Des claquements de doigts déchirent le silence nocturne des rues de New York. Vifs et à l'unisson, ils n'augurent rien de bon... Surgissent alors, dans le décor de gratte-ciel de l'Upper West Side, la bande des Jets (des Blancs) puis sa rivale, celle des Sharks (des Portoricains), prêtes à en découdre pour devenir les maîtres du quartier. Fascinée, la salle du Théâtre du Châtelet est tout de suite prise dans le tourbillon d'une longue et magistrale scène d'ouverture toute en danses, en acrobaties et en couleurs, où les deux bandes se défient. Le public est déjà au diapason de cette histoire de guerre des gangs et d'amour impossible, avec en toile de fond le contexte sociopolitique des années 1950 aux États-Unis.
West Side Story et sa légende se sont donc installés sur la scène du Châtelet pour dix semaines de représentations à Paris (jusqu'au 31 décembre) avant de partir en tournée à Bordeaux, Rouen, Lyon et Nantes, en 2024. Cette comédie musicale comme seuls les Américains savent les produire déploie les grands moyens : 31 artistes, 20 musiciens, deux décors identiques et une équipe de 75 personnes au total constituent cette solide troupe qui a déjà effectué sept tournées internationales devant 3 millions de spectateurs depuis sa création en 2003. Tous ont vibré et pleuré devant l'amour déchiré de ces Roméo et Juliette des années 1960 : Tony, un Blanc, membre modéré des Jets, et Maria, une Portoricaine dont le frère est à la tête des Sharks. Malgré leur coup de foudre, ils ne pourront s'aimer dans une société hostile, emplie de préjugés, de pauvreté et de racisme.