Absences dans la fonction publique : l'écart entre le public et le privé s'est réduit en 2023
latribune.fr
Les arrêts de travail dans la fonction publique sont dans le viseur du gouvernement pour réaliser 1,2 milliard d'euros d'économies. (photo d'illustration)
Un nouveau rapport montre que l'écart d'absentéisme entre la fonction publique et le privé se réduit, passant de 2,8 à 1,7 jour en un an. Le gouvernement veut imposer trois jours de carence sur les arrêts de travail pour les fonctionnaires afin de faire des économies.
Voilà un rapport qui risque de rajouter de l'huile sur le feu alors que le gouvernement s'apprête à augmenter les jours de carence lors des arrêts de travail pour les salariés de la fonction publique, les alignant sur ceux du privé. Ce rapport de la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), sorti vendredi, montre que les agents de la fonction publique se sont absentés 12 jours en moyenne en 2023, soit 1,7 jour de plus que les salariés du privé (10,3 jours).
C'est moins que dans la même étude sur 2022 où l'écart entre les absences des agents publics et des salariés du secteur privé était de 2,8 jours en 2022.
«Ces durées d'absence sont en baisse dans les deux secteurs par rapport à 2022, mais de façon plus notable dans le secteur public (− 2,5 jours) que dans le secteur privé (− 1,4 jour)», précisent les auteurs du rapport.
Un déclin qui met à mal la théorie de l'exécutif, qui cible les absences des salariés de la fonction publique en imposant 3 jours non payés pour les arrêts maladie, au lieu d'un seul actuellement et en baissant la rémunération de ces derniers de 100% à 90%. En tout, le gouvernement espère réaliser 1,2 milliard d'euros d'économies.
Des mesures contre-productives
Déjà, cet écart d'absences injustifiées avait été minimisé dans un premier rapport de l'Inspection des Finances sur lequel se sont pourtant appuyés les dirigeants. La différence entre le public et le privé s'explique, dans la majeure partie des cas, par un nombre plus important de personnes âgées dans la fonction publique, une pénibilité du travail plus forte ainsi que davantage de travail de nuit. Si l'on prend en compte ces facteurs dans le calcul de l'écart de jours d'arrêts de travail, alors ces derniers seraient équivalent entre salariés du privé et les salariés de la fonction publique d'État (FPE) ainsi que la fonction publique hospitalière (FPH). Seule la fonction publique territoriale a un nombre arrêts maladie important et inexpliqué.
Surtout, imposer davantage de jours de carences ne résoudra pas le problème, d'après l'économiste Nicolas Da Silva, spécialiste de la santé et de la protection sociale :
«Si vous mettez en place des droits moins protecteurs, les gens vont moins y recourir et il y aura sûrement une baisse des arrêts de travail courts. En revanche, cela dégrade les conditions de travail à long terme et peut allonger les arrêts maladie longs.»
Grève le 5 décembre
Les syndicats dénoncent quant à eux une profonde injustice, alors que les salariés du privé sont la plupart du temps indemnisés par leur employeur lors de leurs jours de carence. Ils ont appelé, ce jeudi, à une journée nationale « d'action » et de « grève » dans la fonction publique le 5 décembre.
Seul le syndicat Force ouvrière ne s'est pas joint à cette déclaration et a maintenu un appel à la grève de trois jours reconductible « au même moment que la grève des cheminots, à partir du 10 ou du 11 décembre », a précisé à l'AFP le secrétaire général de l'UIAFP-FO, Christian Grolier.
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