Crise énergétique : Recrea, leader de la gestion de piscines, refuse les fermetures

Contrairement à son concurrent Vert Marine, le groupe normand Recrea, leader français de la gestion d’équipements aquatiques et de loisirs, se refuse à fermer des piscines de sa propre initiative malgré l’explosion des prix de l'énergie. « Nous allons chercher des solutions au cas par cas », assure son président.
Vue de la future piscine olympique de Saint Denis dont l'exploitation a été confiée à Recrea
Vue de la future piscine olympique de Saint Denis dont l'exploitation a été confiée à Recrea (Crédits : VenhovenCS & Ateliers)

Tous les deux ont beau avoir leur siège en Normandie, ils nagent chacun dans leur ligne d'eau. Alors que son concurrent rouennais Vert Marine a défrayé la chronique en fermant sans sommation une trentaine des piscines qu'il exploite en délégation de service public, le groupe Recrea installé à Caen exclut pour l'heure cette solution radicale.

L'entreprise (2.000 salariés), qui gère une petite centaine de complexes aquatiques et de loisirs pour le compte de collectivités, n'en appréhende pas moins l'hiver qui s'annonce. Une période pendant laquelle les systèmes de chauffe des bassins tournent à plein régime. « La facture d'énergie d'un complexe de taille moyenne qui reçoit 150.000 nageurs par an va potentiellement bondir de 70.000 à 500.000 ou 600.000 euros », chiffre son président Gilles Sergent. Lequel admet cependant que la situation « varie énormément d'un endroit à l'autre ».

« Des moyens de se passer du gaz »

De fait, 40% des piscines exploitées par le groupe peuvent espérer passer l'orage sans trop de dégâts parce qu'alimentées par des installations géothermiques, des chaufferies bois, des réseaux de chaleur biomasse, des pompe à chaleur ou des panneaux photovoltaïques. « Il ne faut pas laisser croire que les collectivités n'ont rien fait. Depuis dix ans, elles sont nombreuses à avoir réfléchi aux moyens de se passer du gaz », insiste Gilles Sergent qui cite en exemple le nouveau centre aquatique de Maurepas (Yvelines). Inauguré il y a quelques jours, il devrait voir sa facture d'énergie divisée « par plus de deux » grâce notamment à une chaudière biomasse et des plafonds surbaissés.

Reste le cas des piscines plus anciennes, autrement plus énergivores. Pour tenter de trouver des parades, Recrea vient de réunir pendant trois jours l'ensemble de son personnel d'encadrement.

« Les collectivités attendent nos propositions. Nous avons donc identifié une trentaine de leviers actionnables à court terme ou à une échéance d'un an pour permettre une approche au cas par cas », explique son patron.

Changement des horaires d'ouverture en fonction des pointes de consommation, abaissement de la température de l'eau, fermetures provisoires de certains bassins extérieurs ludiques, régulation nocturne, installations de panneaux solaires sur les parkings... Toutes les solutions ont été passées au crible.

Quoi qu'il en soit, un certain nombre de collectivités n'échapperont pas à une révision des contrats qui les lient avec l'opérateur normand. « Une délégation de service public doit être équilibrée. Ce n'est pas à des délégataires comme nous, dont le niveau de rentabilité est de l'ordre de 2% voire négatif, de supporter l'évolution des coûts », insiste Gilles Sergent à toutes fins utiles. Dès lors quelle sera la réponse des élus ? Mystère. Malgré la promesse de Bruno Le Maire de débloquer un fonds de trois milliards d'euros pour les gros consommateurs d'électricité et de gaz, le président de Recrea dit voir des maires repousser la date d'ouverture de nouveaux équipements aquatiques, dans l'attente de jours meilleurs.

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Commentaires 2
à écrit le 10/09/2022 à 8:42
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Les piscines couvertes et chauffées sont des gouffres financiers pour un service rendu faible.

le 10/09/2022 à 10:55
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Si on les construisait près des data centers et des incinérateurs, qu'on utilisait la géothermie, qu'on récupérait la chaleur des égouts, leur chauffage ne couterait pratiquement rien. Le service rendu c'est maintenir le capital santé des utilisate...

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