Climat des affaires : l'industrie et les services en repli

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Le climat des affaires a de nouveau fléchi en février en France, tout en restant à un niveau élevé dans tous les secteurs et bien au-dessus de sa moyenne de
longue période, selon les données publiées jeudi par l'Insee.
Le climat des affaires a de nouveau fléchi en février en France, tout en restant à un niveau élevé dans tous les secteurs et bien au-dessus de sa moyenne de longue période, selon les données publiées jeudi par l'Insee. (Crédits : © Felix Ausin Ordonez / Reuters)
L'optimisme des chefs d'entreprise recule depuis le début de l'année 2018, particulièrement dans les services et l'industrie. À l'inverse, le commerce traverse une période très favorable.

L'activité ralentit légèrement en ce début d'année. Selon le dernier communiqué de l'Insee publié ce jeudi 23 février, le climat des affaires continue de reculer après avoir atteint des sommets en décembre dernier. L'indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité, perd deux points après un léger recul en janvier. À 109, il reste néanmoins bien au dessus de sa moyenne de long terme (100). La baisse de février a touché tous les secteurs, à l'exception du commerce de détail, dont l'indicateur est resté stable à 114. Pour Alex Gill, économiste chez IHS Markit, "la croissance ralentit en février dans le secteur privé français, les taux d'expansion de l'activité globale et des nouvelles affaires se repliant en effet chacun à un plus bas de quatre mois."

Repli dans l'industrie et les services

Les chefs d'entreprises dans l'industrie se montrent moins optimistes qu'en janvier dernier. Les soldes d'opinion des industriels sur leur production passée et sur leurs perspectives personnelles de production se replient en février. Ils sont également moins confiants sur les projections générales d'activité de production du secteur. L'indicateur de l'industrie manufacturière a perdu deux points à 112, son niveau de janvier ayant été révisé en hausse d'un point à 114, son niveau le plus haut depuis fin 2000. Les économistes interrogés par Reuters l'attendaient en moyenne à 113.

Du côté des services, les chefs d'entreprise interrogés ce mois-ci signalent que le climat des affaires est moins favorable que le mois précédent. L'indicateur qui le synthétise perd trois points après un premier recul de deux points le mois dernier. À 106, il reste cependant bien au-dessus de sa moyenne de long terme (100). Si la confiance des patrons dans le secteur des transports routiers de marchandises poursuit sa hausse, elle ralentit nettement (-3 points) dans le secteur de l'information-communication, ou dans le domaine des services administratifs et de soutien.

Une conjoncture favorable pour le commerce

À l'opposé, la conjoncture est plus favorable dans le commerce de détail et la réparation automobile. Les entrepreneurs ont indiqué que leur confiance était stable. L'indicateur qui synthétise le climat des affaires se maintient, à 114. Il reste largement supérieur à sa moyenne de longue période (100), qu'il atteint ou dépasse depuis février 2015.

Dans l'ensemble du commerce de détail, les chefs d'entreprise sont moins nombreux que le mois dernier à anticiper une hausse de leurs commandes, mais quasiment aussi nombreux à prévoir une hausse de leurs ventes. Dans le secteur automobile, que ce soit pour la vente et la réparation, le climat des affaires gagne deux points. À 120, il atteint son plus haut niveau depuis le début de l'enquête dans ce secteur (2003), très au-dessus de sa moyenne de long terme (100).

L'emploi se stabilise

Sur la majeure partie du mois de février, le climat de l'emploi est stable. L'indicateur s'élève à 109 pour le troisième mois consécutif, "bien au dessus de sa moyenne de 100 et au plus haut depuis août 2011." Ce phénomène est également souligné par la cabinet Markit qui explique que "contrairement aux tendances observées pour l'activité et les nouvelles affaires, la croissance de l'emploi s'accélère en janvier".

"Le taux de création de postes affiche ainsi un niveau très proche du pic de 16 ans et demi enregistré en novembre, soutenu par la 2ème plus forte hausse d'effectifs depuis le milieu de l'année 2001 dans le secteur des services."

L'économiste Alex Gilles se montre optimiste pour les perspectives d'emploi alors que l'Insee vient d'annoncer que le taux de chômage était repassé en deçà des 9% au dernier trimestre 2017.

"Malgré la modération de la hausse de la demande clients, les entreprises du secteur privé français renforcent leurs effectifs à un rythme plus soutenu qu'en janvier, une nouvelle augmentation marquée du volume du travail en attente indiquant par ailleurs que la croissance de l'emploi devrait se poursuivre dans les prochains mois."

Bien que le chômage baisse régulièrement depuis plusieurs semestres, il reste  supérieur à ceux recensés dans les pays de la zone euro. Pour le gouvernement français, il ne reste plus qu'à espérer que cette baisse soit durable.

> Lire aussi : Chômage : l'écart entre la France et la zone euro persiste

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Commentaires
a écrit le 22/02/2018 à 19:58 :
La vraie question est où se situe le niveau réel du plein emploi en France... selon toute vraisemblance il devrait se situer entre 8,5% et 9%... alors, à 9,2% on s'y approche en 2018. Et, quoi qu'il arrive, la croissance Française devrait s'étouffer à ce moment là.

Le pouvoir d'achat des Français se situe au niveau de la capacité à chaque individu de faire des choix de consommation, c'est-à-dire moins de chauffage, moins de bouffe sur la table, moins de carburant pour la bagnole et plus pour les vacances, le téléphone, les enfants et Internet.
a écrit le 22/02/2018 à 18:37 :
Jean qui rit et Jean qui pleure...😎
a écrit le 22/02/2018 à 15:49 :
Le (tout petit) gain de pouvoir d'achat des ménages lié à la croissance et au frémissement du chômage a été totalement vampirisé par le matraquage fiscal et une politique d'austérité hors de propos. A moyen terme, ça veut dire des carnets de commandes en berne.

Il me semble que si Macron avait seulement reconduit la politique de Hollande sans faire de la surenchère neolibérale, on serait facilement passé sous les 3% de déficit, le chômage serait clairement en baisse et le gouvernement commencerait à retrouver des marges de manœuvre pour faire des réformes sociales, ce que Hollande espérait pour 2014-2015.

Ce n'est pas un appel tardif à voter Hollande mais à constater que le président normal avait ses bons cotés. Considérant les conditions économiques et financières sans aucune marge dans lesquelles il a commencé son quinquennat.
Réponse de le 22/02/2018 à 17:14 :
Oui bien sûr ! Et la marmotte elle le chocolat dans le papier !

Pourquoi pas Jean Jaurès ou Mitterrand !

Mais encore faut il comprendre quelque chose en économie et avoir crée quelques richesses pour le pays et l'avenir de nos enfants.

Sans création de valeur pas d'avenir. Ca sent l'aigri économique qui ne prend aucun risque

Bref dépassé

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