La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a confirmé ce mercredi sur TF1 des informations de presse évoquant 32 milliards d'économies et 21 milliards de hausses de recettes.
[Article publié le mercredi 15 janvier 2025 à 9h23, mis à jour à 11h58] Le budget 2025 prévoira « un effort historique » de « plus de 30 milliards d'euros » d'économies, a annoncé ce mercredi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. « Nous allons faire un effort historique de baisse des dépenses publiques : plus de 30 milliards », a-t-elle déclaré sur TF1, soulignant l'exactitude d'informations de presse évoquant 32 milliards d'économies et 21 milliards de hausses de recettes, soit plus de 50 milliards au total.
Début janvier, le ministre de l'Economie, Eric Lombard, avait justement indiqué viser un effort budgétaire de 50 milliards d'euros en 2025, qui s'appuierait principalement sur des économies plutôt que des hausses d'impôts.
Si François Bayrou a promis, des « économies importantes » pour réduire le lourd « surendettement » de la France, le Premier ministre est resté très flou, durant son discours de politique générale, sur les contours des économies souhaitées comme sur les impôts qui toucheraient grosses entreprises et riches particuliers. Il a simplement estimé que les entreprises devaient être « prémunies contre des augmentations exponentielles d'impôts et de charges ».
Taxe sur le patrimoine
Concernant la fiscalité, Amélie de Montchalin a indiqué travailler à « un mécanisme anti-optimisation » pour que la somme acquittée par « ceux qui doivent payer l'impôt sur le revenu, le PFU, l'IFI, la contribution exceptionnelle sur le revenu (...) correspond(e) bien à un minimum ». Cette mesure doit rapporter 2 milliards, a-t-elle précisé. Interrogée sur l'idée d'une taxe de 0,5% sur le patrimoine des particuliers les plus fortunés, elle a répondu que ce serait le « point de départ de notre discussion » mais qu' « il faut bien s'assurer que ça va bien marcher ».
La ministre a en outre voulu rassurer : il n'y aura pas d'augmentation d'impôts « pour les classes moyennes et les classes populaires ». Ni de relèvement d'une taxe sur l'électricité au-delà du niveau prévu actuellement, comme l'avait envisagé l'ancien gouvernement avant d'y renoncer sous la pression du Rassemblement national (RN).
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Enfin, Amélie de Montchalin a précisé qu'un effort de 5% serait demandé sur la dépense des quelque 1.000 agences publiques, trop nombreuses selon elle. « C'est plus de 2 milliards d'euros d'économies » dès 2025, a-t-elle développé. « Et ensuite, chaque ministre, vous allez le voir au Sénat, chaque jour va annoncer dans son périmètre les agences qu'il va fusionner, les agences qu'il va supprimer », a-t-elle assuré.
Selon le gouvernement, les efforts budgétaires envisagés doivent permettre de ramener, en 2029, le déficit public au niveau du maximum de 3% toléré par l'UE. Devant une Assemblée nationale électrisée mardi, le Premier ministre a appelé la France à « adopter sans tarder » les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale, dont le pays est dépourvu en raison de la censure du gouvernement précédent en décembre. « Cette précarité budgétaire, nous la payons tous au prix fort », a-t-il lancé, alors que la France a déjà vu sa note dégradée par l'agence de notation Moody's la nuit suivant sa nomination comme Premier ministre, le 13 décembre.
Cancre de la zone euro, avec le troisième ratio d'endettement le plus élevé derrière la Grèce et l'Italie, la France vise désormais un déficit public de 5,4% du PIB en 2025 (contre 5% pour le précédent gouvernement).