Cécile de France ne joue pas l'actrice. Elle fait partie de ces femmes que l'on aime parce qu'elles nous parlent. Pas de chichis ou de caprices de diva, elle est à l'aise partout. Aux côtés de Clint Eastwood, des frères Dardenne, de Wes Anderson ou de Roschdy Zem. Mais aussi dans un troquet du 15e arrondissement de Paris où nous la rencontrons autour d'un thé vert. Il est encore trop tôt pour commander un chicon gratin, mais elle espère bien se rattraper tout au long de son séjour en France. Elle est désarmante de naturel, et depuis qu'elle a joué Isabelle dans L'Auberge espagnole de Cédric Klapisch, c'est un peu comme si elle faisait partie de la famille...
Après avoir mené notre petite enquête auprès des personnes qui ont travaillé avec vous, elles sont unanimes : « Cécile est formidable. »
Ça me conforte dans l'idée que l'on a encore envie de travailler avec moi. Grâce à eux, je peux continuer à vivre de ma passion.
C'est la raison pour laquelle Albert Dupontel vous a proposé le rôle principal de Second Tour ?
Après avoir joué ensemble dans Fauteuils d'orchestre, nous avions très envie de nous retrouver. Il m'impressionne par son intelligence hors norme. Il a cette générosité de ne pas vous faire sentir que vous êtes moins intelligent que lui. Je suis tellement touchée qu'il ait pensé à moi pour incarner Mlle Pove, cette journaliste politique ultra-sérieuse... Et pourtant, ce n'était pas gagné. Il trouvait que ma candeur desservait parfois le côté cérébral de mon personnage.
Ça ressemble un peu à un complexe d'infériorité...
Je suis plus une instinctive qu'une intellectuelle. J'aime être impressionnée par des gens brillants car je me nourris d'eux. En revanche, j'ai aussi besoin de me connecter à des personnalités comme la mienne. Les complexes sont davantage apparus quand je suis arrivée à Paris. Les blagues de Coluche ou de Charlie Hebdo sur les Belges n'ont pas toujours été faciles à vivre.
Propos Recueillis Par Joséphine Simon-michel