Sophia Aram : « Pour trouver plus à gauche que moi, il faudrait que Jean-Luc Mélenchon et Annie Ernaux se reproduisent »
Éric Mandel
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Sophia Aram
© BENOÎT CAMBILLARD
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Sur scène, vous racontez comment vous vous êtes retrouvée qualifiée d'« humoriste de droite ». Cela vous a amusée, blessée ?
SOPHIA ARAM - La surprise pour moi est d'avoir été comparée à Élisabeth Levy ou Alain Finkielkraut sur les antennes de France Inter. Il semble que pour certains de mes confrères, quand on ne s'inscrit pas dans l'orthodoxie d'extrême gauche - c'est-à-dire tout ce qui est à droite de Poutou -, on est considéré comme étant réactionnaire ou d'extrême droite. Alors qu'au départ, sur le papier, j'avais tout pour être de gauche. Issue de l'immigration et des quartiers populaires, je le dis dans mon spectacle, « pour trouver une personne plus de gauche que moi, il faudrait que Jean-Luc Mélenchon et Annie Ernaux se reproduisent ».
Il est courant de dire que la plupart des humoristes sont de gauche. En plus du « monopole du cœur », la gauche aurait-elle le monopole de l'humour ?
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Durant les années Sarkozy, les Morano, Lefebvre et compagnie produisaient des bourdes en continu. Une mine d'or pour les humoristes. Il était devenu « naturel » de taper sur la droite et de ménager son public de gauche. Je pense que les choses vont changer. Quand je vois Mathilde Panot brandir une fiole de punaises de lit à l'Assemblée nationale, les vidéos TikTok de Louis Boyard ou l'atelier de « booty therapy par le twerk » organisé par EELV lors du lancement de sa campagne pour les européennes... Ils se dépassent vraiment. Aujourd'hui, il suffit que je prononce le nom d'Olivier Faure sur scène pour que le public commence à rire avant la vanne.
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