Théâtre : quand le silence est d'or
Armelle Héliot
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Marina Hands dans « Le Silence » au Vieux-Colombier
© CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE
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Marina Hands dans « Le Silence » au Vieux-Colombier
© CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE
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Dans la proximité de cet espace bi-frontal, avec deux volées de gradins se faisant face, on se sent presque indiscret. Les comédiens sont là, tellement proches que l'on devine la moindre de leurs palpitations. On craint de les gêner. On y croit, malgré l'écran suspendu au milieu de l'espace de jeu. Une moquette d'un gris-vert triste monte à l'assaut des murs et coule jusqu'aux premiers rangs des spectateurs, étouffant les sons. Un grand canapé en S, une table, des lampes, un miroir, des objets, des caisses de carton que l'on vient de remplir et que l'on va faire disparaître au loin. Rien qu'à la manière dont Marina Hands se déplace, avec ses pieds nus qui se prennent dans son pantalon souple, trop long, on devine qu'elle n'est pas dans son état normal. On fait irruption dans la tragédie. Un grand malheur est advenu. Noam Morgensztern, lui non plus, ne va pas bien. Ici, les « personnages » ne portent pas d'autre prénom que le leur : Marina, Noam, Julie comme Julie Sicard, Stéphane comme Stéphane Varupenne. De grands sociétaires de la Comédie-Française, au talent sûr. Il y a aussi Baptiste Chabauty, l'un des derniers engagés de la Troupe. Et puis n'oublions pas Miki. Un petit chien noir, vif et craquant, dont Marina, comprend-on, est le grand amour !
Armelle Héliot