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Les inégalités de mobilité dans le monde s'accentuent, prévient l'OIM

reuters.com  |   |  400  mots
Les inegalites de mobilite dans le monde s'accentuent, previent l'oim[reuters.com]
(Crédits : Jose Luis Gonzalez)

par Paul Carrel

(Reuters) - Les migrations entre les pays les plus riches ont augmenté, tandis que les conflits et le changement climatique ont accru les déplacements internes dans les États les plus fragiles dont il est difficile de fuir, a déclaré mercredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Sur les 20 premiers pays d'origine des immigrés en 2020, 18 figuraient parmi les pays les plus développés, contre 7 en 1995, a indiqué Marie McAuliffe, responsable de la division de la recherche de l'agence des Nations unies pour les migrations et rédactrice du rapport 2022 sur la migration dans le monde.

Parallèlement, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays a augmenté en 2020 pour atteindre 55 millions dans le monde, contre 51 millions en 2019 - une vulnérabilité exacerbée par la pandémie de COVID-19, qui a rendu plus difficiles les migrations dans d'autres pays.

"Nous risquons de voir apparaître une fracture de la mobilité internationale, avec des conséquences potentielles sur les inégalités mondiales", a déclaré Marie McAuliffe aux journalistes.

L'espace de libre-circulation de Schengen a ouvert des possibilités de migration à quelque 400 millions de citoyens européens relativement riches, permettant, par exemple, à des citoyens portugais de vivre et de travailler en Allemagne.

En revanche, "les voies de migration internationale pour des millions de personnes dans les pays en développement se sont encore rétrécies ", selon l'OIM, privant de nombreuses personnes des opportunités de vie meilleure offertes par la migration.

Parmi les 55 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays en 2020, 48 millions ont fui des conflits et des violences et sept millions ont été déracinées par des catastrophes telles que des ouragans et des incendies de forêt, souvent causés par le changement climatique.

Marie McAuliffe a rappelé l'exemple des citoyens afghans qui n'ont pas accès aux passeports, ainsi que la République démocratique du Congo et le Cameroun, où de fortes pluies et inondations ont entraîné respectivement quelque 279.000 et 116.000 nouveaux déplacements.

"Alors que le COVID-19 a cloué au sol plusieurs millions de personnes dans le monde, le nombre total de la population déplacée mondiale a en fait augmenté et les nouveaux déplacements internes ont également progressé", a-t-elle ajouté.

(Reportage Paul Carrel; Dagmarah Mackos pour la version française, édité par Blandine Hénault)