Achat des génériques : les pharmaciens en grève reçus par le ministère de la Santé

Depuis début juillet déjà, les pharmacies de garde font grève.
Hans Lucas via Reuters Connect

Depuis début juillet déjà, les pharmacies de garde font grève.
Hans Lucas via Reuters Connect
Les pharmaciens haussent le ton contre le gouvernement. Ce mercredi après-midi, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) est reçue par Yannick Neuder, le ministre de la Santé et de l'Accès aux soins. Au menu des discussions : le nouvel arbitrage des remises commerciales sur les médicaments génériques qui ne passe pas auprès de la profession.
Depuis début juillet déjà, les pharmacies de garde font grève. Elles n'appliquent également plus le tiers payant depuis quelques jours lorsqu'elles sont réquisitionnées par le Préfet pour assurer les gardes. Une mobilisation passée jusqu'ici plutôt inaperçue, mais que les professionnels promettent de poursuivre, et même d'amplifier à la rentrée en allant jusqu'à fermer des officines.
Dans ce contexte, les représentants du secteur ont appelé mi-juillet à de nouvelles mobilisations. Outre la poursuite de la grève des gardes, ils appellent à une fermeture complète des pharmacies le 18 septembre 2025, puis une fermeture tous les samedis à partir du 27 septembre. D'autres actions complémentaires devraient s'ajouter comme la grève de la préparation des piluliers dans les EHPAD à partir du 10 septembre.
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Dans le détail, le gouvernement, dans le contexte de redressement des finances publiques, souhaite abaisser les plafonds de remises commerciales des pharmacies. Les pharmaciens disposent, en effet, de remises allant jusqu'à 40 % lorsqu'ils achètent des médicaments génériques aux laboratoires. Un médicament générique contient la même substance active que le médicament d'origine mais sa présentation peut varier. Ils sont surtout en moyenne 30 % moins cher que ceux d'origine, et permettent d'importantes économies à l'Assurance-maladie.
Or, si le gouvernement a souhaité dans un premier temps abaisser le plafond à 20 % de ces remises commerciales, il s'est ensuite ravisé pour le fixer à 30 %.
« Les pharmaciens achètent les médicaments avec une marche de négociation réglementée, si on diminue ce plafond de remise, les pharmacies achèteront le médicament plus cher aux industriels qui vont récupérer de la marge », lance Philippe Besset, le président de la FSPF.
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Ces dix points de perdu représentent, par ailleurs, une perte important pour les professionnels du secteur : environ « 600 millions d'euros » pour le réseau pharmaceutique, avance comme chiffre Philippe Besset. Le syndicat dénonce une décision « synonyme de suppressions d'emplois, de désertification pharmaceutique et de rationnement des soins ». « Le discours est que les industriels du médicament ont besoin de leur marge pour se redéployer mais les officines ce sont aussi des entreprises, avec une économie fragile », complète-t-il.
Pire, le président du syndicat anticipe un millier de fermetures cette année « notamment dans les zones rurales » si le gouvernement ne revient pas sur sa décision. En 2024, ce sont 260 officines qui avaient déjà mis la clé sous la porte.
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De sa réunion ce mercredi avec le ministère de la Santé, Philippe Besset espérait du ministre « un dernier tour de négociations » avec Matignon pour trouver une solution « gagnante-gagnante ». D'autant que le plafond doit entrer en vigueur dès le mois d'août. « Le gouvernement souhaite faire une économie de 100 millions d'euros, ce qui correspond plutôt à un abaissement du plafond à 36 % », argue-t-il. Yannick Neuder a proposé un arbitrage à hauteur de 33 %, qui n'a cependant pas été accepté, a indiqué dans un communiqué l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine. « En revanche, nous avons réussi à obtenir un nouvel arbitrage qui doit être porté auprès du Cabinet du Premier ministre par le cabinet santé du ministre de la Santé », est-il précisé.