Il pensait arriver en retard à notre rendez-vous, mais l'ancien champion automobile a dû appuyer - un peu trop - sur le champignon de sa grosse moto. Il débarque pile à l'heure au théâtre, passe derrière le bar et allume la machine expresso. Le bar... Un lieu qui leur est familier, à lui et son acolyte de scène Éric Elmosnino. Stéphane De Groodt n'a jamais caché sa passion pour le bon, l'ivresse et ses faiblesses, mais avec sa dégaine d'étudiant intello adepte des chaussettes de cardinal rouges en fil d'Écosse et son ras-du-cou en cachemire noir, il casse tous les codes d'un ancien cancre à la scolarité avortée. Alors, pour ce Belge, jouer à la Renaissance prend encore plus de sens.
Un léger doute est votre première pièce en tant qu'auteur. Le doute vous a-t-il empêché de concrétiser des projets ?
Non, car il a été un moteur toute ma vie. Si j'ai la réponse, je ne vais pas chercher la question. En revanche, le doute de l'adolescent n'était pas le même que celui de l'adulte. Un ado remet en question les certitudes qu'il a entendues. C'est ça, la crise d'ado.
Comment s'est manifestée la vôtre ?
Pas trop mal, car je n'ai jamais été soumis à ce que les adultes voulaient me faire croire. Très vite, j'ai voulu devenir astronaute, pilote de course ou comédien. Comme je ne voulais pas être dans les rangs, j'ai inventé mon propre rang. C'est dans la contrainte que l'on crée, sinon ça devient l'anarchie.