« Lorsque on perd un savoir-faire industriel, on le perd pour longtemps » (Forces Françaises de l’Industrie)
Laurence Bottero
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La réindustrialisation de la France est un enjeu stratégique. Le constat est partagé, mais il aura fallu une pandémie pour qu'il amène à une prise de conscience globale. La désindustrialisation, que les politiques - et France Relance y répond pour partie - tentent de rattraper, est la préoccupation depuis longtemps des industriels, qui ont alerté souvent dans le silence. En 2019, Gilles Attaf, venu de l'industrie textile, Laurent Moisson spécialiste des NTIC et de l'accompagnement des entreprises sur ce sujet et Emmanuel Deleau, professionnel du digital donnent naissance aux Forces Françaises de l'Industrie. Un club d'entrepreneurs pour les entrepreneurs disent-ils, parce que le temps de la reconquête est venu et que, comme on le sait, l'union fait la force. Et l'industrie en a bien besoin.
« Il y a l'industrie mais aussi le savoir-faire, les terroirs, des histoires... C'est tout cela qui fait notre culture », souligne Raynaut Escorbiac, dirigeant de Inersio, basée à Aix-en-Provence et pilote, avec Philippe Espenet, des Forces françaises de l'industrie en Provence, un essaimage tout récent qui s'inscrit dans cette volonté de défendre et promouvoir l'industrie dans les territoires. « Les Forces françaises de l'industrie rassemblent des personnes qui se rassemblent et veulent œuvrer pour le terrain et avec le bon sens ».
Avec les autres acteurs représentatifs de l'industrie et déjà présents, comme les unions patronales, syndicales ou autres, il s'agit évidemment de jouer la carte de la complémentarité et de la pluralité. « Un écosystème est fait de diversité. Nous sommes agiles, pas financés, apolitiques », énumère Raynaut Escoarbiac.
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Apolitiques mais pas éloignées de la chose politique pour autant. Le rendez-vous électoral qui se dessine est l'occasion toute trouvée d'appuyer encore davantage sur la chose industrielle et sur la nécessité du Made in France. « Nous allons accueillir tous les candidats à la Présidentielle qui nous solliciterons, avec l'idée de les rendre signataires d'une Charte où seront répertoriées certaines mesures que nous souhaitons en faveur de l'industrialisation », indique Raynaut Escorbiac. Comme par exemple intégrer dans les appels d'offres publiques, une prime kilométrique, qui favoriserait le potentiel prestataire local, celui situé à quelques kilomètres et pas au bout du monde. « Cela n'exclut pas la dimension européenne de l'appel d'offre et tout le monde s'y retrouve ».
Laurence Bottero