Suède : du modèle social au paradoxe social

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Depuis plus d'une semaine, la Suède est le théâtre, comme la France en 2005, de manifestations violentes, en particulier dans les quartiers pauvres des banlieues où vivent la majorité des Suédois d'origine étrangère. Un malaise qui exprime l'écart croissant des inégalités sociales depuis quelques années sur fond de croissance économique. Les autorités donnent la priorité à la rigueur budgétaire de préférence à un modèle social qui fut longtemps cité en exemple.

Depuis plus d'une semaine, la Suède est secouée par des manifestations violentes, qui opposent aux policiers les jeunes des quartiers les plus pauvres de Stockholm, et des autres grandes villes du pays, où se concentre la population d'origine étrangère. Des scènes qui rappellent celles qu'ont connues les banlieues françaises en 2005.

Voici qui écorne l'image d'une Suède, modèle économique et social du reste de l'Europe. Une image, fondée sur un mélange réussi de croissance économique, d'intégration sociale et de tolérance qui a fort bonne presse depuis plusieurs années dans les pays plus méridionaux, comme la France ou l'Allemagne. En réalité, ce modèle « protestant » semble avoir depuis plusieurs années du plomb dans l'aile.

L'émergence d'un parti xénophobe et anti-européen

Les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège ou la Finlande ont déjà connu, à plus ou moins grande échelle, une remise en cause de ce modèle depuis plusieurs années. La Suède semblait épargnée jusqu'au début des années 2010. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et l'émergence du parti xénophobe et anti-européen des « Démocrates Suédois » lors des élections au Riksdag, le parlement suédois, en 2010, qui a obtenu 5,7 % des voix, l'a montré. Désormais, les sondages donnent ce parti en troisième position, à près de 10 % des intentions de vote. D'un côté des émeutes, de l'autre une extrême-droite en progression : la société suédoise ne va décidément pas bien.

La Suède est pourtant une des économies les plus solides de l'Union européenne. L'activité ralentit certes depuis 2012 où elle n'a été que de 0,8 %, mais le pays a connu une vigoureuse croissance, une des plus fortes du continent, en 2010 et 2011 (avec 6,6 % et 3,7 %!). Même l'Allemagne est battue ! Les fondamentaux suédois sont excellents : peu d'inflation (même si ces derniers mois elle tend à augmenter), pas de risque lié à l'euro, une dette faible, un déficit réduit qui a succédé - crise oblige - à plusieurs années d'excédents. Et, surtout, il y a le fameux modèle social qui offre 480 jours de congé parental pour chaque naissance, une politique généreuse d'accueil des immigrés - en 2012, le pays a accepté 43.900 demandeurs d'asile (Syrie, Afghanistan, Somalie), 50% de plus que l'année précédente - ou encore qui permet au pays d'occuper le haut des classements mondiaux d'éducation.

Une colère alimentée par des causes économiques

Mais le cas suédois vient prouver que les « modèles » ont eux aussi leurs problèmes et que des chiffres macro-économiques de rêve ne règlent pas tous les problèmes. Car cette colère des banlieues suédoises est aussi alimentée par des causes économiques. Selon l'OCDE, les Suédois d'origine étrangère, qui représentent 15 % d'une population qui s'élève à 9,6 millions d'habitants, connaissent un taux de chômage de 16%, contre 6% pour les personnes nées en Suède.

Paradoxalement, la croissance suédoise elle-même, de par sa vigueur, est à l'origine de ces inégalités croissantes. Un récent rapport de l'OCDE constate : « La majorité des Suédois ont connu une hausse de leur standard de vie durant des décennies, mais l'écart de richesse croît rapidement. La Suède est ainsi le pays où le niveau de pauvreté relative (établi par rapport au revenu médian. En France, un ménage est pauvre si son revenu est inférieur à 50% du revenu médian. NDLR) a le plus progressé depuis 1995 (passant de 4% de la population à 9%), ce qui l'a d'ailleurs fait passer de la 1ere à la 14e place dans le classement en matière d'inégalités. Toutefois, la Suède reste en la matière en-dessous de la moyenne de l'OCDE, qui s'affiche à 11%. »

Un sentiment de déclassement lié à l'augmentation des inégalités sociales

Finalement, peu importe que la Suède soit mieux lotie que les autres. La réalité, c'est qu'une partie de sa population s'éloigne de l'autre, ce qui remet en cause le modèle scandinave traditionnel de "welfare-state" fondé sur un écart réduit entre les classes sociales. Cet écart croissant alimente le malaise de Suédois d'origine étrangère, qui se considèrent comme les laissés pour compte de la croissance, mais aussi celui des Suédois d'origine les moins fortunés qui estiment que les étrangers « profitent à leurs détriment » des avantages sociaux.

Or, d'où vient cet écart croissant ? En grande partie de la politique menée depuis 2006 par le gouvernement de centre-droit de Fredrik Reinfeldt. Son ministre des Finances, Anders Borg, idole des Libéraux scandinaves avec sa queue de cheval, sa boucle à l'oreille et sa vision très simple du monde, a fortement réduit les impôts et la dette. Il a fait une politique dont rêverait pour la zone euro la Bundesbank. Tout ceci a fragilisé une grande partie de la société, notamment après la crise de 2008 que la croissance de 2010-2011 n'a pas totalement effacée sur le plan social.

La fin de la domination de la social-démocratie dans la vie politique

Avec la réduction des allocations, la précarisation de l'emploi et une politique de privatisation, le gouvernement suédois a accentué le tournant libéral pris par la Suède au lendemain de la crise de 1992 qui a bien failli mettre le pays en faillite et qui a conduit à une remise en cause profonde du modèle de société dans tous les pays nordiques et à la fin de la domination de la social-démocratie dans la vie politique. Dans les pays du nord, on aime désormais présenter ce qui a été fait depuis 1992 comme un modèle à suivre pour l'Europe méridionale car c'est la preuve que « l'austérité, ça marche. »

Les émeutes de la banlieue de Stockholm rappelle toutefois que tout n'est pas si simple et que les succès enregistrés en termes de croissance ou de dettes ont un revers. Et que ce revers, on l'a vu, est un vrai mal-être d'une grande partie de la population.

Garder plus que jamais le cap de la rigueur

Face aux manifestations, il ne faut toutefois pas compter sur une remise en cause de la politique menée. Sous l'effet de la hausse des prestations sociales, le budget public est redevenu déficitaire (- 1,1% du PIB prévu en 2013), ce que devrait inciter le gouvernement à garder plus que jamais le cap de la rigueur, d'autant plus que l'inflation pointe (+ 3,4% en mars sur un an, un des taux les plus élevés en Europe).

Tout ceci irrite beaucoup Anders Borg qui ne cesse de répéter sa détermination à retrouver la « croissance saine » des années 2010-2011. C'est dire si les inégalités sociales devraient continuer à se creuser. Et ce n'est pas le moindre des paradoxes. Après 1,5% prévu cette année par la Commission européenne, la croissance pourrait s'accélérer à 2,5% en 2014.

Une croissance soutenue par la consommation

« Contrairement aux précédentes reprises économiques, traditionnellement soutenues par les exportations, cette fois-ci, le principal moteur de la croissance devrait être la demande intérieure », souligne la commission. La majorité des Suédois consomment grâce à l'augmentation salariale et les baisses d'impôts de ces dernières années, soutenant une activité qui en revanche ne crée pas suffisamment d'emplois. C'est tout la singulatiré de la situation, plus la croissance s'accélère, plus le malaise grandit.

Un malaise qu'on ne réglera pas à coup de matraques et d'effectifs policiers. La Suède d'Anders Borg découvre qu'une politique uniquement focalisée sur la vertu budgétaire n'est pas toujours un sésame politique pour obtenir la stabilité sociale et le bien-être.

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a écrit le 24/02/2017 à 9:55 :
il est stupide de comparer un pays qui a moins de 10 millions d'habitants avec un comme nous qui en a 66 millions, c'est comme comparer le niveau de vie de poules de basse cour avec celui de poules de batterie ou le train de vie d'un couple d'actif ayant 1 enfant et celui du même couple ayant 5 enfants
a écrit le 30/11/2013 à 20:26 :
suede petit pays nanti neutre et irresponsable donneur de lecons .
a écrit le 01/06/2013 à 9:07 :
Il est évident que l'économie à un grand rôle à jouer. La Norvège voisine qui a un chômage officiel à environ 3% mais qui acceuille également beaucoup de personnes de l'étranger a bien moins de problèmes en ce qui concerne ce genre de révolte. Il est totalement inadmissible cependant pour un journaliste d'omettre les grandes différences culturelles qui séparent les autochtones et les nouveaux arrivants qui rendent le travail d'intégration bien plus ardu. Cela n'a pourtant rien de honteux ni de scandaleux d'admettre que certaines personnes ont plus de mal à s'intégrer que les autres. Le nier, ce n'est rendre service à personne mais au contraire cela fait perdurer une situation malsaine qui fait souffrir tout le monde et qui en plus favorise la montée des extrêmes. Les journalistes pourraient avoir un grand rôle à jouer dans cette histoire en analysant ce genre de situations dans leur entièreté et n'omettant pas des détails qui sont pourtant criants.
a écrit le 31/05/2013 à 20:51 :
Bobards, c'est une colonisation de peuplement non voulue par les peuple sauf par les patrons pour payer moins, la gauche pour se faire des électeurs et nos dirigeants sur les ordres du mondialisme type ONU, commission européenne...... Etc..... De plus cette immigration massive a ruiné notre pays.... Rocard disait il y a près de 30 ans : " nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde". C'est trop tard et ces masses sont inintégrables.... Tous les exemples le montrent depuis des centaines d'années, les états multiraciaux deviennent multiracistes et invivables en termes de violence et d'insécurité.
a écrit le 29/05/2013 à 15:41 :
Il ne faut pas confondre immigrés et casseurs. Les premiers ont souvent été sollicités par leurs terres d'accueil pour faire les jobs les moins qualifiés, tandis que les seconds sont tout bonnement des délinquants et doivent être traités comme tels.
Les récents évènements en France montrent bien à quel point nous ne savons ou bien n'avons pas le courage de gérer les choses. Les casseurs du Trocadéro courrent toujours et n'ont jamais été inquiétés (à part une douzaine de lampistes égarés) alors qu'il aurait fallu les expulser s'ils étaient sans papier ou les metrre en travaux d'intérêt général s'ils étaient Français de nationalité. Quand je vois les flics mobiliser 500 policiers pour retrouver celui qui a infligé UN point de suture à "tolérance zéro" , cela me dégoutes ! Extravagance de l'inutile et impuissance du nécessaire. Et voilà bientôt 15 ans que c'est la règle !
a écrit le 29/05/2013 à 15:17 :
Il faut laisser la diversité s'exprimer sous toutes ses formes comme pourraient le répéter les socialistes. Merci à la Suède de nous avoir offert un amuse-gueule en attendant l'embrasement total de l'Europe. Welcome to the jungle!
a écrit le 29/05/2013 à 14:50 :
Explosion des inéqualités sociales (le plus de des pays de l'OCDE depuis 25 ans), y'a pas à chercher très loin...
Réponse de le 31/05/2013 à 20:54 :
C'est un problème d'incapacité à s'intégrer dans une culture et des valeurs totalement à l'opposé des nôtres.
a écrit le 29/05/2013 à 14:29 :
"...a fortement réduit les impôts et la dette... Tout ceci a fragilisé une grande partie de la société"
hummm...
alors c'est pour ça qu'en France les impôts ont augmenté, pour la société ne soit pas "fragilisé" ?
j'adore les théories à la noix...
LOL
a écrit le 29/05/2013 à 12:06 :
Il serait bon un jour de printemps de faire le point sur le soit-disant modèle suédois, qui n'a jamais été qu'une idéalisation facile des bobos et autres socialistes européens depuis des lustres. La réalité sur place a toujours été bien différente, au point que les mêmes ont dû faire preuve d'imagination pour expliquer les différents meurtres politiques qui ont secoué le pays par exemple. Quant à la liberté en Suède, elle a toujours été très contrôlée. Quiconque a passé du temps dans le pays le sait, et les pseudo analyses des journalistes acquis à l'intouchable modèle suédois ont toujours étonné ceux qui y ont séjourné. Que les suédois aient bâti un modèle leur convenant, au moins un temps est une chose. En dénaturer la réalité pour nous en faire une caution d'expériences sociétales douteuses en est une autre.
a écrit le 29/05/2013 à 11:05 :
comme l'expliquent Korubo et Lennart, la politique sociale n'a rien à voir avec la montée de la violence. Les immigrés venant d'Etats pauvres et policiers croient trouver la richesse. Ne la trouvant pas, ils cassent et brûlent, encouragés par des journalistes qui justifient leurs actes par la pauvreté, ce qui est simpliste pour rester poli.
a écrit le 29/05/2013 à 10:04 :
Ca me fait marrer ces modeles d'intégration que nos chers politiques vantent comme des réussites (quand ils ont de l'argent à distribuer pour pouvoir vivre d'allocs...) ou des échecs (quand ils ferment les robinets et que les assistés se rebellent)... La "meilleure" intégration que je connaisse est celle que j'ai vu dans les Emirats: Intégration par le travail. Tu as du travail, tu gagnes de l'argent que tu utilises pour vivre et renvoyer à ta famille ... tu n'as pas de travail, tu dégages ! Au moins c'est clair, les voitures ne brulent pas la-bas...
Réponse de le 29/05/2013 à 13:06 :
C'est peut-être un peu simpliste : c'est ce genre de système qui accentue la montée de l'islamisme à l'étranger depuis des années ! [Qui n'est en fait qu'un déplacement du problème à l'extérieur : l'islamisme est basé sur un refus du modèle socio-économique occidental par des gens (en général pauvres et avec peu d'éducation, mais pas tous) qui se sentent, à tort ou à raison, floués par celui-ci et qui partagent un point commun simple et stable, le Coran].
a écrit le 29/05/2013 à 7:23 :
Si on considère comme modèle social un pays ou tout est fait pour le confort de ses citoyens de la naissance à la mort alors il est normal que ces pays soient convoités par des migrants qui chez eux n'ont rien. Mais ces migrants n'ont pas forcement conscience que ce modèle n'est pas gratuit, qu'il y a une contrepartie mais qu'eux n'acceptent pas forcément cette contrepartie à commencer par s'intégrer.
Réponse de le 29/05/2013 à 8:25 :
+ 1. En France, même problème
a écrit le 29/05/2013 à 5:16 :
C'est dommage de ne pas les installés dans les quartiers riches ce qui éviterait votre titre ou alors des pauvres dans le quartier chic....Mais la solution c'est de leur donner une fortune dès leur arrivée pour qu'ils soient riches.
C'est peut etre un peu simpliste de voir que les riches et les pauvres dans un problème d'intégration beaucoup plus complexe que l'analyse "zorro" des journalistes.
a écrit le 29/05/2013 à 4:38 :
Quoi qu'en dise François Hollande - pour la France - le véritable changement se fera en France, comme en Suède, comme en Europe, quand les autochtones de souches deviendront minoritaires sur la terre de leurs ancêtres. (Suivant le livre d'une jeunesse désabusée laissée sur le carreau "les corps indécents"). Au train où vont les naissances, cela ne devrait pas trop tarder. Alors, oui il y aura changement. Et quels changements ! On peut le déplorer ou s'en réjouir. C'est selon.
a écrit le 28/05/2013 à 23:17 :
Tant de fabulations faites à distance et sans connaissance.
La Suède, selon BBC en news d'actualité, se basant sur des chifres de l'OCDE est encore le deuxième pays le plus heureux du monde après l'Australie. Plusieurs autres enquêtes et comparaisons internationales sur la qualité de vie concordet avec ces données.J'ai déjà expliqué en commentaire plus bas comment les auteurs se sont entièrement trompé en simplement faisant échos du "mainstream" des journalistes qui sans bien connaitre le pays et sans savoir absolument rien de ces banlieux font le lien entre une politique gouvernementale et les émeutes.

http://www.bbc.co.uk/news/business-22685260
a écrit le 28/05/2013 à 22:22 :
"la société suédoise ne va décidément pas bien." "Un malaise qu'on ne réglera pas à coup de matraques et d'effectifs policiers." ... Ce qui ne va pas bien c'est le multiculturalisme, et cela ne se réglera pas à coup de matraques mais par des expulsions massives de tous ceux qui ne peuvent subvenir à leurs besoins par leur travail. Je dinais il y a peu avec des Danois, qui me rappelaient que dans les années 1990 le pont reliant la Suède au Danemark avait été fermé à cause du flux important d'immigrés qui arrivaient au Danemark. De leur avis, la Suède va devoir renvoyer tous ceux qui ne peuvent pas s'intégrer.
Réponse de le 28/05/2013 à 23:19 :
Entièrement faux ! La Suéde est encore le pays avec la qualité de vie la plus élevée et deuxième au monde après l'Australie en bonheur de vivre !

http://www.bbc.co.uk/news/business-22685260
Réponse de le 29/05/2013 à 3:26 :
1- Statistiquement les 15% d?immigrés ne pèsent pas beaucoup dans ce type de sondage.
2- Et puis cela veut dire quoi la qualité de la vie la plus élevée: au royaume de aveugles les borgnes sont rois.
3- la croissance des revenus du capital étant bien supérieur à celles du travail, c'est pour cela qu'il y a un décrochage.
4- nos sociétés rentrent dans l'ère des rentiers, ce n'est ni bien ni mal c'est juste un fait, le travail c'est déplacé avec les capitaux (des rentiers justement) en Asie ou ailleurs.
5- l'immigration c'est l'illusion que l'on peut encore produire en masse en Europe
6- Les pays européens pourraient très bien vivre sans immigration en changeant (de toute façon c'est en cours par la force des chose) de type d'économie: quelques multinationales numéro un dans leur secteur (NESTLE, ROCHE), des PME de haute technologie et de luxe (ROLEX, OMEGA), du service banques, assurance, (UBS) cela ne vous dit rien: la Suisse. Pour cela pas besoin de beaucoup de main-d??uvre et surtout pas sous-qualifiée...
a écrit le 28/05/2013 à 21:44 :
15% de la population suédoise est immigrée, c'est à dire née hors de Suède. Ce sont des Irakiens, des Somaliens et des Européens de l'est. La situation de l'immigration est bien plus dramatique que ne l'était celle de la France de 2005. Le modèle social suédois a trouvé ses limites à un très haut niveau. Bravo. En ce qui concerne la croissance équilibrée, la Suède peut en remontrer au reste de l'Europe y compris l'Allemagne qui a seulement 12% d'immigrés sans parler de la France 11% d'immigrés.
a écrit le 28/05/2013 à 21:41 :
Ce récit est parfaitement excellent car j'ai vu la même information dans les journaux.
Réponse de le 28/05/2013 à 23:23 :
Un journaliste sans connaissance réel du peut toujours se faire publier en faisant une reécriture de ce qui a déjà été publié et repèter les prejugés des autres sans rien apporter de nouveau. Je le sais, je suis journaliste.
Réponse de le 30/05/2013 à 8:48 :
Effectivement korubo vous parlez en connaissance de cause... Je me souviens d'un journaliste qui il y a qq décennies couvrait les évènements tragiques sur la famine au Biafra en rédigeant tous ses articles au bord de la piscine d'un grand hotel d'Abidjan. Tout ça, à partir des "on dit" de soit-disant voyageurs revenant du Biafra. J'ajoute que ce journaliste était le représentant d'un grand quotidien français que l'on pourrait appeler aujourd'hui la Pravda française....
a écrit le 28/05/2013 à 21:28 :
La bonne excuse du chômage pour éviter des vérités qui dérangent.
La Suède comme la France ou l'Europe occidentale n'ont pas le devoir d'être le "Pôle Emploi" de la planète.
a écrit le 28/05/2013 à 21:19 :
L'auteure de l'article s'est renseigné (à distance) sur l'économie suédoise mais dévoile son ignorance total des lieux et des populations des quartiers de banlieu où ont commencé les violences de jets de pierres sur la police et les pompiers et les incendies des voitures et des écoles. Je les connais bien, je suis suédois et mon frère a habité 18 ans au banlieu Husby avec sa fenêtre donnant vu sur le parking où les premières voitures ont été incendiées. Etre habitant de Husby ne signifie pas être emprisonné dans un context social d'où l'on ne s'en sort pas - mon frère est maintenant propriétaire de sa maison individuelle et travaille en plein temps dans une école dans la ville universitaire prestigieuse d'Uppsala.
Beaucoup de francais regardent le monde par un filtre post-révolutionnaire et romantique comme si toutes les émeutes ont des raisons politiques. L'auteur de l'article est tombé au même piège. Il oublie bien dire de que les personnes arrêtés suite aux émeutes ont entre 14 et 20 ans, aucun d'eux n'a la responsabilité de soutenir une famille et la quasi-totalité ont eu un passé carceral et troublé, avec des des histoires de violences familiales au passé qui n'ont rien à voir avec la politique du gouvernement.

Il faut dire aussi que quiconque qui est résident en Suède,vivant seul et sans emploi ou allocation chômageà droit à un RSA équivalent à presque mille euros par mois pour sa consommation personnelle en dehors des allocations qui assurent la totalité de ses loyers. Que le chômage soit plus élevé parmi les immigrés n'a rien de surprenant et n'est pas la faute du gouvernement et sa politique. Les refugiés politiques (qui sont la majorité de la première génération d'immigrés) ont droit au logement, droit au RSA et droit aux cours gratuits de langue suédois. Par contre, venir avec une famille parfois analphabète de Somalie, venir pour s'installer en Scandinavie de la guerre Iraquienne (une seule monicipalité suédoise accueille plus de réfugiés iraquiens que la totalité des Etats Unis) entraine forcément des problèmes d'adaptation et d'insertion sur le marché de travail même si l'on peut afficher sa croyance réligieuse par ses vêtements à toutes les postes de travail.
Il faut plutôt voir les évènements au contexte des sociétés modernes qui changent avec la technologies de communication et qui sont en train de devenir moins heterogènes et plus internationales se divisant entre autant des lignes des sous-cultures et communautés nouvelles qui se créent. Plusieurs jeunes à Husby et d'autres villes suédoises admettaient que cela les excitait de mettre le feu à des bâtiments et des voitures. Des jeunes communiquent en temps réel où qu'ils soient maintenant et plusieurs groupes de jeunes ont fait la compétition sur qui pouvait brûler les plus grand nombre des voitures. Cela n'a absolument rien, rien à voir avec la politique gouvernementale de cette dernière décennie. On peut bien rajouter que beaucoup plus des parents et adultes des communautés immigrés des mêmes quartiers, souvent eux-même pauvres, se sont organisés et ont commencé à faire le vigile ces derniers soirs et nuits pour protéger les écoles et les quartiers des délinquants. Etre pauvre en Suède (terme relative) ne signifie nullement être incapable d'avoir de l'intelligence et d'être responsable des ses propres actes.
a écrit le 28/05/2013 à 21:19 :
Ce n'est pas le modèle de la vertu budgétaire qui est à remettre en cause comme il est dit dans l'article, mais plutôt la politique trop laxiste en matière d'immigration qui lui apporte son lot d'instabilité sociale et de mal être.
a écrit le 28/05/2013 à 21:11 :
La Suède, pays hors zone Euro subit également la crise. Pib à 0 au 4ème trimestre 2012, ce n'est pas vraiment ce que l'on peut appeler croissance et les chiffres du 1er trimestre ne sont pas encore sortis.
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130515trib000764686/recession-dans-la-zone-euro-ceux-qui-s-en-sortent-le-mieux-sont.html
Réponse de le 28/05/2013 à 21:22 :
Un seul trimestre exceptionnel ne fait la règle. La prévision pour l'année prochaine en Suède est de 1,4% de croissance, chifre exceptionnellement faible mais meilleur que la France en récession.
Réponse de le 29/05/2013 à 1:40 :
Vous savez les prévisions valent ce qu'elles valent. En 2012, la Suède a fait un accroissement de 0,8%, ce qui fait une moyenne de 0,23 pour les 3 premiers trimestres et a fini a 0% au quatrième trimestre 2012. En 2011, la Suède a fait 3,7%. Vous devez le savoir la Suède est un pays qui exporte énormément et la crise de la demande en Europe (baisse des importations des pays de la zone euro) forcément se répercute sur l'économie de la Suède. Le Japon, Chine, Allemagne sont également touchés par la baisse de la demande. Vous ne pouvez ignorer cela.
a écrit le 28/05/2013 à 20:58 :
La Suède, ils ont un Etat certes cher, mais au moins il fonctionne. Nous on fait dans l?illettré et le thésard exclus. Puisqu?on est forts en infrastructures et en péages, grand projet non rentable le tunnel 25 milliards et y a des pauvres dont 25% des ingénieurs qui sortent des formations jusqu?à 50% selon les formations du supérieur. L?économie concorde, l?entrepreneur d?Etat, ça marche ! Combien de dettes pour FT, l?ensemble de la population paye pour eux. On double la quantité des rails, on quadruple les routes, mais quid de l?innovation pour sauver l?industrie et la productivité qui fait les salaires et l?export comme les produits de valeur ajoutée ? On ferait de la recherche sans application en termes de production de richesses et d?emplois. Nous avons des seigneurs de l?Etat sur le dos des salariés précaires, donneurs de leçons en pantoufle. C?est ainsi qu?on doit baisser les salaires pour cause de sous-compétitivité et de chute des parts de marché. On plastronnait sur le fait que les anglais n?avaient pas d?industrie, on en a moins aujourd?hui? On préfère le travail sur la dette, pourvu que ça dure. Le bon travail doit-il alimenter le mauvais travail ? Il reste encore le déficit à combler pour payer les fonctionnaires....
a écrit le 28/05/2013 à 20:35 :
Les pays victimes d'émeutes sont généralement les plus inégalitaires et ceux ayant un taux important de populations d'origines étrangères. Mais quel est le taux de population étrangère en Suède ?
a écrit le 28/05/2013 à 20:31 :
Il suffit de lire les polars suédois, au demeurant excellents, pour savoir comment ça va se terminer, cad avec une belle montée d'une extrême droite très xénophobe qui fera passer notre FN pour des enfants de ch?ur.
Réponse de le 28/05/2013 à 21:34 :
La France demeure de loin et par toutes les mesures le pays le plus xenophobe en Europe avec en pourcentage plus que le double de votes Front National que son équivalent politique a eu en Suède.
Réponse de le 29/05/2013 à 9:38 :
Et pourquoi pas plutôt une montée des patriotes qui en ont marre d'être envahis par des sauvages et qui vont tout simplement se lancer dans la décolonisation de leur beau pays?
a écrit le 28/05/2013 à 20:27 :
Arrêtez votre langue de bois, mes parents ont aussi connu les temps difficiles de la guerre et après guerre 45 et n'ont jamais mis a sac quoi que ce soit. Mais vous savez très bien que cette clientèle ne partage pas nos façons de vivre et cultures ...
a écrit le 28/05/2013 à 20:12 :
Masquer la misère ne résous pas le problème . Comme trafiquer les données, tôt ou tard la vérité ressurgit .
Je pense que d'autre pays vont suivre .
a écrit le 28/05/2013 à 19:33 :
Si, si, les suédois vont tenter de régler le problème à coups de matraque, l'Allemagne fut au siècle dernier à une époque bien précise leur modèle. Tout comme en Allemagne, il y a des nostalgiques de ce temps. La social-démocratie européenne est progressivement remplacée par les nouveaux libéraux, tendance extrême-droite, et les réactions qui vont avec. Les voitures n'ont pas fini de brûler...lot de consolation pour les constructeurs automobiles qui vendront quelques voitures en plus.
Réponse de le 28/05/2013 à 21:23 :
@JB38: tu crois que les constructeurs versent une prime de casse aux brûleurs de bagnoles et se font ensuite rembourser par le contribuable une prime à la casse :-)

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