Alerte sur les prix à la pompe en France avec la flambée des cours du pétrole

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(Crédits : Pixabay / CC)
La flambée des cours du pétrole à la suite de l'attaque d'installations saoudiennes risque de se traduire par une hausse rapide des prix à la pompe, estiment certains professionnels, même si beaucoup d'inconnues demeurent dans un contexte très volatil.

Les cours du pétrole ont grimpé de 10% lundi matin, deux jours après des attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite qui ont entraîné une réduction de moitié de sa production. Le manque à produire représente 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l'approvisionnement mondial.

"On peut s'attendre assez rapidement à une augmentation de l'ordre de 4 ou 5 centimes" parce que "les grandes sociétés répercutent au jour le jour l'évolution des prix sur le marché de Rotterdam sur l'essence et le gazole", a déclaré Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP).

"Quand vous payez 1,50 euro sur un litre d'essence, vous avez à peu près 50 centimes de matières premières, de raffinage et de distribution", le reste étant constitué de taxes diverses, a-t-il rappelé. C'est donc cette fraction d'environ un tiers du prix à la pompe qui suit l'augmentation des cours.

"Si cette hausse se maintient, même si ça n'est que de 5%, c'est sûr qu'il va y avoir une influence sur les prix, qui va être un peu modérée en fonction des concurrences locales parce que tout le monde se regarde. Mais comme la marge de manœuvre n'est vraiment pas grand chose, ça va se voir à la pompe", juge pour sa part Francis Pousse, du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA).

Un "feu de paille" ?

Francis Pousse estime toutefois "impossible" de prédire la hausse que subira l'automobiliste cette semaine. D'autant que, dans un contexte très volatil, les cours peuvent modérer leur hausse très rapidement ou au contraire flamber en cas d'embrasement militaire.

"Si cette envolée est un feu de paille et que ce soir on a déjà largement réduit le +10% (de hausse des cours) qu'on avait ce matin, la conséquence va être mesurée sur les prix à la pompe", relativise M. Pousse.

Le sujet est d'autant plus sensible que c'est le prix des carburants qui avait déclenché à l'automne 2018 le mouvement des "gilets jaunes", qui s'est ensuite étendu à d'autres revendications.

"Cinq centimes (de hausse), à supposer que ça reste à ce niveau, c'est tout à fait considérable. C'est peut-être ce qu'il y a de plus inquiétant pour les Français", a souligné Francis Duseux.

Les prix à la pompe sont toutefois actuellement plus modérés qu'ils ne l'étaient à l'époque. Le gazole valait autour de 1,41 euro le litre début septembre, contre 1,53 euro en octobre dernier.

Le pays est toutefois à l'abri d'une rupture d'approvisionnement, selon M. Duseux:

"On a en France trois mois de stocks de réserve, c'est la loi qui nous oblige à posséder dans des stockages trois mois de la consommation de l'année précédente".

"Au cas où l'approvisionnement en brut deviendrait un peu plus tendu, je pense qu'il n'y aurait pas de problème pour continuer à approvisionner les Français dans les stations-service ou pour remplir leur cuve de fioul domestique", a-t-il assuré.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2019 à 8:28 :
Je croyais que les taxes étaient calculées au pro-rata de l'augmentation du pétrole, si ce n'est un mécanisme visant à diminuer les augmentations pour le consommateur en cas de flambée? Nous verrons bien, mais il faut, si l'on veut maitriser les augmentations d'émissions de CO2, casser les consommations de produits pétroliers.
a écrit le 17/09/2019 à 3:03 :
Le Maire doit se frotter les mains: voila qui va rapporter plus que la taxe GAFA et la chasse aux fraudeurs; quelqu'un peut-il rappeler le détail de la traite du litre de pétrole brut, cette manne qui n'empêche pas la dette de s'envoler?
a écrit le 16/09/2019 à 21:25 :
En fin l’inflation va augmenter
a écrit le 16/09/2019 à 21:20 :
Un jour vous apprendrez à regarder les réalités en face
a écrit le 16/09/2019 à 17:17 :
Le carburant ne semble pas à des niveaux excessifs, combien de fois je vois musarder des personnes dans les citées à bruler de l'essence pour le fun, ou des tromblons rouler pied (donc grosse consommation) au plancher sur nos routes...tous ces gens sont plutôt des allocataires d'aides ...
a écrit le 16/09/2019 à 17:07 :
5cts ça fera les prix de mai du gazole et juillet de l'essence parait-il, retour en arrière (personne n'avait vu les baisses, c'est trop graduel, discret, faible, ...).
Quand le carburant baisse, les pompistes peuvent ne répercuter que quand la cuve est vide, pour ne pas les pénaliser, mais quand ça augmente ils peuvent changer le prix de suite (valorisation du stock).
Espérons que le $ ne va pas augmenter en même temps, ça ferait double peine.
L'Opep avait décidé d'un peu moins produire, les besoins 2019 étant censés être plus faibles qu'en 2018, là c'est un peu chamboulé, 5% c'est pas négligeable, presque du flux tendu.
Je sens qu'il va y avoir des files aux pompes en se disant que c'est déjà ça de pris. Viiiiite. :-)
La e-208 en 2020 à 31 000€ semble-t-il, quelle autonomie ? L'autoradio est-il meilleur que celui que j'ai dans ma 208ehDi (des lacunes vs mon petit poste Gründig en FM en Corse, même en affichant la fréquence à la main) ? Peugeot vend la batterie pour ne pas s'en encombrer, le client est propriétaire du bidule.
a écrit le 16/09/2019 à 16:27 :
On peut toujours s'amuser à se faire peur.
Tellement on s'ennuie.
a écrit le 16/09/2019 à 15:27 :
Les français sont tellement justes financièrement que c'est la croissance qui serait encorep lus impactée, si cette hausse devenait durable on pourrait suivre l'Allemagne dans son projet de récession...

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