Chômage partiel : la crise n'a pas épargné les cadres
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Reuters/Gonzalo Fuentes
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Le chômage partiel a concerné toutes les catégories de travailleurs. C'est le bilan tiré d'une enquête menée par la direction statistique du ministère du Travail (Dares) rendue publique ce mardi 20 avril. Malgré la possibilité de faire du travail à distance, les cadres ont représenté plus de 21% des personnes en chômage partiel au cours de l'été 2020 alors que leur proportion dans la population salariée était d'environ 19% en 2019.
Avant cette pandémie, seuls 6% des salariés placés en chômage partiel étaient des cadres sur la période 2015-2019. "Les cadres sont tout autant bénéficiaires de l'activité partielle que les autres catégories socioprofessionnelles" a rappelé le président du comité de suivi et d'évaluation des aides Benoît Coeuré lors d'un point presse ce mardi matin consacré à la présentation d'un rapport intermédiaire. Globalement salué par la plupart des économistes, ce dispositif est monté en puissance rapidement en France, entraînant parfois des "effets d'aubaine" et des fraudes avérées. Sa vocation universelle peut sans surprise faciliter ce type de risque surtout au début de la crise où le délai d'acceptation implicite de la demande a été réduite de 15 jours à deux jours jusqu'au premier octobre 2020. Ce délai a par la suite été allongé pour éviter les escroqueries.
La note dévoilée par les experts du ministère du Travail n'apporte pas de facteurs d'explication précis sur cette montée en puissance de l'activité partielle chez les cadres. Il faut néanmoins rappeler que le poids des cadres dans la population active a pour la première fois en quarante ans dépassé celle des ouvriers au cours de l'année 2020.
Dans de récents travaux les statisticiens de l'Insee ont montré la proportion de cadres est passée de 7% à 20% depuis le début des années 80. A l'opposé, la part des ouvriers est passée de 30% à 19% sur la même période. "Au début des années 1980, les ouvriers étaient près de 4 fois plus nombreux que les cadres", avait complété l'Insee. Le délitement du tissu industriel avec les vagues de délocalisations et la transformation de l'économie française vers les services ont profondément bouleversé la composition de la population active.
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