Immobilier : les prix en montagne bondissent malgré la conjoncture
Marie Lyan et Gaëlle Cloarec
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Photo d'illustration
LTD/Alban PERNET/REA
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Si le modèle touristique français s'est, depuis les années 1960, bâti sur le socle des résidences secondaires, le changement climatique à l'œuvre - et en particulier le spectre d'un manque de neige annoncé d'ici 2050 au sein de la plupart des massifs alpins -, n'est cependant pas encore de nature à doucher les investisseurs.
C'est le constat mené par trois récentes études - la Fnaim, SeLoger et PAP -, qui passent au crible les tendances d'achat. Où il ressort « un attrait toujours croissant pour les biens en stations de ski, notamment en haute altitude, qui continuent d'afficher des prix immobiliers bien au-dessus de la moyenne nationale », analyse la Fnaim qui s'est appuyée sur les données de 370 stations françaises. En effet, la valeur moyenne des biens atteint 3 781 euros/m2 au 1er novembre 2024, contre 2 931 euros/m2 en France.
Avec, parmi le trio de tête, trois stations issues du massif de la Tarentaise en Savoie : Val d'Isère (13 997 euros/m2), Courchevel (12 629 euros/m2) et Méribel (10 982 euros/m2).
« Aujourd'hui, la baisse des prix de l'immobilier n'a pas atteint les zones de montagne qui restent des placements loisir, détente et lieux de villégiature qui sont moins concernées par la hausse des taux d'intérêts que le reste du marché », traduit à La Tribune Loïc Cantin, président de la Fédération Nationale de l'Immobilier (Fnaim).
Même constat mené par SeLoger qui s'intéresse et compare les prix de l'immobilier dans 100 stations françaises. Lesquels augmentent dans leur ensemble de 21,8%, quand le marché national, tout segment confondu, sursaute de 6,8%. « Il y a indéniablement une notion de valeur refuge dans ces résultats », note maître Hervé Accorsi, président de la chambre départementale des notaires des Alpes-Maritimes.
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Si les Alpes du Nord apparaissent une fois encore comme le massif le plus cher de France avec un prix du mètre carré à 6.478 euros en moyenne, les Alpes du Sud, elles, enregistrent la plus forte hausse de prix, +3,9% sur un an. Sur le seul périmètre des Alpes-Maritimes, qui compte une dizaine de stations de montagne dont trois d'envergure (Isola 2000, Auron et Valberg), le bond est encore plus affirmé. Entre 2014 et 2024, le prix du mètre carré dans l'ancien est passé de 2.800 euros à près de 4.600 euros, soit une évolution positive de 65% en dix ans, de 49,2% en cinq ans et de 8,8% en un an. Cette très bonne tenue du marché « surprend beaucoup » le professionnel du notariat, surtout quand on la compare au reste du territoire.
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Marie Lyan et Gaëlle Cloarec