19°C : température de chauffage recommandée (et même inscrite dans le code de l'énergie)

En pleine crise de l'énergie, l'heure est à la sobriété. Si le président Emmanuel Macron recommande de limiter la température d'une pièce à 19°C, il s'agit en pratique d'une mesure inscrite depuis 1978 dans le code de l'énergie. En théorie, les contrevenants peuvent être sanctionnés d'une amende de 1.500 euros.
Baisser son chauffage de seulement un degré correspond à 7% d'économie d'énergie, selon l'Ademe.
Baisser son chauffage de seulement un degré correspond à 7% d'économie d'énergie, selon l'Ademe. (Crédits : Pixabay.com - TBIT)

On ne le sait pas forcément mais, en France, une limite de 19°C en moyenne pour le chauffage pour les logements et locaux, notamment d'entreprises, est inscrite dans le code de l'énergie de 1978. Son instauration remonte aux premiers chocs pétroliers, explique Céline Laruelle de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Il s'agit par contre bien d'une moyenne et non pas d'une température maximale à ne pas dépasser. « Quand on n'est pas là, on baisse à 16-17°C et ce gain peut permettre pendant la soirée d'être plus confortable et de chauffer à 20-21°C - mais pas au-delà », précise l'experte.

La modulation peut aussi se faire par pièce : 17°C pour une chambre, 22°C pour la salle de bain quand elle est utilisée et les pièces de vie entre 19°C et 21°C le soir. Des dérogations sont prévues si des personnes âgées ou en bas âge sont hébergées dans le logement.

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Idem pour les bureaux où la température doit être adaptée à la situation : 19°C pour les pièces occupées, 16°C en dehors de période d'occupation et 8°C si les lieux sont innocupés plus de deux jours.

Les contrevenants à la règle (logements, entreprises ou établissements) peuvent - en théorie - être sanctionnés d'une amende de 1.500 euros (3.000 euros en cas de récidive). Mais aujourd'hui, il est « difficile de savoir » à quelle température moyenne les Français se chauffent. Ce que l'on sait c'est que « des millions de logements sont en précarité énergétique, à 15°C tout l'hiver », note Céline Laruelle.

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Petite baisse, grandes économies

Baisser son chauffage de seulement un degré correspond à 7% d'économie d'énergie, selon l'Ademe. L'impact n'est pas négligeable puisque le chauffage représente plus de la moitié des consommations énergétiques d'un logement (jusqu'à 66% pour le chauffage électrique, un peu moins pour fioul et gaz).

Le chauffage électrique, utilisé par un tiers des Français, implique une consommation annuelle moyenne de 4.312 kilowattheures (kWh) pour une maison, soit une facture d'environ 750 euros (en tarif régulé). Pour un appartement, c'est 1.719 kWh, soit 300 euros par an. Chaque degré en moins correspond aussi à 7% d'économies sur les factures.

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Les bons réflexes à adopter

Afin de garder la chaleur, il est bon de veiller à fermer les volets et rideaux la nuit, éviter de placer des meubles ou rideaux devant les radiateurs ou d'y faire sécher du linge et limiter les infiltrations d'air, en vérifiant l'étanchéité des portes et fenêtres. En complément, un thermostat programmable peut générer 15% d'économies sur le chauffage, estime l'Ademe.

Pour le chauffage électrique, il est conseillé de remplacer les vieux convecteurs par des radiateurs modernes diffusant par rayonnement.

Installer des thermomètres peut aussi être utile : si l'on a froid alors que la température est suffisante, c'est sûrement que la maison est humide ou insuffisamment isolée, note l'Ademe. L'isolation est d'ailleurs la solution numéro 1 pour réduire le chauffage et par conséquent la facture.

Sur son site, l'agence Santé Publique France explique par ailleurs qu'en période de froid, des gestes simples permettent d'éviter les risques. Il convient par exemple de « ne pas surchauffer son logement » et de « s'assurer de sa bonne ventilation pour renouveler l'air ».

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ZOOM : L'ITALIE IMPOSE UNE BAISSE DU CHAUFFAGE CET HIVER

Le ministère italien de la Transition écologique a d'ailleurs présenté ce mardi 6 septembre son plan d'économie d'énergie. Ce dernier vise à réduire la consommation énergétique de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023 et comporte plusieurs volets, dont le principal concerne le chauffage pour surmonter la chute des livraisons de gaz russe.

Ainsi la température dans les bâtiments industriels devra baisser d'un degré, à 17°C, tandis que dans les autres bâtiments elle est fixée à 19°C, toujours en baisse d'un degré par rapport aux règles valables jusqu'à présent.

En outre, la période de chauffage est raccourcie de 15 jours sur l'ensemble de l'année et la durée du chauffage est raccourcie d'une heure par jour.

Ces restrictions ne sont pas valables pour les hôpitaux, résidences pour personnes âgées, crèches et écoles primaires.

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(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 11/11/2022 à 17:23
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Et les personnes souffrant d'hypothyroïdie, ils y ont pensé ? Non, évidemment ! Or, 19° n'est pas suffisant quand on a une frilosité excessive, ça peut même être dangereux ! -_-' Plutôt mourir que prendre froid à cause de ces incompétents du gouverne...

à écrit le 07/09/2022 à 14:08
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Quand je chauffe à 18 ou même 17, comme depuis plusieurs hivers, pour ménager mon budget, est-ce que j'ai droit à une prime ? En s'habillant correctement, c'est tout à fait possible

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