Dérapage du déficit : le ministre du Budget à la rescousse de Bruno Le Maire
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Le ministre du Budget refuse de tirer sur l'ambulance dans laquelle se trouve l'ancien locataire de Bercy. Devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale ce jeudi, Laurent Saint-Martin a salué plusieurs fois les efforts de l'ancien ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, pour limiter les dépenses de l'Etat cette année. Des efforts peu probants puisque le déficit public devrait représenter 6,1% du PIB à la fin de l'année, contre 4,4% prévu par la loi de finances 2024. De fait, l'ancien député Renaissance et rapporteur général du Budget de 2020 à 2022 s'est montré très clément sur la gestion récente de Bercy.
Laurent Saint-Martin a relevé que le dérapage du déficit public, qui représente le solde des comptes de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, avait notamment été alimenté par les dépenses de ces dernières cette année. Ainsi que, à hauteur de 41,5 milliards d'euros, par une évaluation trop optimiste des prélèvements obligatoires.
Il a rappelé quatre ou cinq fois que le précédent gouvernement avait annulé 10 milliards d'euros de dépenses « dès février », puis constitué une réserve de précaution de 16 milliards d'euros à l'été, saluant « le volontarisme déployé ».
Ex-collaborateur de Bruno Le Maire, le député EPR Charles Sitzenstuhl a cependant regretté que le gouvernement n'ait pas choisi de terminer l'année par un projet de loi de finances rectificative (PLFR) qui aurait permis d'y introduire des mesures plus vigoureuses, notamment fiscales. Il a estimé que c'était « un choix du gouvernement actuel de laisser filer le déficit en 2024 », tout en jugeant insuffisantes les économies du PLFG.
Pendant que le ministre du Budget était interrogé par les députés, l'ancien ministre de l'Economie était sur le grill du Sénat ce jeudi. Sur le chiffre de déficit de 6,1% en 2024, Bruno Le Maire a estimé que cette prévision était de « la responsabilité » du gouvernement Barnier « de ne pas reprendre à son compte l'intégralité de notre plan de redressement ».
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S'agissant de sa responsabilité, Bruno Le Maire a déclaré qu'il n'y a eu « ni faute, ni dissimulation, ni tentative de tromperie ». En revanche, il a reconnu « une grave erreur technique d'évaluation des recettes dont nous payons le prix ».
Le chemin de croix de Bruno Le Maire ne va pas s'arrêter là. Fin novembre, l'ancien locataire de Bercy devra également rendre des comptes à l'Assemblée nationale devant une commission d'enquête présidée cette fois par le député Eric Coquerel (LFI). Le président de la Commission des finances sera également épaulé par Eric Ciotti (UDR) et Mathieu Lefevre (EPR).
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« Ce n'est pas une commission d'enquête sur les déficits publics ou la politique menée depuis 2017 », et « l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir », a insisté Eric Coquerel, estimant toutefois que la recherche des « causes » du dérapage permettrait aux membres de la commission de se pencher sur la tenue des comptes depuis les années Covid. Une échéance qui risque une fois de plus de se transformer en calvaire pour l'ancien ministre de l'Economie.
(Avec AFP)
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