Démographies municipales : les villes les plus attractives et celles en perte de vitesse

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Dans notre classement sur l’évolution démographique des grandes villes françaises de 2013 à 2017, Nantes, Montreuil et Toulon décrochent la palme des communes les plus attractives.

L'évolution démographique est un enjeu clé pour les maires et candidats aux élections municipales. La taille de la population détermine entre autres le montant de la dotation globale de fonctionnement (DGF), le nombre de conseillers municipaux et leurs rémunérations. Selon le dernier recensement de population (2017), la France comptait environ 67 millions d'habitants. Sur ce total, les villes de plus de 100.000 habitants représentent environ 15 % de la population française.

Une érosion perçue comme un mauvais signal

La croissance démographique annuelle des dix premières villes (1,1 %) se révèle
environ trois fois supérieure à la moyenne nationale (0,4 %). Derrière ces moyennes, de fortes disparités subsistent. Certaines communes connaissent des départs massifs de population au profit de la périphérie, des villes moyennes ou des zones rurales. Pour les élus locaux, cette érosion est souvent perçue comme un mauvais signal en termes d'attractivité et d'emplois.

Dans le classement que nous avons établi, les trois villes qui arrivent sur le podium sont Nantes, Montreuil et Toulon. Viennent ensuite Montpellier et Toulouse. La préfecture de Loire-Atlantique est la commune de plus de 100.000 habitants qui a connu la plus forte dynamique démographique (+ 5,7 %) entre le 1er janvier 2013 et le 1er janvier 2017 (dernière date disponible). La population municipale a ainsi gagné plus de 16.000 habitants en l'espace de quatre ans, soit plus de 4.000 habitants par an en moyenne. Dans le Grand Ouest, Rennes est la deuxième ville à se démarquer avec 5 400 habitants en plus, soit une hausse annuelle d'environ 0,6 % en moyenne. La capitale bretonne comptait ainsi plus de 216.000 habitants au 1er janvier 2017.

En région parisienne, trois communes tirent leur épingle du jeu. Il s'agit de Boulogne-Billancourt, Saint-Denis et Montreuil. Saint-Denis a ainsi gagné près de 5.500 habitants (+ 3,8 % ; 147 000 habitants). Boulogne-Billancourt, qui est la commune d'Île-de-France la plus peuplée après Paris, a attiré 3.200 habitants supplémentaires (+ 2,8 %). La population municipale s'établissait à 120.000 en 2017. Dans le Sud, Montpellier, Toulouse et Bordeaux ont vu leur population s'accroître de plus de 4 % sur la période. La capitale de la région Occitanie est celle qui a gagné le plus d'habitants (+ 21.000), soit plus de 5 000 nouveaux résidents chaque année.

Les plus fortes baisses à Mulhouse et à Limoges


À l'opposé, Mulhouse (- 2,3 %), Limoges (- 2,1 %) et Paris (- 1,9 %) sont les communes qui ont enregistré les plus fortes baisses démographiques en variation. Viennent ensuite Metz (- 1,8 %) et Caen (- 1,7 %). Le Havre a également perdu près de 2.000 habitants entre 2013 et 2017. La ville portuaire, anciennement dirigée par le Premier ministre Édouard Philippe, est passée de 172.000 à 170 000 habitants.

Toujours dans l'Ouest, Le Mans est également en perte de vitesse démographique
avec près de 1 300 habitants en moins en quatre ans. La capitale française perd, elle, en moyenne 10 000 habitants par an environ, soit une baisse de 0,5 %. Sur le plan géographique, cette chute profite parfois aux communes de la périphérie (Saint-Denis, Boulogne-Billancourt...) qui connaissent un boom démographique. Déjà en décembre 2018, une étude de l'Insee montrait que la ville perdait chaque année environ 11 000 habitants sur la période 2011-2016.

À Paris, davantage de départs que d'arrivées

Les années 2010 ont marqué une rupture avec la décennie précédente. En effet, les statisticiens expliquaient que la Ville lumière gagnait environ 13 000 habitants par an entre 2006 et 2011. Ce déclin démographique devrait se poursuivre au moins jusqu'en 2024, puis se redresser légèrement pour s'établir autour de 2,2 millions d'habitants selon de récentes projections de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur).

À Paris, l'excédent naturel (solde des naissances et des décès) a clairement diminué depuis 2010 avec près de 15 300 personnes supplémentaires en moyenne entre 2011 et 2015, contre 17 100 personnes par an entre 2006 et 2010. Le moindre dynamisme de la natalité explique en partie l'état de ce solde naturel. En parallèle, le déficit migratoire, c'est-à-dire la différence entre les départs et les arrivées, s'est dégradé.

Les auteurs de la note relèvent que les migrations résidentielles « contribuent à façonner la démographie parisienne avec des arrivées constantes de jeunes adultes, souvent venus à Paris pour poursuivre leurs études ou démarrer leur parcours professionnel et des départs de familles et de personnes aux âges de la retraite ».

La hausse des prix de l'immobilier a contribué à repousser à l'extérieur du périphérique des familles issues des classes moyennes qui n'arrivent plus à se loger lors de l'arrivée d'un enfant par exemple. À cela s'ajoute la montée en puissance des plateformes de locations touristiques qui sont encadrées dorénavant par un arsenal juridique et réglementaire renforcé.

Dans certains arrondissements, la proportion de logements inoccupés a augmenté de trois points depuis 2011. En valeur absolue, cette hausse correspond à environ 41 000 résidences principales en moins entre 2011 et 2016. D'après les prévisions de l'Apur, la population des quartiers centraux chuterait au profit des autres arrondissements, à l'exception du XVIe. Un défi de taille pour la prochaine
équipe municipale.

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Données de recensement des populations municipales relevées par l'Insee pour
les communes de plus de 100 000 habitants, entre le 1er janvier 2013 et le 1er janvier 2017.

tableau des villes

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Commentaires
a écrit le 17/03/2020 à 19:47 :
Lorsque vous parlez des chiffres de Saint-Denis, vous prenez par erreur ceux de Saint-Denis à la Réunion... Le Saint-Denis près de Paris a environ 111 000 habitants en 2017, contre 108 000 en 2012, soit une progression, certes. Mais elle n'a pas la même population de la capitale de la Réunion et ses 148 000 habitants (2017, et 145 000 en 2012). Enfin, Rennes a pratiquement 217 000 habitants en 2017.
;)
a écrit le 17/03/2020 à 14:27 :
...... logement , circulation , pollution , saleté .......Paris : fuyons !
Merci Hidalgo .......

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