La crise politique qu'ouvre la chute du gouvernement Bayrou paralyse nombre de chefs d'entreprise et de particuliers dans leurs investissements. Un attentisme qui engendre une victime collatérale inattendue : les professionnels du conseil.
Nombre de sociétés vivant de l'aide qu'elles fournissent aux autres entreprises dans leurs projets font part à La Tribune de leur désappointement face au brouillard politique et économique qui freine les ambitions de leurs clients.
Symbole des entreprises qui vivent du dynamisme de leurs clients, les cabinets d'audits et de conseils ne cachent pas leur inquiétude quant au flou politique qui devrait caractériser la fin de l'année. « En général, quand les temps sont troubles, notre activité en pâtit », confie le directeur général d'une grande entreprise de conseil. Une logique qui s'est confirmée après la dissolution de l'été 2024. « Cela a donné lieu à un arrêt brutal des investissements et des transactions, or une grande partie de notre activité consiste à accompagner des entreprises sur leurs investissements et leurs achats », explique Laurent Benarousse, directeur France de Roland Berger. Le dirigeant du cabinet se montre néanmoins relativement serein face à la nouvelle crise. « Nos clients commencent à s'habituer à l'instabilité politique. Donc l'arrêt des investissements devrait être moins brutal que lors de la dissolution », veut rassurer Laurent Benarousse.