Santé : vers une augmentation des mutuelles d'environ 6% en 2025

En 2023, les organismes complémentaires ont versé 34,9 milliards d'euros de prestations, en augmentation de 6,4% par rapport à 2022.
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En 2023, les organismes complémentaires ont versé 34,9 milliards d'euros de prestations, en augmentation de 6,4% par rapport à 2022.
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Nouvelle hausse des cotisations pour les mutuelles en vue, après celle de +8% en 2024. C'est ce qu'a indiqué la Mutualité Française dans son enquête annuelle qui porte sur 41 complémentaires santé. En moyenne, les cotisations augmenteront de 6% sur l'ensemble des contrats. Dans le détail, les contrats individuels augmenteront de 5,3%, les contrats collectifs obligatoires de 7,3% et les contrats collectifs facultatifs de 6,8%.
Une hausse jugée « strictement nécessaire pour pérenniser la protection de tous », a expliqué Eric Chenut, président de la Mutualité Française dans un communiqué paru ce mercredi. « Les dépenses de santé augmentent deux à trois fois plus vite que la richesse nationale. Avec le vieillissement de notre population et les avancées scientifiques, et sans refonte structurelle, ces dépenses continueront d'augmenter jusqu'à ce que nous ne puissions plus y faire face ».
Surtout, les mutuelles ont anticipé d'éventuelles hausses de charges, longuement discutées pour le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). En effet, il était convenu que l'Assurance maladie abaisse son seuil de remboursement de 5% sur les consultations médicales et 5% sur les médicaments. Les complémentaires ont alors estimé qu'elles devraient supporter autour de 900 millions d'euros supplémentaires sur l'année et ont anticipé ces charges. Pour l'heure, l'actuel Premier ministre François Bayrou ne s'est pas exprimé sur le sujet, vivement critiqué à gauche et à l'extrême droite.
Les mutuelles, de leur côté, ne veulent pas prendre seules la charge des économies de la Sécurité sociale, en déficit de plus de 18 milliards d'euros cette année. En parallèle, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie aujourd'hui son rapport annuel sur la situation financière des mutuelles en 2023.
Dans le détail, les dépenses d'optique et les dépenses dentaires ont augmenté respectivement de 6,2% et 5,5% en 2023, ces dernières étant majoritairement prises en charge par les complémentaires santé. À cela s'ajoutent la prévention bucco-dentaire ou encore le financement de nouveaux traitements contre la bronchiolite. Ces deux effets représentent plus de 2 milliards d'euros pour 2025, ont estimé les complémentaires.
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« Ces deux effets représentent plus de 2 milliards d'euros pour 2025 pour les complémentaires », précise la Mutualité Française. Selon la Drees, le résultat en santé des mutuelles est déficitaire à 0,4% en 2023, une première depuis 2011. En revanche, sur la totalité de leurs activités, les complémentaires santé « ont été financièrement solides : leurs montants de fonds propres ont été très supérieurs aux minima réglementaires », évalue la Drees.
Face au mur des dépenses de santé qui s'annonce avec la population vieillissante, les mutuelles demandent une efficience du système de remboursement avec, par exemple, une lutte contre la sur-prescription et la redondance d'actes et examens ainsi qu'une lutte contre la fraude sociale. Elles insistent également sur un investissement plus important dans la prévention.
Mais avec la hausse de ces cotisations, une autre question refait surface : la gestion de ces complémentaires santé. En janvier, l'UFC-Que Choisir avait alerté les consommateurs sur des frais de gestion trop mal maîtrisés, compris entre 10% et 28% selon les complémentaires, qui redistribuent ensuite le reste de leurs gains aux assurés.
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« C'est une méconnaissance totale et une stigmatisation », tempête Stéphane Junique, Président du groupe mutualiste VYV. « Les frais de gestion servent en grande partie à des actions de prévention et dans le réseau d'agences de proximité ». En comparaison, la Sécurité sociale aurait 4% de frais de gestion, indique l'association de consommateurs.