Livres : Hervé Gattegno reprend l’enquête qui croise les noms de Delon et Pompidou dans la sordide affaire Markovic
Par Fabrice D’almeida*
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Hervé Gattegno.
ⓒ Astrid di Crollalanza © Flammarion
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Le compte rendu de l'interrogatoire d'Alain Delon du 3 octobre 1968 devient, sous la plume du journaliste Hervé Gattegno, une scène digne du film La Piscine, en tournage au même moment. Les deux inspecteurs de police frappent à la porte de la Capilla, la magnifique villa avec vue sur Saint-Tropez où réside l'acteur, dans les collines de Ramatuelle. Il est 19 heures. Les trois hommes s'installent pour discuter dans la maison. Le jeu de questions-réponses se prolonge tard. Delon va se coucher à 4 heures du matin, si l'on en croit son agenda plus tard inséré dans l'investigation. L'acteur déclare apprendre seulement la nouvelle de la mort d'un de ses proches, Stevan Markovic.
Deux jours plus tôt, sur une route près d'Élancourt, en région parisienne, un ferrailleur s'est arrêté. Il a remarqué en contrebas, au-dessus d'une décharge sauvage, un gros paquet, sorte de masse de plastique oblongue. Il s'est approché et il a vu deux pieds qui en sortaient. Aussitôt l'homme prévient la police. Ainsi commence l'affaire Markovic, du nom de la victime, un jeune Yougoslave « athlétique et bagarreur ». Elle va faire frissonner la République gaullienne et reste encore aujourd'hui un mystère.
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Parce qu'il n'a pas perdu ses réflexes de journaliste d'investigation, Hervé Gattegno a décidé de reprendre l'enquête dans son intégralité. Il a retrouvé les pièces de la procédure, fouillé les archives des services, réalisé des entretiens avec les rares protagonistes encore vivants, à l'exception notable d'Alain Delon, qui garde un silence assourdissant sur ce cas. Pas à pas son récit suit les investigations de la police, dont la presse avait surnommé le chef « commissaire pas-de-chance ». Gattegno rouvre les nombreuses chemises accumulées par le juge Patard et les confronte aux mémoires des hommes politiques.
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