Après un record en 2021, les Français créent moins d'entreprises

Alors que près d'un million d'entreprises ont été créées l'an dernier, le rythme s'essouffle aujourd'hui. En avril, les créations d'entreprises ont baissé de 2,5% par rapport au même mois de l'année dernière. Une baisse qui touche particulièrement les micro-entreprises.

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Il s'est créé le mois dernier 85.597 entreprises, selon l'Insee.
Il s'est créé le mois dernier 85.597 entreprises, selon l'Insee. (Crédits : Photo by Alex Kotliarskyi on Unsplash)

Alors qu'elles ont atteint un record en 2021, année pourtant marquée par la crise sanitaire, les créations d'entreprises ont diminué de 2,5% en avril après avoir augmenté d'1,7% en mars, selon les chiffres publiés vendredi par l'Insee. Il s'est créé le mois dernier 85.597 entreprises, précise l'institut de statistiques. Toutes catégories confondues sur les trois derniers mois, le nombre de créations d'entreprise recule, cette fois, de 3% par rapport à la même période en 2021.

Cette annonce intervient alors que la croissance est atone et que le taux de chômage est au plus bas depuis 2008.

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Il faut regarder sur les 12 derniers mois pour voir une hausse, de 2,1%, du nombre total d'entreprises créées, en glissement annuel. Mais cette progression reste "moins marquée que les mois précédents, où elle était mécaniquement tirée par un 'effet de base' lié à la chute des créations pendant le confinement du printemps 2020", explique l'Insee.

Ce sont les créations de sociétés qui augmentent le plus vite, avec 13,0% de hausse sur les 12 derniers mois en glissement annuel et 7,5% sur les trois derniers mois, par rapport à la même période de 2021. En revanche, les créations d'entreprises individuelles classiques ont "nettement reculé" de 7,8% sur les 12 derniers mois, une tendance qui s'est accélérée sur les trois derniers mois (-11,2%).

Les micro-entreprises encaissent la plus forte diminution : 3,4% sur un mois. Quasi stables sur l'année écoulée en glissement annuel (-0,1%), leurs créations "décroissent fortement" ces trois derniers mois (-5,8%), note l'Insee.

Certains secteurs sont plus impactés que d'autres à l'instar des transports et de l'entreposage qui ont perdu en avril 13,7%, diminuant "plus fortement" encore que le mois précédent (-3,8%). Les secteurs de la construction (-4,6%) et du soutien aux entreprises (-2,0%) se replient aussi "nettement" tout comme l'hébergement et la restauration (-7,3%). Seules les créations d'entreprises dans les secteurs de l'industrie (+3,5%) et des services aux ménages (+0,5%) ont continué à augmenter en avril.

Un record en 2020 et 2021

Ces chiffres sont bien loin du record historique atteint l'an dernier avec presque un million de créations d'entreprises. Plus précisément 995 900 créations ont été enregistrées en 2021, soit 17% de plus qu'en 2020 qui avait déjà été marquée par un fort recul pendant le premier confinement. Contrairement à ce qu'on peut observer actuellement, en 2021, les micro-entreprises étaient majoritaires parmi les nouvelles venues. Près de deux créations sur trois en étaient, soit 64,5%. À cette époque, la mise à l'arrêt de certains secteurs comme l'hôtellerie- restauration, le tourisme ou encore les loisirs avait poussé les travailleurs à trouver d'autres sources de revenus et, pour certains, à lancer leur propre activité.

Vers une hausse des défaillances d'entreprises

Quant aux entreprises déjà installées, les temps sont difficiles alors que l'inflation atteint des sommets. Après être monté jusqu'à 4,8% au mois d'avril, l'indice des prix à la consommation pourrait dépasser la barre symbolique des 5% d'ici juin. Un contexte économique qui pénalise particulièrement les secteurs très dépendants des énergies fossiles, dont les prix ont grimpé en flèche ces derniers mois, ou de l'étranger pour se procurer des matières premières ou des métaux. L'automobile souffre, elle, des tensions d'approvisionnement et la plupart des grands groupes et de leurs sous-traitants sont toujours dans le rouge.

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Ce qui pourrait mettre en péril la pérennité de certaines entreprises dans l'avenir. Selon les dernières prévisions d'Allianz Trade publiées le 18 mai, le nombre de défaillances devrait bondir de 15% en 2022 et 33% en 2023 en France. Ce scénario reste néanmoins plus optimiste que celui esquissé l'automne dernier quand Allianz Trade tablait sur une envolée des faillites de 40% en 2022. Une éclaircie qui peut s'expliquer par le prolongement des mesures du "quoi qu'il en coûte" et le plan de résilience au printemps dernier avec une rallonge de 7 milliards d'euros.

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Commentaires 2
à écrit le 20/05/2022 à 15:18
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lorsque l'on sait que 600 des 800 000 entreprises crée en 2021 était des auto entrepreneurs !!! du coup c'est un non sujet dans un pays qui a délocalisé toute son industrie, qui baisse les assedics des gens les forçant a créer une activité sans val...

à écrit le 20/05/2022 à 14:25
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il y a trop d'entreprises en France : 4,2 millions en 2019, d'après Eurostat, contre 2,7 millions en Allemagne et UK. le taux de création était de 12% en 2019 et le taux de mortalité de 4,6% (Eurostat), un solde positif bien plus élevé que chez les a...

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