte aurait dit :
« Si le nez de la comtesse Miniaci eût été plus long, le sort du monde eût été changé... »Voire. Mais le raccourci, si on ose l'écrire, est si plaisant que dans son dernier roman,
La Maîtresse italienne
, Jean-Marie Rouart le documente avec une érudition gourmande qui le dispute sans cesse aux plus folles échappées. Rien de tout cela n'est tout à fait vrai, rien totalement faux. Tout y sera
bigger than life, ainsi qu'il convient à l'Histoire et à la littérature.
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Et d'abord à Napoléon. C'est pour Rouart comme un vieux camarade, un compagnon de route et de rêverie auquel il consacra voici quelques années un ardent
Napoléon ou la Destinée
. Il le saisit ici comme en congé de sa gloire. L'île d'Elbe, neuf mois, entre le 4 mai 1814 et le 26 février 1815, pour donner naissance à l'épopée paradoxale des Cent-Jours. Neuf mois à se garder à droite, à gauche, de l'âcre désir de revanche de l'Ancien Régime (d'un roi, Louis XVIII, qui peine à s'avouer que son temps, même s'il est venu, est bien toutefois passé...), de la crainte que lui vouent encore les empires réunis entre complots et coucheries au congrès de Vienne et de la haine du Diable boiteux, Talleyrand. Cela fait beaucoup.
Ce sera encore trop peu pour éteindre le rêve magnifique et sanglant de l'enfant d'Ajaccio.Olivier Mony
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