Le gouvernement serre à nouveau la ceinture de la Sécu, exigeant 3,8 milliards d'économies en 2019

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(Crédits : Reuters)
Après l'effort de 4,2 milliards d'économies demandé à la Sécu en 2018, le gouvernement impose à l'Assurance maladie un nouvel effort d'austérité chiffré à 3,8 milliards d'euros en 2019 pour respecter les objectifs budgétaires. Mais le régime général de la Sécurité sociale est sur le point d'afficher son premier excédent, ce qui n'est pas arrivé depuis 17 ans, et le gouvernement ne veut pas lâcher de lest.

Malgré l'annonce de quelques coups de pouce comme l'aide à la garde d'enfants handicapés (revalorisée de 30%, soit un coût de 300.000 euros en 2019), ou la création d'un "forfait d'intervention précoce", mesure phare dans la lutte contre l'autisme (20 millions d'euros sur 2019), le gouvernement va effectuer un gros coup de rabot sur le budget de Sécurité sociale.

L'Assurance maladie devra réaliser 3,8 milliards d'euros d'économies en 2019 pour respecter les objectifs budgétaires du gouvernement, un montant un peu moins important que l'effort de 4,2 milliards d'euros demandé en 2018, selon un avis du Haut Conseil des finances publiques (HCFP) publié lundi.

En 2017, 4,05 milliards d'euros d'économies avaient été exigés du secteur de la santé, après 3,4 milliards en 2016, rappelle le Haut conseil des finances publiques (HCFP), organe indépendant (placé auprès de la Cour des comptes) chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires du gouvernement, qui présentera mardi son projet de budget pour la Sécurité sociale.

Freiner l'augmentation "naturelle" des dépenses

Celui-ci fixe l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam), qui sert à freiner leur augmentation "naturelle". Pour 2019, le gouvernement a décidé de le relever de 2,3% à 2,5% afin de financer sa réforme du système de santé, soit une rallonge de 400 millions d'euros.

Sans mesures d'économies, les dépenses de santé augmenteraient plutôt de 4,5%, une évolution tendancielle semblable à celle de 2018 et encore plus dynamique qu'en 2017 (4,3%), selon le HCFP. Le vieillissement de la population et l'augmentation des maladies chroniques contribuent depuis plusieurs années au dynamisme des dépenses.

S'y ajoutent, en 2019, "l'effet des conventions récentes avec les professionnels de santé" et l'application de nouveaux tarifs, la "poursuite de la mise en oeuvre" du plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires dans les hôpitaux et l'arrivée "de plusieurs médicaments innovants", note le HCFP.

Le déficit déjà divisé par 10 en 2018 par rapport à 2017

L'Assurance-maladie a déjà indiqué fin juin qu'elle visait 2 milliards d'euros d'économies en 2019 (hors négociations sur les prix des produits de santé avec les industriels), en réduisant les durées d'hospitalisation, en luttant contre la fraude et en misant sur la pertinence des soins (prescriptions de transports, de médicaments, etc).

Selon les dernières prévisions (en juin) de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, le déficit de l'Assurance-maladie sera divisé par dix en 2018 par rapport à 2017, à environ 500 millions d'euros, un chiffre proche des dernières prévisions mais en nette amélioration comparé aux 2,2 milliards initialement visés par le gouvernement, selon une synthèse de la Commission des comptes consultée lundi par l'AFP..

La même commission prévoyait en juin un déficit cumulé de 300 millions d'euros pour le régime général et le fonds de solidarité vieillesse (FSV), loin des objectifs du budget de la Sécu pour 2018. La baisse est encore plus soutenue au regard du déficit enregistré en 2017, à 5,1 milliards. Des résultats directement liés au rebond inattendu de la croissance et de l'emploi l'an dernier.

"Sans mesures nouvelles", le déficit de la Sécu replongerait à 3 milliards

D'après la même source, le régime général de la Sécurité sociale affichera son premier excédent depuis 17 ans, à 2,5 milliards d'euros.

Les trois autres branches (vieillesse, famille, accidents du travail) seront bénéficiaires, seule l'Assurance maladie restant dans le rouge, à hauteur de 900 millions.

Le fonds de solidarité vieillesse (qui verse les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse) affichera un déficit de 2,1 milliards.

Le déficit global pourrait toutefois être alourdi à 1 milliard d'euros en raison d'un crédit d'impôt non compensé par l'Etat en 2017, la Commission des comptes considérant qu'"il y a tout lieu de penser que tel sera également le cas en 2018".

Pour 2019, "sans mesures nouvelles", le déficit de la sécurité Sociale replongerait à 3 milliards d'euros.

(Avec AFP)

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a écrit le 26/09/2018 à 15:34 :
Replongeon en déficit en 2019, malgré la nouvelle recette MAGIQUE 5.2 Milliards : Désindexation A PERPETUITE des retraites : donc BAISSE de -25% entre 2018 et 2028. Et attaque de nos générations : Loi retraite juin 2019 pour sévir dans 6 ans ( fin des 25 meilleures années ) et valeur de point non indexée donc condamnée à rien du tout.
a écrit le 26/09/2018 à 12:07 :
Il reste peut-être encore un peu d'argent aux retraités pour combler le trou de la sécu.
Allez Monsieur Le Maire, après la CSG , la désindexation des pensions, la remise en cause des pensions de réversion, pourquoi se gêner , il faut continuer à pressurer ces nantis qui ont en moyenne 1500 e par mois tous régimes confondus.
a écrit le 25/09/2018 à 22:28 :
Chouette! Le gouvernement (puisqu'il gère tout avec les résultats que l'on sait) va pouvoir baisser le coût du travail en baissant les cotisations et donc revaloriser les salaires nets; même les retraités en profiteront! Je crains, hélas, que ce retour au paradis des trente glorieuses ne soit qu'un rêve. Gros soupir.
a écrit le 25/09/2018 à 16:22 :
avec +1.7% de csg et la non revalorisation des pensions les retraités font économiser 1.8 milliards d euros au budget de la sécurité sociale.
choix politique dont on verra aux prochaines élections l impact !
Réponse de le 25/09/2018 à 20:50 :
On demande aux politiques de prendre le bonnes solutions et non de penser aux prochaines élections. Les politiques doivent gérer et non brosser sans arrêt les électeurs dans le sens du poil. C'est ce qui s'est fait pendant ces dernières 40 années. Résultat: 2000 Milliards de dette qu'aujourd'hui personne refuse de payer. Les impôts excessifs d'aujourd'hui sont les conséquences des dettes d'hier résultats du slogan "on ne touche pas aux avantages acquis". Beaucoup de ces personnes d'hier, aujourd'hui retraitées ont laissé cette énorme dette dont elles refusent d'en être comptables.Je préfère mentionner que je suis moi même retraité.Il faut enfin commencer à remettre ce pays sur les rails et guérir cette addiction infernale à la dette.
a écrit le 25/09/2018 à 15:51 :
Quelle satisfaction d'avoir un excédent sur les cadavres des morts par délaissement médical...

Il faut 4 milliards pour la sécu?

On rétablit l'ISF, ceux qui la payaient ne risquaient pas la septicémie pour cause de dents gâtées, ou des cancers pris trop tard pour être guéris, ou des maladies devenues chroniques fautes de soins.
a écrit le 25/09/2018 à 13:02 :
A commencer par les émirs milliardaires et leurs familles ne payant pas un centime dans nos hôpitaux … oh pardon ce sont des clients Airbus, en gros ça rapporte à Airbus.
Réponse de le 25/09/2018 à 22:48 :
1 Quelles sont vos sources ? Merci de donner des chiffres précis à vos allégations.
2. On parle de plusieurs milliard, ça en fait des actes de soins si jamais c’était vrai !
3. Quelques fois, il faut donner pour récolter et c'est la que les politiques et financiers de Bercy doivent jouer leur rôle: si ce que vous dites est vrai, alors si le bilan pour la France est positif, il faut le faire, je rappelle que lors qu’Airbus ou Dassault vendent alors les ingénieurs, les ouvriers, les peintres, les restaurateurs, les médecins, les épiciers, les constructeurs immobiliers,... bref toutes ces personnes y gagnent en plus des actionnaires et l'état par le jeu des taxes qui nous aideront à payer nos écoles, routes et hôpitaux... !

Cela peut apporter également un intérêt stratégique pour la France comme la possibilité de faire accoster et ravitailler un bâtiment militaire français dans le golfe ou faire passer une action durant un vote du conseil de sécurité.
En conclusion, les choses ne sont pas aussi simple qu'elles paraissent.
Réponse de le 26/09/2018 à 9:34 :
Les chiffres précis ne sont pas disponibles car par définition cela n'est pas facturé aux hôtes concernés, en tout cas ils bénéficient d'accès prioritaires aux soins et des meilleurs conditions...sans carte vitale.
Les sources sont tous les personnels de chu dont leur budget est grevé régulièrement, budget serré qui n'est pas adapté à la géopolitique, ils demandent ces prises en charge par d'autres fonds publics ou privés.
a écrit le 25/09/2018 à 12:51 :
À la fois, l'exécutif demande à la sécu d'assurer de nouvelles dépenses (ex : Congé mat des ETI, etc), mais aussi impose qu'à partir de 2019 les nouvelles exos de cotisations ne soient plus compensées intégralement à la Sécurité sociale.
Exemple : la suppression du forfait social de 20% sur l'intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés ne sera pas du tout compensée. C'est donc une mesure en faveur des entreprises et au détriment de la Secu, notre filet de sécurité, chiffrée à 500 millions par an pour lesquels il n'y aura aucune compensation. Donc point d'argent pour payer nos retraites, nos malades, etc.
Source de cette info : ministère des comptes publics.
La politique Macron : on exonère les entreprises des cotisations, on ne compense pas, et on culpabilise le citoyen en lui faisant croire que c'est sa faute, qu'il dépense trop, qu'il est trop souvent malade, qu'il coûte trop cher, et qu'il devra en conséquence supporter encore d'autres impôts, CSG ou autres prélèvements histoire de le ruiner.
a écrit le 25/09/2018 à 12:33 :
Comment peut on laisser croître les dépenses de la sécu de 4,5% alors que le PIB lui ne crôit de 1,7% sauf à augmenter les cotisations? Diminuer les dépenses est donc une évidence.
Réponse de le 25/09/2018 à 15:40 :
L'inflation en 2017 a été de 2.3%, elle est bien partie pour dépasser 3% en 2018.

Ensuite la population française s'est accrue de +/- 150 000 personnes et la proportion des 65 ans et + a augmenté.

Pourquoi voudriez vous que les besoins de santé de la population s'alignent sur le PIB?
a écrit le 25/09/2018 à 10:32 :
Une excellente idée.
Réponse de le 25/09/2018 à 12:55 :
Les caisses de sécurité sociale, malgré de nouvelles charges, vont rendre encore 12 000 postes cette année. Cherchez d'autres ministères plus "planqués" à écrémer.
Réponse de le 25/09/2018 à 15:44 :
+1

D’autant plus que la sécurité sociale à déjà un coût de fonctionnement extrêmement bas, de l'ordre de 5%.

C'est probablement un record, sachant que même les assurances privées les mieux gérées n'arrivent pas à descendre sous les 15% de coûts de fonctionnement.
a écrit le 25/09/2018 à 10:16 :
La Commission européenne s’intéresse bien sûr à notre Sécurité sociale,quatrième page des recommandations bruxelloises de mai 2016.

"Il n'est pas possible de réaliser d'importantes économies à court terme sans ralentir considerablement la croissance des dépenses de sécurité sociale".

https://ec.europa.eu/info/business-economy-euro/economic-and-fiscal-policy-coordination/eu-economic-governance-monitoring-prevention-correction/european-semester_en
a écrit le 25/09/2018 à 9:35 :
"La croissance du 2e trimestre confirmée à 0,2%" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1M10NR/la-croissance-du-2e-trimestre-confirmee-a-0-2.html

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