L'embellie économique des ETI, notamment industrielles, bat un record de 12 ans

Les créations d'emplois qui dépassent de loin le niveau pré-pandémique, le boom spectaculaire de l'investissement... après le choc du Covid, tout semble sourire aux ETI françaises en ce premier semestre 2021. Tout, enfin presque...

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Au sein des ETI, la reprise la plus nette est celle de l'industrie manufacturière, où le podium des trois premiers secteurs est constitué par les industries alimentaires, l'industrie pharmaceutique et l'industrie automobile.
Au sein des ETI, la reprise la plus nette est celle de l'industrie manufacturière, où le podium des trois premiers secteurs est constitué par les industries alimentaires, l'industrie pharmaceutique et l'industrie automobile. (Crédits : iStock)

Malgré les stigmates laissés par la crise du Covid-19, les ETI, ces entreprises de taille intermédiaire (c'est-à-dire entre la PME et le grand groupe, comptant entre 250 et 5.000 salariés(*), connaissent une croissance d'un dynamisme étonnant au premier semestre 2021. En témoigne, la création d'emplois qui, au cours de cette période, a doublé par rapport au premier semestre 2020 année sinistrée, mais, surtout, qui a augmenté de 27% comparée aux six premiers mois de l'année 2019, avant la pandémie donc. Ce niveau de création est un record depuis douze ans, selon la note de conjoncture réalisée par l'observatoire Trendeo auprès d'un millier d'ETI françaises (parmi 5.500) et publiée par le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) :

"Les créations nettes d'emplois par les ETI sont au niveau le plus élevé enregistré depuis 2009", selon la note.

Même image positive côté suppressions d'emplois, qui, en 2021, - effet de rattrapage oblige avec la crise Covid - sont à un niveau inférieur de 54% par rapport à 2020. Mais ces suppressions sont aussi de -12% par rapport à 2019.

| Lire: « Les ETI sont les entreprises qui ont créé le plus d'emplois entre 2009 et 2015 » Pierre-Olivier Brial, Meti

Forte dynamique dans l'industrie, boom de l'investissement

La "dynamique est particulièrement forte dans l'industrie",déclaré lundi à l'AFP le co-président du mouvement les représentant, Frédéric Coirier, qui relève notamment "une consommation forte de biens durables liée au bâtiment, à la rénovation, à l'équipement de la maison qui sont des secteurs où il y a pas mal de made in France".

Au sein des ETI, la reprise la plus nette est celle de l'industrie manufacturière, où le podium des trois premiers secteurs est constitué par les industries alimentaires, l'industrie pharmaceutique et l'industrie automobile.

Côté investissements, le boom est encore plus spectaculaire avec une hausse de, certes, +97% des montants investis par rapport à 2020, mais encore de 42% par rapport à 2019 au premier semestre.

"Les chefs d'entreprise, d'ETI sont confiants, positifs, et ont une vraie volonté de renforcer leurs investissements", d'après M. Coirier, qui constate que si "la période de Covid a mis un peu en sommeil certains de ces investissements", finalement "rien n'a été abandonné".

"Ce qui est satisfaisant, c'est que ça se fasse aussi sur le territoire (français), car pendant de nombreuses années, notamment de 2008 à 2019, les investissements sur le territoire ont été beaucoup trop faibles", se félicite le dirigeant du METI.

ETI: la France loin derrière ses concurrents européens

Malgré ces bonnes nouvelles, avec seulement 5.500 entreprises de taille intermédiaire, la France reste loin derrière ses plus proches concurrents européens: l'Allemagne compte 12.500 ETI, l'Italie 8.000, et même s'il est sorti de l'UE, le Royaume-Uni en compte près de 10.000.

Pour réduire cet écart, le co-président du METI estime que "des choses ont été faites, mais (qu') il reste encore beaucoup à faire" en France.

Transmission, salaires... des problèmes structurels typiquement français

Frédéric Coirier regrette notamment que "la transmission d'une ETI en France coûte toujours trois à cinq fois plus cher" qu'en moyenne en Europe et que "sur les salaires moyens et hauts, il existe toujours un différentiel de coût par rapport à nos voisins" en matière de cotisations sociales.

En outre, les impôts de production, allégés cette année de 10 milliards d'euros, devraient encore être baissés de 35 milliards pour se situer dans la moyenne européenne, estime le représentant du METI.

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NOTE

(*) Selon la définition européenne, une ETI compte entre 250 et 4.999 salariés avec un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d'euros ou un bilan inférieur à 2 milliards d'euros.

(avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 07/09/2021 à 10:58
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la France cartonne.   Il y a une décroissance du nombre d'entreprises manufacturières en Allemagne depuis au moins 2009, alors que cela progresse en France (Business Demography statistics d'Eurostat ; Business France).  Voir le graphe de la page ...

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