Dérapage budgétaire : Gabriel Attal défend à son tour son bilan
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L'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, a ainsi assuré devant les sénateurs avoir pris des « décisions fortes » (photo d'illustration).
© LTD / JACQUES WITT/SIPA
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L'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, a ainsi assuré devant les sénateurs avoir pris des « décisions fortes » (photo d'illustration).
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Les auditions se poursuivent ce vendredi au Sénat, dans le cadre d'une mission d'information sur la dérive des comptes publics. L'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, a ainsi assuré devant les sénateurs avoir pris des « décisions fortes » quand il était à Matignon pour juguler le dérapage du budget.
« Je ne crois pas que dans le passé, sur un temps aussi court, un gouvernement ait identifié et a osé réaliser autant d'économies », a-t-il appuyé, estimant avoir eu « une haute conscience de la tension sur nos finances publiques » quand il était rue de Varenne.
Gabriel Attal a, en revanche, trouvé « scandaleux » le « procès politique, médiatique » fait à l'ancien ministre de l'Economie Bruno Le Maire, saluant son « obsession de désendetter la France ». En effet, le Sénat, dont la majorité de droite et du centre s'inscrivait dans l'opposition jusqu'à la nomination de Michel Barnier à Matignon, s'était montré très offensif ces dernières années contre Bercy et Bruno Le Maire, régulièrement accusé « d'insincérité » et « d'opacité » vis-à-vis du Parlement.
Jeudi, l'ancien ministre de l'Economie a réfuté devant les mêmes sénateurs toute « faute » ou « dissimulation » face à l'importante dégradation des finances publiques de la France.
Il a notamment pointé du doigt la responsabilité du nouveau gouvernement : « Quand on me dit que le déficit en 2024 sera à 6,1%, c'est le choix du gouvernement actuel », a-t-il lancé. « Si toutes les mesures que nous avions préparées (...) avaient été mises en œuvre sans délai par le nouveau gouvernement, couplées aux mesures de recettes sur les rentes énergétiques et sur les rachats d'actions avec effet rétroactif, elles auraient permis de contenir le déficit pour 2024 à 5,5% sans augmentation d'impôts ».
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Le président de la commission des Finances Claude Raynal (PS) a également estimé que le gouvernement disposait très tôt de notes internes qui pressentaient un dérapage plus net que prévu, et qu'il a tardé à en tenir compte. Mais Bruno Le Maire a contesté. Face à la brusque dégradation de l'environnement économique début 2024, entraînant un abaissement de 1,4% à 1,1% de la prévision de croissance, Bercy a réagi « rapidement, avec sérieux et une pleine conscience de la gravité de la situation », en annulant 10 milliards d'euros de crédits dès février. Durant l'été, 16,5 milliards d'euros de crédits ont été gelés.
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Pour rappel, le déficit public est attendu à 6,1% du produit intérieur brut (PIB) cette année, un chiffre très éloigné des 4,4% prévus à l'automne 2023 et des 5,1% prévus au printemps après réévaluation par l'exécutif précédent. Il ne passerait sous les 3% du PIB autorisés par l'UE qu'en 2029, faisant de la France un mauvais élève européen. Ce dérapage a suscité des questionnements sur la fiabilité des prévisions de la précédente majorité macroniste.
Le Sénat entendra Elisabeth Borne le 15 novembre, avant l'examen prochainement du projet de budget 2025 et les « 60 milliards » d'effort budgétaire qu'il prévoit.
(Avec AFP)
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