Colère agricole : « Les engagements pris seront tenus », assure Annie Genevard
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La ministre de l'Agriculture a tenté de calmer les esprits. Les engagements pris après le dernier mouvement de colère du monde agricole seront tenus, a assuré ainsi Annie Genevard.
La ministre a toutefois appelé à éviter « la violence », qui « est toujours une impasse », et assuré que sa porte était « ouverte ».
Parmi ces engagements, le projet de loi d'orientation agricole. Le cheminement parlementaire a été interrompu par la dissolution de l'Assemblée nationale. Le texte « reprendra son parcours au Sénat avant fin de l'année ». « L'examen commencera en décembre, dès que le Sénat me donne un créneau », a-t-elle assuré.
La réforme des retraites agricoles, qui seront basées sur les 25 meilleures années des intéressés, « sera mise en œuvre au 1er janvier 2026 », a-t-elle ajouté, pour apaiser les craintes autour d'un délai supplémentaire. Sur les contrôles, que les agriculteurs jugent trop nombreux, « on est en train de finaliser un dispositif qui répondra à leurs attentes », a-t-elle dit, sans précisions.
La FNSEA, premier syndicat agricole, a annoncé mardi une nouvelle mobilisation nationale à partir du 15 novembre. « On n'est pas là (...) pour embêter les Français, on n'a pas du tout envie de faire en sorte que le quotidien des Français qu'on nourrit, et qu'on est fiers de nourrir, soit un enfer. En revanche, on veut attirer l'attention de tout le monde », a affirmé sur RTL mercredi son président Arnaud Rousseau.
La veille, l'alliance syndicale majoritaire, FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) avait annoncé « une action nationale (...) à partir de la mi-novembre ».
De quoi laisser planer au-dessus du pays le spectre des manifestations de l'hiver dernier, qui avaient entraîné des blocages partout en France. Ils avaient alors obtenu une moisson historique de 70 engagements de la part du précédent gouvernement. Notamment pour alléger les contraintes environnementales et la fiscalité. Le nouveau gouvernement de Michel Barnier se place pourtant sur la même ligne.
Les syndicats se défendent de pousser à la surenchère alors que se profilent leurs élections professionnelles fin janvier. « Le climat préalable à une élection professionnelle tend un peu les relations, d'abord entre les syndicats eux-mêmes, et ils ont à cœur de montrer qu'ils sont les meilleurs défenseurs de l'agriculture », a estimé mercredi la ministre de l'Agriculture, interrogée sur ce contexte.
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FNSEA et JA disent redouter plus que jamais la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay et Bolivie). L'ensemble des syndicats agricoles sont opposés à cet accord, accusé d'ouvrir la voie à davantage d'importations de denrées agricoles produites « dans des conditions qui ne sont pas les nôtres », selon les mots d'Arnaud Rousseau mercredi.
Le texte pointait du doigt une « absence de réciprocité concernant les conditions de production » de part et d'autre de l'océan Atlantique, appelant Emmanuel Macron et le Premier ministre Michel Barnier à « mettre définitivement fin » aux discussions.
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Mais si, la semaine dernière, le chef de l'Etat a une nouvelle fois répété qu'à ses yeux l'accord avec le Mercosur n'était pas acceptable « en l'état », d'autres pays, comme l'Allemagne, appellent à une conclusion rapide des négociations. De son côté, la ministre de l'Agriculture s'est dite « hostile » à ce projet : « Les conditions d'un accord avec le Mercosur ne sont pas remplies ».
(Avec AFP)
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