Covid-19 : les hôpitaux français se préparent à un tsunami sanitaire

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(Crédits : Reuters)
ENQUETE. En réorganisant ses services et en mobilisant encore plus de lits équipés, l’hôpital va devoir faire face au choc de l’afflux des cas sévères de coronavirus. Si les mesures de confinement décidées par le chef de l’État parviennent à casser la vague des contaminations, il pourra prendre en charge une majorité des cas qui dégénèrent en pneumonie aiguë. Mais si le tsunami Covid-19 ne ralentit pas, il va falloir arbitrer pour savoir qui sauver en priorité, comme on l'a vu en Italie.

« Nous sommes en guerre ». La phrase martelée six fois par Emmanuel Macron lundi 16 mars à 20h00 devant 35 millions de téléspectateurs, un record, a fait prendre conscience aux Français de l'ampleur de la crise sanitaire du Covid-19 et de ses dangers. Alors que le nombre de nouvelles contaminations explose (doublant tout les 2,5 jours), la France est l'un des pays où l'épidémie progresse le plus vite. Alors que les services de réanimation du Haut-Rhin sont déjà saturés, notre système de santé va-t-il pouvoir faire face au choc de l'épidémie, qui ne fait que commencer et va s'amplifier au cours des 15 prochains jours ?

Depuis les premières contaminations en France, l'hôpital se prépare au pire. Habitué aux urgences saturées en période de grippe ou de canicule, il sait réorganiser ses services pour récupérer des lits. Mais cette fois, la contamination est bien plus rapide qu'avec la grippe et la surcharge de travail donne déjà le tournis à des équipes fatiguées. Après le premier gros cluster du rassemblement évangélique de Mulhouse mi-février, la France est passée en quinze jours à l'heure de l'épidémie avec de nombreux cas graves à hospitaliser, dont pour les Covid+, de longues semaines en réanimation.

Apparu en Chine début décembre 2019, le Covid-19 est un virus de type Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Suivant les cas, les patients ne sentent rien, attrapent un rhume ou souffrent d'une grosse grippe. Mais chez environ 5 % d'entre eux, la maladie dégénère en pneumonie et nécessite une hospitalisation sous assistance respiratoire, pour éviter l'asphyxie. Lors des premières semaines d'épidémie en Chine (décembre 2019), seules les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques comme le diabète ou l'hypertension semblaient souffrir de ces complications. Une erreur de diagnostic qui a minimisé l'impression de dangerosité et retardé le confinement systématique. Mais la connaissance du virus s'est affinée et les services d'urgence européens reçoivent aussi des quadras et des quinquas dont certains ne souffrent d'aucune autre pathologie. Sur la dangerosité du virus, difficile d'établir des statistiques fiables, alors que les personnes qui se présentent à l'hôpital sont déjà sévèrement atteintes. Selon les dernières analyses, entre 2 % et 5 % des contaminés décéderaient du Covid-19, un chiffre élevé pour un virus qui circule bien plus facilement que la grippe : une personne infectée en contamine trois en moyenne, sans compter les "super-contaminateurs".

Ennemi public sanitaire

Depuis la déclaration d'Emmanuel Macron du jeudi 12 mars, la France prend la mesure de la dangerosité épidémique. Selon le président : « Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires (...) pour sauver des vies quoi qu'il en coûte. (...) Nous apprenons aussi de cette crise, parce que nos soignants sont formidables d'innovation et de mobilisation, et ce que nous sommes en train de faire, nous en tirerons toutes les leçons et sortirons avec un système de santé encore plus fort ». Dans tous les hôpitaux et cliniques, le Plan blanc a été déclenché, permettant ainsi aux directions de mobiliser tous les moyens en termes de matériels et de personnels, suivant les besoins : heures sup déplafonnées, soignants rappelés, retraités ou élèves en formation mobilisés (la fameuse Réserve sanitaire)... Dans les établissements, les opérations non urgentes ont été déprogrammées pour libérer les lits des blocs opératoires et des salles de réveil, qui sont équipés d'appareils d'assistance respiratoire.

Cette mobilisation devrait démultiplier ces capacités : de 5 300 places de réanimation habituellement en France à 10 000 voire 15 000 lits équipés. « Ils sont mobilisés pour l'épidémie tout en laissant un volume suffisant pour les autres urgences vitales, comme les accidents neurologiques et cardiologiques, ainsi que les accidents de la route, précise Cathy Le Gac, infirmière et co secrétaire générale du syndicat Sud Santé. Les cas de détresse respiratoire grave impliquent d'allonger les patients sur le ventre, ce qui rend toute intervention complexe. Alors que les services de réanimation comptent deux infirmières pour cinq places, il leur est compliqué d'accueillir plus de deux ou trois patients en grande détresse respiratoire ; ils doivent équilibrer la charge avec des cas moins compliqués. » Depuis quinze jours, l'hôpital français se prépare à cette catastrophe sanitaire et tous les soignants ont confirmé leur mobilisation.

Hélicoptères et hôpitaux de campagne

Pourtant, lundi 16 mars, les premiers échos de services saturés dans le Grand Est ont fortement ravivé l'inquiétude : est-on vraiment prêt ? A-t-on vraiment les capacités nécessaires ? L'idée de créer des hôpitaux de campagne comme en Chine a fait son chemin : le gouvernement vient d'annoncer que l'Armée déployait un hôpital de ce type en Alsace, avec 30 lits équipés de respirateurs et des médecins militaires spécialistes de la médecine de catastrophe. Dans le Haut-Rhin, des hélicoptères ont également commencé une noria mardi 17 mars pour emmener les malades en état moins critique vers les hôpitaux d'autres régions où il reste des places. Et pas question de faire preuve de prudence administrative alors que l'heure est à la guerre sanitaire. La réserve stratégique nationale d'équipements destinés aux menaces de risques nucléaire, radiologique, biologique et chimique pourrait même être sollicitée pour réquisitionner des respirateurs.

Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France, le sait bien : tout dépendra de l'ampleur et de la durée de la contamination. « Nos hôpitaux ont un très bon niveau d'équipements et de compétences médicales, soignantes et techniques, et une des meilleures capacités d'accueil en réanimation et soins intensifs, au regard de nos voisins européens. Notre réseau public de groupements hospitaliers de territoire bénéficie de sa diversité permettant de réorienter les patients afin de dégager des capacités dans les établissements les mieux équipés et sur les zones les plus contaminées. Suivant leur état, certains patients peuvent quitter les services de soins intensifs et les grands hôpitaux pour être transférés dans des centres hospitaliers intermédiaires, des petits établissements ou sur des soins de suite. Nous allons réellement entrer dans la phase épidémique dans les quinze jours qui viennent. Nous aurons besoin de lits et d'équipements, mais surtout de soignants ayant l'expérience des soins intensifs et de réanimation. »

Gestes barrière et grands moyens

Sur la prise en charge de l'épidémie, deux sujets reviennent inexorablement : la gestion de la contamination et les capacités de notre système de santé. Sur le premier point, tout l'hôpital a adopté les pratiques « maladies infectieuses ». Quand ils se présentent aux urgences avec une crainte de contamination, seuls les patients en état sévère sont admis (forte fièvre, douleurs articulaires et difficultés à respirer) et subissent un test de dépistage. Les autres sont orientés vers leur médecin traitant ou d'autres centres de soin. En cas de doute, ceux qui rentrent chez eux peuvent être équipés d'un service de télésurveillance comme le Covidom, une appli développée par la PME française Nouvéal et déployée dans les hôpitaux parisiens de Bichat et de La Pitié-Salpêtrière.

Après le test de dépistage dont les résultats tombent dans les 24h, deux circuits séparent les patients infectés par le coronavirus des autres. Les premiers sont orientés vers le service Covid-19 et, suivant leur état, ils seront placés en réanimation avec assistance respiratoire. En général, les cas sévères nécessiteront quinze jours en soins intensifs avant d'être stabilisés. L'organisation de l'hôpital a bien sûr adapté le fonctionnement de ces services « épidémie », les soignants y disposent d'équipements de protection, principalement des masques (dit bavettes) et du gel hydroalcoolique. Après plusieurs cas de vols le mois dernier, ces équipements sont désormais gardés sous clé, mais il semble que le stock nécessaire ait été largement sous estimé. Le président de la République a donc annoncé une réquisition auprès des fabricants et de nouvelles livraisons sous protection.

Casser la vague

Mais, comme les Français commencent à le comprendre, pour que l'hôpital puisse absorber la vague des contaminations Covid-19, il faut avant tout la briser. Car, si 5 % des patients infectés développent des symptômes de pneumonie aiguë et nécessitent quinze jours en soins intensifs, avec plus de 5 000 cas de contamination en France depuis le début, on est tout juste dans les clous. Pour le Pr Xavier Lescure, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Bichat-Claude Bernard (à Paris) : « Face à l'épidémie, la stratégie consiste à fractionner les contaminations afin d'accueillir les patients en état grave en nombre limité. La spécificité de notre pays est que l'épidémie démarre moins vite qu'en Chine et en Italie. Cela nous permet d'adapter le système avant d'être submergés, sauf dans les régions les plus touchées qui ont besoin de nouveaux moyens. En même temps, nous devons trouver le bon équilibre. Il ne faut pas que cette réorganisation de l'hôpital dure trop longtemps, au risque de déstabiliser notre système de santé pour longtemps. » Devant la crise sanitaire, les soignants et personnels hospitaliers feront face à tout prix. Certains notent cependant que la situation révèle les limites de notre nouvelle conception comptable des politiques de santé dénoncées depuis des mois par les médecins hospitaliers.

Depuis le début des années 2000, nos hôpitaux ont subi un régime sévère pour contenir leurs dépenses en constante progression. A force de coupes budgétaires et de réorganisations pour optimiser leur « productivité », on peut finir par manquer de places et d'infirmiers quand on en a urgemment besoin, comme on le constate aujourd'hui. Après des années de gestion des établissements au rythme des maladies chroniques aux besoins prévisibles, la médecine revient à l'heure de l'infection, toujours très inattendue. Voilà ce que souligne le Pr André Grimaldi, diabétologue à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière (à Paris) : « Depuis les années 2000, les autorités de santé se sont mises à envisager de gérer les hôpitaux comme des entreprises. Il ne fallait plus parler de « patient » mais de « client », on a adopté la gouvernance d'entreprise jusque dans la terminologie de « Conseil de surveillance » et de « Directoire ». Nous devions passer d'un « hôpital de stock à un hôpital de flux » tout en finançant les hôpitaux selon leur volume d'activité. On n'avait plus de lits vides et on comptait 400 postes d'infirmières non pourvus à l'AP-HP (Hôpitaux de Paris). N'oublions pas trop vite ce que cette épidémie révèle de l'état de notre politique de santé ! »

Mieux collaborer avec les médecins libéraux

Bien sûr, au-delà des hôpitaux, la France dispose de cliniques privées et de nombreux médecins libéraux. Les premières viennent de se voir mobilisées dans le cadre du Plan blanc, mais elles sont peu nombreuses à disposer de services de réanimation (90 % de ces lits sont à l'hôpital public). Pour les libéraux, les consignes évoluent rapidement. Après avoir demandé aux patients s'imaginant infectés sans gravité d'appeler systématiquement le 15, les autorités de santé les renvoient aujourd'hui vers leur médecin traitant.

Or depuis plus de cinquante ans, les libéraux et les hospitaliers ont bien du mal à se coordonner, ce qui améliorerait pourtant bien l'efficacité de notre système de santé. Certes, lorsqu'on leur demande de recevoir les patients suspectés d'infection légère au Covid-19, les libéraux veulent bien jouer le jeu. Mais ils manquent cruellement de masques de protection et n'ont aucune instruction claire sur le déroulement des parcours. « Nous aurions besoin d'améliorer la coordination entre la médecine de ville et l'hôpital pour monter en puissance, observe Alexandre Beau, Directeur adjoint d'Espace Social Européen (magazine spécialisé sur la protection sanitaire et sociale). Alors que l'hôpital dépend du ministère de la Santé et les médecins libéraux de l'Assurance maladie, ces deux univers ont du mal à partager une même vision de la Santé. Avec l'exploitation des données médicales, on finira par bien connaître ce que font les patients entre les consultations et les hospitalisations. Cela permettra aux autorités d'élaborer des parcours de soins pertinents et de rembourser le suivi médical des patients sur forfait. Ainsi, médecins de ville et hospitaliers travailleront ensemble autour du même parcours de soin, comme le font la Scandinavie et les Pays-Bas où médecine de ville et hôpital partagent les mêmes informations. » Et les libéraux pourront assister au mieux les hospitalier pour gérer ce type de catastrophe sanitaire.

Bonne ou mauvaise gestion de l'épidémie ?

Au delà de cette collaboration, certains remettent en cause les choix de la France en matière de gestion de l'épidémie. Aujourd'hui, pour limiter le nombre de contaminations, le gouvernement confine les Français, tout comme l'ont fait l'Italie et l'Espagne. Par contre, pour Boris Johnson, le Royaume Uni devrait miser sur l'immunité collective en laissant le virus circuler (voir encadré ci-dessous). En Asie, le confinement et les gestes barrière ont été plus précoces et plus stricts, comme le souligne Patrick Biecheler, associé en charge de la Practice Santé globale de Roland Berger. « Elles ont rapidement imposé le port du masque pour tous et la construction de nouveaux hôpitaux. Elles sont aussi plus coercitives avec le tracking des déplacements des individus à partir des mouvements enregistrés sur leur téléphone portable. C'est le cas en Chine où une app analyse les déplacements sur les 14 derniers jours, en croisant données GPS, paiements, voyages... Suivant leur localisation, elle définit si le porteur du mobile est plus ou moins à risque et lui attribue un code QR symbolisé par une couleur verte / orange / rouge. Ce code va ensuite autoriser ou limiter l'accès de la personne aux bâtiments officiels ou aux entreprises. » Au Japon, l'épidémie paraît très contenue : culturellement, on porte des masques à la moindre toux, on ne s'y embrasse pas, on ne se serre pas la main, et on multiplie les courbettes, ce qui freine la propagation du virus.

Alors que la Chine a passé le pic de l'épidémie et commence à lever certains confinements, l'Europe prend donc le relai et est devenu selon l'OMS l'épicentre de la pandémie. Si le nombre de contaminations françaises va encore grimper fortement pendant dix jours, nous devrions atteindre le pic de l'épidémie dans deux semaines en restant confinés. Les Français vont bien devoir accepter de restreindre leur liberté de mouvement, au risque d'offrir à l'épidémie une véritable « convivialité virale »...

Florence Pinaud

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LES CHIFFRES CLES DE l'HOPITAL

. Capacité hospitalières en France :
400.000 lits d'urgence
5.300 lits de réanimations
7.000 lits de soins intensifs.

. 90% des lits équipés d'appareils respiratoires sont des lits hospitaliers.
L'hôpital français dispose de deux fois plus de places avec six lits pour 100.000 habitants, contre trois en Italie et en Espagne.

. Bilan de l'épidémie (mercredi matin 18 mars)
France : 6.633 personnes infectées et 148 décès
Dans le monde : 167.369 personnes infectées et 6.503 décès

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Les changements de stratégie de Boris Johnson

Dans un premier temps, Boris Johnson a proposé de laisser le Covid-19 circuler au Royaume-Uni pour développer une « immunité collective ». Cette stratégie mise sur l'extinction progressive de nombreuses épidémies pour lesquelles on ne dispose pas de vaccin. Quand le virus n'est pas trop contagieux, cette extinction prend quelques mois, sans saturer les hôpitaux. Et elle évite un second pic d'épidémie.

Pour créer cette immunité collective, il faut des malades qui ont guéri. Entre la contamination et le rétablissement, leur système immunitaire a appris à reconnaître le nouveau Covid-19. Il a aussi développé des armes (des anticorps), pour l'éliminer dès qu'il le croise à nouveau. Ces anciens malades deviennent de véritable Covid-killers, exactement comme des personnes vaccinées. Tous les Covid-19 qui viennent sur eux meurent en quelques heures, sans aller plus loin. Du coup, ils sont de moins en moins nombreux en circulation et la contamination finit par s'arrêter.

C'est cependant une stratégie risquée. Comme le Covid-19 est très contagieux et que 5 % des personnes risquent de développer une forme sévère de la maladie, le Royaume Uni pourrait se trouver très vite face à des dizaines de milliers de cas graves, sans avoir les moyens de les prendre en charge.

Lundi 16 mars, Bojo a changé de registre : il a lancé une "forte recommandation" à ses concitoyens, les invitant à éviter tout "contact social", à favoriser le télétravail et à cesser de fréquenter pubs et théâtres. Pas sûr du tout que cela suffise pour endiguer le virus, comme on l'a vu en France depuis quinze jours. De son côté, la reine a été mise en confinement, hors de Londres, à Windsor. On ne sait jamais. N'en déplaise à son Premier ministre.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2020 à 12:12 :
La grippe espagnole c est un virus chinois le coronavirus c est un virus chinois les chinois virus 🦠
Réponse de le 19/03/2020 à 12:47 :
Plus proche de nous ,la grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong que tout le monde a oublié ,comme quoi était une pandémie de grippe qui a eu lieu dans le monde entier de l'été 1968 au printemps 1970 ,En août 1968, 500 000 personnes sont infectées à Hong-Kong. Elle a tué environ 1 million de personnes et a été causée par une souche réassortie H3N2 du virus H2N2 de la grippe A. L'origine du virus est probablement apparue en Asie centrale vers le mois de février 1968.Le virus fait alors près de 50 000 morts aux États-Unis en 3 mois, avant de se propager en Europe de l'Ouest en 1969. Après la pause de l'été 1969, l'épidémie de l'hiver (décembre 1969-janvier 1970) est très sévère en France avec environ 31.000 morts.
a écrit le 19/03/2020 à 10:07 :
sur le terrain c' est la cata on n"a pas les masques mon kiné n'a put venir il attend les masques mon infirmier fait avec son ancien stock comment avec ce que dit buzin macron n'a pas anticipé je suis furieux et j'ai vue ce spécialiste qui poussait un coup de gueule et qu'il faudra rendre des comptes sur le manque de réalisme de nos dirigeants on est en guerre et l’état ne donne pas les munitions (les masques) c'est incompréhensible
a écrit le 19/03/2020 à 10:06 :
Le groupe Saint Vincent qui gère plusieurs grosses cliniques dans l'Est de la France a annoncé avoir de nombreux lits de rea disponibles alors qu'on transporte des malades à l'autre bout de la France dans des hôpitaux militaires...

J'espère qu'il n'y a pas de guéguerres de religions entre public/privé en ce moment !
Réponse de le 19/03/2020 à 12:41 :
Le transport militaire, c'était un coup de com, rien d'autre.

Je confirme les propos du directeur à la presse , « Nous avons dix lits armés, avec des respirateurs, des anesthésistes-réanimateurs, des infirmières de réanimation. Ils sont prêts depuis vendredi mais ils sont vides car on ne nous a pas envoyé de malades, ce que je ne m'explique pas »...

On ne se l'explique pas non plus...

Cet hôpital a aussi 150 lits de médecine générale prêts à fonctionner et accueillir des malades moins touchés.

Il y a des claques qui se perdent.
a écrit le 19/03/2020 à 9:31 :
J'ai vu qu'au LIBAN ils arrosent les rues de produits antiseptiques, même si c'est une solution qui peut se comprendre pour les villes attention aux effets boomerang comme la destruction des bonnes bactéries qui elles aussi sont invisibles et luttent sans cesse contre les mauvaises en générales plus nombreuses mais plus g=fragiles elles se font tuer facilement par des produits chimiques renforçant d'autant les mauvaises.
Réponse de le 19/03/2020 à 10:36 :
Je n'ai encore vu aucune arroseuse dans ma région.

Par contre, il serait surement judicieux de nettoyer souvent (idéalement après chaque client) les barres de poussage des caddies de supermarché . Il suffirait d'installer un employé sur chaque lieu de collecte avec un chiffon de microfibre humecté d'eau chlorée.

Ces barres sont à portée de toux, et évidemment, de main et il y a des gosses installés dans le siège qui bavent partout. Sur du plastique, le virus peut survivre des heures.
Réponse de le 19/03/2020 à 16:04 :
Peut-être avez vous perdu l'odorat car dans les supermarchés avec tout ce qu'ils aspergent de désinfectant cela ne risque rien en contact direct, par contre nos défenses immunitaires elles...
a écrit le 19/03/2020 à 0:11 :
" Nos hôpitaux ont un très bon niveau d'équipements et de compétences médicales, soignantes et techniques, et une des meilleures capacités d'accueil en réanimation et soins intensifs, au regard de nos voisins européens"
Cette remarque plutôt flatteuse de Mme Pinaud à travers cette enquête, vient en totale contradiction avec l'article publié ce même jour par M Cabirol sur le nbre plutôt modeste de lits en soins intensifs dt dispose le parc hospitalier français: " 200000 lits pour 67 millions d'habitants ( soit 3/1000)...qui illustrent surtout les moyens assez modestes dt la France dispose pour mener la guerre contre le virus, ce qui la classe loin, très loin selon l'OCDE, d'un pays comme l'Allemagne à 6/1000hab".
Alors qui croire dans ce tout et son contraire ???
Pourtant, tt au long de cet article, on sent que la gestion de crise est plutôt synonyme de gestion de pénurie, par ex sur l'accueil des patients aux urgences: seuls ceux présentant des symptômes sévères sont admis et dépistés, les autres st renvoyés ds la nature avec tt le risque de propagation de la contamination que cela génère.
Autre ex: pour le circuit de traitement en soins intensifs, les soignants disposent d'équipements de protection, mais dt les stocks ont été largement sous estimés ( et la plupart de ces matériels viennent de Chine...)
Mais également: "nous allons réellement rentrer ds la phase épidémique et nous aurons... surtout besoin de soignants ayant de l'expérience ds les soins intensifs et de réanimation".
S'en suit un réquisitoire sur la politique de santé menée sur un plan strictement comptable depuis les années 2000 qui a organisé cette pénurie par souci d'économie.
Aussi, avec de telles contraintes en personnel, en matériel, avec en prime un déficit de coordination entre médecine de ville et médecine hospitalière, qd une crise de cette ampleur apparaît, on n'a pas les moyens de faire de la gestion, on limite simplement les dégâts et les additions restent salées ( 15000 décès en 2003, entre 5000 et 10000 décès à chaque épidémie de grippe ).
Bref, la sté française compte ses morts, prix à payer (consensuellement accepté) du coût d'une vie.
Réponse de le 19/03/2020 à 3:53 :
..mais mais mais, on nous rabache tout le temps que l'on est trop nombreux sur cette panète, alors un petit coup de balai sanitaire ça aide,non? Le problème est pour ceux qui restent et qui n'auront plus de travail pendant X temps.
Just saying....
Réponse de le 19/03/2020 à 9:48 :
Bonjour, comme vous le remarquerez avec les guillemets, la phrase "flatteuse" à laquelle vous faites référence est une citation de Mme Zaynab Riet de la Fédération hospitalière de France (FHF). On peut imaginer qu'elle cherche un peu à rassurer...
Pour le nombre de lits de réanimation, selon les comptages incluant ou non secteur privé et services mobiles (le Smur), le nombre de lits de réa passe de 3.000 à 5.300 lits. Là encore, le chiffre cité dans cet article est issu de la FHF qui additionne public + privé + Smur.
Les chiffres varient forcément suivant la manière dont on comptabilise tel ou tel équipement.
a écrit le 18/03/2020 à 22:32 :
Dans mon département on a la chance d'être plutôt bien équipés et malgré tout gardé de petits hôpitaux de campagne avec en général des médecins étrangers, 2 départements voisins sont des déserts médicaux, donc on a le risque de voir arriver plus de monde que le département a investi, ou bien que les villes ont sauvé, et n'étant pas loin de l'île de France on risque la submersion, quand à dire; vous n'avez quasiment pas de malades c'est parceque le pic c'est pour dans 8/15 jours, si la campagne a bien réagit et se calfeutre, ça ne les change pas ce sont des taiseux, la ville bien plus interlope n'a pas le comportement qu'il conviendrait, les entreprises sachant que des employés ont de leur familles des malades mais pas eux n'ont pas décidé de fermer.
a écrit le 18/03/2020 à 19:19 :
« Les politiques néolibérales se diffusent en France à l’hôpital depuis les années 1980, mais ce sont vraiment les années 2000-2010 qui marquent une intensification des modes de raisonnement économiques visant à gérer les hôpitaux publics comme des entreprises et à les aligner sur les standards de gestion du privé.

Elles ont contribué à un sous-financement de l’hôpital au regard de ses missions et des réponses nécessaires aux besoins de santé de la population, mais elles ont aussi détruit des organisations de travail fonctionnelles, des savoir-faire professionnels, et ont dégradé de manière dramatique les conditions de travail des personnels.

Les réformes successives de l’hôpital public et le manque de moyens organisé qu’elles ont généré ont cassé ce service public pourtant essentiel.

Cela impliquerait une profonde rupture idéologique avec les réformes néolibérales qu’il a menées jusqu’alors. Emmanuel Macron n’a fait montre d’aucune volonté d’extraire la santé des lois du marché et de protéger l’Etat-providence, bien au contraire. »Les Inrocks_

La destruction et la privatisation des services publics, notamment ceux de santé, ont une origine juridique :
Art. 106 du TFUE - traité sur le fonctionnement de l'Union européenne : les services publics sont soumis aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence.

Puisque les traités européens ne se modifient qu'à l'unanimité (Art. 48 du TUE), la seule, raisonnable et rationnelle solution pour se libérer de l'UE est le Frexit. L'UPR le propose et pourra dès lors mettre en œuvre son programme, notamment sur la santé en s' extrayant des GOPE ou feuille de route de Bruxelles et,

• Garantir le système de sécurité sociale pour tous
• Inscrire la sécurité sociale dans la constitution
• Arrêter les déremboursements de médicaments imposés par l’Union européenne
• Assurer un meilleur remboursement des frais de santé pour tous les français, notamment en ce qui concerne les soins oculaires et dentaires
• Revenir sur la liberté des prix pratiqués par les laboratoires pharmaceutiques
• Réévaluer les salaires du personnel des hôpitaux de l’Assistance publique
• Libérer la santé de la mainmise des acteurs privés
Réponse de le 18/03/2020 à 22:50 :
Ca ressemble aux revendications d'un syndicat de combat totalement dénuées de réalisme et de faisabilité lors d'une grève.
Et avec quoi vous allez financer tt ça ? Par un retour à une monnaie de singe ??
En moins de 6 mois, vous foutez la France par terre avec une baisse généralisée de PA de 50% et menace de guerre civile en prime.
Méfions nous des complications qui peuvent apparaître ds le traitement du coronavirus.
a écrit le 18/03/2020 à 16:54 :
Un commentaire très court. C'est excellent, Bravo. Pour le reste, il peut attendre, c'est à la fin que l'on fera les comptes (le pourquoi, le comment etc.).
a écrit le 18/03/2020 à 13:57 :
Et après un décès ?

Interrogé sur la possibilité de se rendre à un enterrement, Edouard Philippe l'a clairement déconseillé."Nous devons limiter les déplacements. Même dans ces circonstances, nous ne devons pas déroger à la règle. Je le dis avec une grande tristesse".
Réponse de le 18/03/2020 à 17:45 :
tous ces vieux qui partent c'est des retraites en moins à payer. Des bouches inutiles qui gagnent plus que les actifs, à rien foutre et coutent cher à la sécu...

On l'a bien écouté depuis les 3 ans qu'il sévit.
a écrit le 18/03/2020 à 13:48 :
Quelqu'un peut nous expliquer quand même le POURQUOI d'une si grande différence de méthode entre les pays d'Asie et d'Occident ? Alors que des pays comme la Chine ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour enrayer l'épidémie on constate en Europe que les gouvernements nous annoncent pépère que la majorité de la population va avoir le coronavirus !
Et que penser de cette distribution automatique d'argent public à destination d'une seule catégorie de population ? En gros le message c'est qu'il y a de l'argent mais que pour certains, les autres pouvant aller se faire cuire un œuf, si tant est qu'ils puissent se payer l’œuf.
Réponse de le 18/03/2020 à 18:21 :
au contraire, on sent les politiques occidentaux totalement tétanisés et hystériques à la possibilité qu'on ait des images de centaines de malades en détresse respiratoires, agonisant dans les couloirs des hôpitaux.

Les asiatiques n'ont pas le même rapport à la mort et les pouvoirs exécutifs sont beaucoup plus fort.
Les asiatiques ont été plus ou moins réactifs mais ils n'ont jamais totalement arrété l'économie de leurs pays.
Au plus fort de la crise il n'y a même pas eu 10% de la population sous confinement strict et les usines ont continué à fonctionner même à petit feu.

Dernier point, ces pays là ont eu l'expérience du SRAS et d'autre épidémies auparavant. Ils savent faire la part du feu.

Et je me permets de vous renvoyer au site de bfmtv qui donne à voir une série de courbes évoquant différents scénarios de réponse à la pandémie.
Et la seule conclusion à en tirer c'est qu'un confinement strict ne permettra en aucun cas d'éviter le tsunami mais seulement d'allonger considérablement la durée de la crise sans influencer notablement le nombre de victimes totales.
Or, plus la geurre durera, plus elle va détruite notre économie, notre république, notre modèle social et finalement notre démocratie.
Réponse de le 18/03/2020 à 19:15 :
@Pépère Pou r notre modèle social Macron qui ferme tout depuis plus de deux ans s' en est déjà bien occupé quand à notre démocratie Sarko et l' UE s 'en sont déjà largement chargé ....
a écrit le 18/03/2020 à 13:42 :
C'est fini. La chloroquine marche sur plus de 75% des cas (même Sanofi a du lâcher l'information ) donc plus de saturation, maintenant il va rester l'obligation stratégique car la machine est en route et ceux déjà très malade. Voilà la grande guerre est terminée.
Réponse de le 18/03/2020 à 18:57 :
Vous êtes bien optimiste.. C'est la théorie du docteur Didier Raoult. Or Didier Raoult qui disait fin janvier que les chinois étaient des hystériques pour rien que c etait rien ce virus que c etait même pas la grippe.même quand ça a commencé à dégénérer en italie il disait qu il y aurait plus de morts dans les accidents de trotinette. J ai tous les liens à disposition pour ceux que ça intéresse. ..
alors bon la crédibilité de ce monsieur qui trouve un medicament en 15 jours alors que y a encore un mois alors qu il se glorifiait de ne rien faire sur le sujet...
Crédibilité zero
Réponse de le 19/03/2020 à 0:57 :
Phenix, pourquoi vous complaire à dénigrer ou détruire toute solution ou démarche susceptible d'apporter une réponse à cette crise que personne jusqu'à présent n'a réellement maîtrisé ??
A notre niveau et au pt où nous en sommes, on se dde vraiment en quoi ça vous em...de que ce chercheur puisse avoir raison. Incompatibilité d'humeur, jalousie, vous êtes un ancien collaborateur ???
Mais voyez, par opportunisme pour en finir avec ce chaos, je préfère miser sur lui que sur vous.
En ts cas, ne vous en déplaise, Sanofi lance une production de grande ampleur de Plaquenil ce dérivé de la chloroquine pour une expérimentation à gde échelle.
Et tant pis, s'il s'en fout plein les fouilles : au moins cette fois ci, le lobby sera peut'être utile à la collectivité.
Car après tt, on n'a plus gd chose à perdre mis à part le chaos.
Réponse de le 19/03/2020 à 10:16 :
La chloroquinine a des résultats encourageants in vitro mais on n'a pas encore (pour le moment) réussi à concrétiser cette efficacité sur le vivant.

L'annonce du traitement est un poil prématurée et de mon point de vue on n'a pas le droit de jouer avec les sentiments des malades et de leurs familles.
a écrit le 18/03/2020 à 13:37 :
« Nous sommes en guerre ».


C'est mal barré ,si c'est comme en 40.
Réponse de le 18/03/2020 à 18:05 :
Il y a 2 possibilités soit ça va déclencher la 3 ème guerre mondiale ou bien un nouveau ordre mondiale , un nouveau système

Et ....Soupe populaire pour tous et toutes ...
Réponse de le 18/03/2020 à 19:36 :
La preuve, on est sévèrement restreints dans nos déplacements et il faut des ausweis pour circuler.
a écrit le 18/03/2020 à 13:02 :
c'est pas complique
les lits sont deja souvent occupes, y a plus de place
oyuvrir des lits ca sert pas a grand chose au dela du raisonnable, vu que le goulot d'etranglement, ca sera le manque de personnel forme ( et le personnel forme deja en place ne peut pas etre la 24/24)
bon va y avoir une vague, avec pas mal de deces surtout chez les +65
ca a deja commence dans certaines ephad de l'est, notamment sur mulhouse
disons que le gros pb c'est les gens qui ne respectent pas les regles et sortent comme si de rien n'etait
Réponse de le 18/03/2020 à 22:46 :
le problème c'est qu'on n'a pas en campagne la moindre notion du risque, on communique peu en fait, alors qu'en ville le bouche à oreilles fonctionne, untel est malade, les élèves de cette dame sont confinés, ce collège a été fermé, il y a eu un mort à tel endroit.
a écrit le 18/03/2020 à 12:47 :
C est un désastre dans le Grand Est, des Ehpad infectés lancent des SOS pour avoir des masques.......Honte à nos gouvernants!
Réponse de le 18/03/2020 à 18:23 :
La priorité c'est de filer des amendes démentielles dans leur montant, a ceux qui sortent leur chien sans Ausweis...

C'est la façon de macron de montrer qu'il contrôle les choses..

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