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Les piscines publiques menacées par la crise énergétique

latribune.fr

Publié le 04 septembre 2022 à 12:26 - Mis à jour le 04 septembre 2022 à 22:40

Piscine

Photo d'illustration

CC0

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

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Pour faire face à l'explosion des coûts du gaz et de l'électricité, certaines collectivités décident de réduire les horaires d’ouverture de leurs bassins ou de diminuer leur chauffage depuis l’été. Et pour cause, ces infrastructures très gourmandes en énergie risque de devenir un véritable gouffre financier difficile à assumer après les lourdes pertes liées au Covid-19.

Faudra-t-il nager dans des piscines municipales moins chauffées pour diminuer leur facture énergétique et éviter de plomber les finances des collectivités ? Depuis cet été, force est de constater que certaines de ces infrastructures réduisent leurs plages horaires ou baissent le thermostat pour adoucir la note. Et pour cause, les 4.000 piscines publiques du pays restent majoritairement chauffées au gaz, dont le prix pourrait exploser cet hiver.

« Nous sommes devant un patrimoine vieillissant et gourmand en énergie », explique à l'AFP France Urbaine, association qui regroupe métropoles et grandes villes de France.

D'autant que les fermetures liées au Covid-19 ont déjà creusé les finances, avec une perte de 200.000 euros en moyenne par équipement, relève l'association. De fait, la mise en œuvre des mesures sanitaires a augmenté les charges d'exploitation des communes et des intercommunalités, et la limitation de l'accès au seul public prioritaire a réduit leurs recettes.

Alors pour contenir la note, les annonces se succèdent. A Échirolles (Isère), depuis début juillet, la température de l'eau est passé de 27 à 25 degrés à l'extérieur et de 27,5 à 26 à l'intérieur. Et pour cause, un degré en moins représente une économie de 7%, selon la ville. Dans l'agglomération de Montpellier, les piscines de Lansargues, Palavas-les-Flots, Mauguio et La Grande Motte devront quant à elles « fermer un jour par semaine » afin de « faire face à l'augmentation des prix de l'énergie », a fait savoir l'agglomération.

Selon un sondage interne réalisé par France Urbaine dans 108 territoires, 10% envisagent des fermetures totales ou partielles cet hiver. Mais il n'est pas encore prévu de douche froide après l'effort comme à Hanovre (Allemagne) dans les piscines, salles de sport et gymnases pour tous les usagers.

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Varier en fonction des saisons

A Paris, qui compte une quarantaine de bassins tout public et dix bassins écoles, « on veut tout faire pour éviter les fermetures », explique à l'AFP Pierre Rabadan maire adjoint au sport. Certaines piscines ont cependant fermé leurs portes pour cause de travaux de rénovation énergétique. Le but : réaliser de 30 à 35% d'économies d'énergie en filtrant mieux filtrer l'eau ou en remplaçant les éclairages. Mais dans d'autres collectivités, des projets de rénovation énergétique tombent à l'eau pour payer la facture d'énergie, alerte France Urbaine.

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Abaisser la température ? A Paris, Pierre Rabadan se montre frileux. Car là où des adultes peuvent supporter une eau plus fraîche, la question se pose pour les enfants ou les bébénageurs.

«On l'avait fait une fois et on avait fait machine arrière en raison des scolaires», explique-t-il.

Varier en fonction des saisons serait peut-être plus envisageable : « On est sur un trend unique 27 degrés point final, qu'il fasse deux degrés dehors ou 30 degrés, on peut peut-être aller plus finement », note-t-il. Si l'idée est de « tenir sans avoir à réduire les amplitudes horaires », tout dépend de la tournure que prendra la facture (qui n'est pas encore évaluée pour 2022 ) et la crise énergétique.

Pour Vincent Saulnier, secrétaire général de l'Association nationale des élus du sport (Andes), la question de la température et des fermetures sera étudiée dans le cadre des discussions sur le volet sport du plan de sobriété énergétique. Son association a aussi réclamé un report des obligations de vidange compte tenu de la sécheresse estivale.

"Plan Marshall" pour la rénovation énergétique

D'ailleurs, dans certaines villes des piscines vidées au début de l'été ne peuvent pas être remplies du fait de la restriction des usages de l'eau. C'est le cas dans la ville de Bourges (Cher) qui attend de pouvoir re-remplir ses deux piscines... Pour l'instant, le maire, Yann Galut, envisage de laisser la piscine de quartier, « peu fréquentée », ouverte seulement pour les scolaires et pendant les vacances d'été, a-t-il expliqué à l'AFP. Dans l'autre piscine, la température a déjà été baissé de 0,5 degré.

«On ne peut pas faire n'importe quoi avec nos piscines», explique-t-il compte tenu de l'importance de l'apprentissage de la natation. «Pour les habitants, lapiscineest un équipement essentiel», rappelle-t-il.

Au-delà de ces solutions à court terme, qui servent à la fois le portefeuille et l'environnement, il faut « un plan Marshall avec un milliard d'euros sur cinq ans pour la rénovation énergétique des équipements sportifs », plaide Vincent Saulnier.

Et attention, prévient Pierre Rabadan, également adjoint aux Jeux olympiques : « si pour dépenser moins d'énergie il faut faire moins de sport, je pense qu'on se trompe », alors que la sédentarité touche adultes et enfants.

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Les écoles britanniques se préparent à grelotter

Des élèves britanniques en gants et manteaux l'hiver prochain dans les classes? Face à des factures d'énergie qui explosent, la situation devient inextricable pour les écoles publiques du Royaume-Uni, acculées à des solutions radicales.

Une hausse "colossale" : Rachael Warwick, qui dirige un groupe de trois écoles dans le sud de l'Angleterre ne trouve pas d'autre mot. En temps normal, son budget pour le gaz et l'électricité atteint 250.000 livres (289.000 euros) par an. Mais la hausse galopante des prix de l'énergie depuis un an a fait passer la facture à 1,1 million de livres (1,27 million d'euros).

"Nous sommes à la recherche de 900.000 livres supplémentaires, non budgétées, c'est une énorme pression", s'inquiète-t-elle auprès de l'AFP.

Le Royaume-Uni est déjà frappé par une inflation qui dépasse les 10%, le niveau le plus élevé dans les pays du G7, et la situation menace de s'aggraver face aux nouvelles hausses prévues des prix de l'énergie. Alors que les ménages sont protégés par un plafond tarifaire imposé par les pouvoirs publics, qui doit toutefois augmenter de 80% en octobre, rien n'existe pour les entreprises et les établissements publics. Des pubs aux hôpitaux, la crise touche tous les secteurs.

Après deux rentrées scolaires plombées par la pandémie de Covid-19, les chefs d'établissements doivent désormais gérer cette nouvelle crise, avec des budgets fixés avant la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l'énergie.

"De ce que j'entends d'autres écoles, les prix vont au moins doubler ou tripler", s'inquiète Paul Gosling, directeur d'une école primaire à Exmouth (sud de l'Angleterre) et président du syndicat des directeurs d'établissements NAHT.

D'autant que les écoles doivent aussi financer, sans abondement supplémentaire de l'Etat, la hausse de 5% des salaires de leurs employés, annoncée cet été par le gouvernement. "Les livres coûtent plus cher, la nourriture coûte plus cher, tout est plus cher", insiste Steve Chalke, fondateur du groupe d'école Oasis qui compte 52 établissements.

Conséquence, partout, les directeurs d'écoles cherchent des moyens de faire des économies. "Ce sont des choix difficiles", regrette-t-il, évoquant la possibilité d'augmenter la taille des classes, d'annuler les voyages scolaires, ou de baisser le chauffage d'un ou deux degrés. "Certains suggèrent de passer à la semaine de 4 jours. De fermer l'école une journée. Mais nous ne pouvons pas faire ça (...) Sinon, comment les parents feront pour aller travailler?"

Un pull en plus

Rachael Warwick prévoit de réduire de "20 à 30%" la consommation d'énergie dans ses écoles, avec des mesures "évidentes". "Nous allons baisser le chauffage, éteindre les lumières. Nous allons demander aux élèves et aux personnels de se vêtir plus chaudement. Mais ce n'est pas du tout à la hauteur des économies que nous devons faire", pointe-t-elle.

Tous en appellent donc au futur Premier ministre qui sera désigné lundi. "Tous les services publics auraient besoin d'un prix plafond", comme les particuliers, réclame Paul Gosling. Il pointe, comme d'autres directeurs, des années d'austérité pour le financement de l'éducation.

"Si le gouvernement ne fait rien, les écoles vont chercher à équilibrer leur budget en coupant dans leurs dépenses", notamment en réduisant leurs effectifs, comme les assistants d'éducation. "Mais ce n'est pas une bonne chose car cela pénaliserait l'éducation que les enfants reçoivent", estime-t-il.

Au ministère de l'Education, on se dit "conscient des pressions inflationnistes auxquelles font face les écoles".

Le gouvernement a "augmenté ses financements de 4 milliards de livres cette année" et a également fourni aux écoles des recommandations sur les offres de fourniture d'énergie, rappelle-t-il dans une déclaration transmise à l'AFP.

Dans la campagne pour désigner le futur Premier ministre, les deux finalistes, Liz Truss et Rishi Sunak, ont promis d'aider les écoles face à ces coûts supplémentaires.

"Nous sommes dans cette situation parce que nous avons décidé de soutenir les Ukrainiens. En faisant cela, il y a bien sûr un prix à payer mais il n'y a pas de raison que ce soient les enfants qui le payent", lâche Steve Chalke.

(Avec AFP)

latribune.fr

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