Chômage : seulement 40% des inscrits à Pôle emploi sont indemnisés

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Mi-2019, 2,6 millions de demandeurs d'emploi étaient indemnisés par l'assurance chômage, soit seulement 40% des inscrits à Pôle emploi, avec une allocation moyenne mensuelle nette de 910 euros, selon une étude de l'Unédic publiée ce vendredi.
Mi-2019, 2,6 millions de demandeurs d'emploi étaient indemnisés par l'assurance chômage, soit seulement 40% des inscrits à Pôle emploi, avec une allocation moyenne mensuelle nette de 910 euros, selon une étude de l'Unédic publiée ce vendredi. (Crédits : Reuters)
Plus de la moitié des personnes inscrites à Pôle emploi ne sont pas indemnisées, selon une vaste enquête menée par l'Unedic. En moyenne, les chômeurs indemnisés qui ne travaillent pas du tout reçoivent une indemnité mensuelle de 1.040 euros.

Âge, genre, catégorie professionnelle, diplôme... dans sa dernière livraison rendue publique vendredi 9 octobre, l'Unedic dresse un vaste portrait des chômeurs indemnisés en France. Cette enquête, qui bat en brèche certaines idées reçues, révèle que sur les 6,4 millions de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en juin 2019, seulement 2,6 millions étaient indemnisés, soit 40% des effectifs.

Alors que l'économie française s'enfonce actuellement dans une récession importante, la situation de nombreux chômeurs pourraient s'aggraver dans les semaines à venir. Afin d'éviter l'hécatombe, le gouvernement discute actuellement des règles de l'assurance-chômage à appliquer avec les partenaires sociaux.

À l'été 2019, l'exécutif avait fait passer par décret sa réforme contestée de l'assurance-chômage qui prévoyait, entre autres, d'allonger la durée de cotisation pour pouvoir recevoir des indemnités. Face au marasme actuel, le gouvernement de Jean Castex a décidé de suspendre ces règles jusqu'au premier janvier prochain.

Parcours du combattant pour les jeunes, calvaire pour les seniors

Le premier enseignement de ce travail est que les jeunes de moins de 30 ans représentent 30% des effectifs indemnisés. Cette forte proportion peut s'expliquer en partie par une plus forte embauche des jeunes en contrat à durée limitée ou contrat de saisonnier, ce qui entraîne une ouverture des droits plus fréquente pour cette population, rappellent les auteurs. En outre, ce chiffre illustre la difficulté des jeunes pour s'insérer sur le monde du travail alors que le chômage frappe environ 21% des moins de 25 ans.

Viennent ensuite les personnes âgées de 30 à 39 ans qui représentent 26% du total. Pour les 40-49 ans, ce ratio descend à 10%.

"Le risque d'être au chômage baisse en effet avec l'âge et la fréquence d'accès à un CDI", rappelle l'étude.

Enfin, la part des seniors est relativement faible (10%). Ils sont bien plus souvent en CDI et moins au chômage que la moyenne. En revanche, ils rencontrent beaucoup d'obstacles pour retrouver un travail s'ils se retrouvent au chômage et sont plus longtemps indemnisés par l'assurance-chômage. Au final, l'âge moyen des personnes indemnisées est de 38 ans.

> Lire aussi : Chômage de longue durée : le calvaire des seniors

Les facteurs néfastes à l'employabilité

Par sexe, la balance est presque équilibrée entre les hommes (48%) et les femmes (52% en 2019, contre 48% en 2014). Enfin, les chômeurs indemnisés sont relativement diplômés. Ainsi, 50% des indemnisés sont titulaires d'un baccalauréat. 10% sont titulaires d'un bac+2 (DUT et BTS notamment) et 16% d'un diplôme de niveau bac+3 ou plus.

La grande majorité des personnes indemnisées (64%) avaient un parcours professionnel composé d'au moins un contrat long (CDI ou CDD de plus d'un an). En revanche, 20% des inscrits indemnisés n'ont pas de diplôme ou ont suivi une scolarité jusqu'à la classe de 3e. Pour ce dernier public, l'insertion professionnelle est souvent chaotique et l'éloignement prolongé du marché du travail peut avoir des répercussions néfastes à long terme sur l'employabilité de la personne.

Une majorité de ruptures de contrats

L'autre résultat éclairant du document est que la majorité (55%) des chômeurs qui peut prétendre à une indemnité s'inscrivent chez Pôle emploi à la suite d'une rupture de contrat. Si les crises mettent un coup de projecteur sur les licenciements, la grande majorité des chômeurs indemnisés connaissent des ruptures de contrat avant leur terme.

Ensuite, viennent (32%) ceux qui ont subi un licenciement ou une fin de période d'essai non renouvelée.

Quelque 20% ont connu une rupture de contrat d'un commun accord le plus souvent sous la forme d'une rupture conventionnelle (18%).

Enfin, les démissions qui ne peuvent pas donner lieu à des indemnités, hormis quelques exceptions, ne représentent qu'environ 3% des indemnisés.

Le reste des indemnisés (45%) s'inscrivent chez l'opérateur public à la suite d'une fin de contrat à durée limitée (CDD, intérim, intermittent du spectacle). Ce sont plus souvent les jeunes qui sont concernés par ce dernier motif. Chez les plus de 55 ans, il y a une forte représentation de licenciés.

910 euros par mois en moyenne (en dessous du seuil de pauvreté)

Les personnes qui touchent des indemnités au chômage sont loin d'être les mieux lotis. Selon l'enquête de l'Unedic, elles touchent en moyenne 910 euros sachant que le seuil de pauvreté est fixé à en France à environ 1.015 euros... Cette moyenne masque cependant de fortes disparités. Ainsi, ceux qui n'ont pas travaillé (69% des effectifs) touchent en moyenne 1.040 euros d'indemnités par mois quand ceux qui travaillent (31% des effectifs) reçoivent 610 euros d'indemnités. Ils touchent en moyenne 1.290 euros par mois si l'on prend en compte le salaire. Avec la récession et les centaines de milliers de destructions de postes, l'assurance-chômage devrait jouer un rôle majeur pour limiter la baisse de revenus des victimes de la crise sanitaire.

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