Chômage à 7% : le pari de Macron s'éloigne de plus en plus
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
CHRISTIAN HARTMANN
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
CHRISTIAN HARTMANN
La promesse présidentielle d'une baisse du chômage se complique sérieusement. Lors de sa campagne présidentielle, le candidat d'En Marche avait expliqué que le chômage devrait baisser en deça de la barre symbolique des 7%. Plus de trois ans après cette annonce, la conjoncture économique s'est sérieusement détériorée. L'onde de choc provoquée par la pandémie mondiale ne cesse de faire trembler l'économie tricolore. Si les derniers chiffres de l'Insee publiés ce jeudi 13 août indiquent une baisse en trompe l'oeil du chômage pendant le confinement, les autres indicateurs (sous-emploi, halo, taux d'emploi) révèlent les dégâts colossaux de cette maladie infectieuse sur le marché du travail.
Airbus, Renault, Air France... depuis le printemps, la liste des plans de licenciement et des restructurations ne cessent de s'allonger sur le territoire français. Si le chômage partiel et les prêts garantis par l'Etat (PGE) ont permis de limiter dans un premier temps la casse économique et sociale, les mesures de déconfinement et la moindre prise en charge du chômage partiel par l'Etat et l'Unedic ont plongé de nombreuses entreprises dans la torpeur. Selon un récent décompte de la direction de la recherche statistique du ministère du Travail (Dares), plus de 275 plans de sauvegarde de l'emploi ont été enregistrés par l'administration entre le premier mars et le 19 juillet. Ce qui entraînerait la suppression d'environ 43.000 postes. "C'est plus du double par rapport aux suppressions envisagées sur la même période en 2019", indiquent les statisticiens. Cette procédure ne concerne que les entreprises de plus de 50 salariés.
Il est encore difficile d'avoir une évaluation précise de l'ampleur des dégâts sur le marché du travail. Dans leur travaux, les statisticiens évoquent plus de 2.000 "petits licenciements collectifs" sur la période précitée. Là encore, la récession risque de frapper de plein fouet de nombreuses PME et TPE, des indépendants qui sont parfois dépendants de plus grands groupes. Pour ces catégories, la Dares ne fournit pas d'estimation du nombre de postes supprimés mais le recul durable de l'économie tricolore pourrait faire des ravages. Dans une récente note, les économistes de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estimaient qu'entre le 17 mars et le 5 juillet, plus de 650.000 postes avaient été détruits. De son côté, la Banque de France estime les destructions d'emplois pour 2020 à près de un million.